122 - Pascal a enfin vu cette vidéo!
C’était comme un coup de poignard d’avoir revu Pascal ne serait-ce que 5mn. Il avait l’air d’aller bien, d’être en forme, heureux, rien ne semblait lui manquer... et moi, je me meurs!
Même s’il avait jeté des coups d’oeil dans ma direction plusieurs fois avant de venir me saluer, l’ayant observé discrètement, je n’avais pas remarqué de tristesse latente ou quoi, rien. Rien ne semblait avoir changé de son côté, sauf Caroline, qui était revenue en force et semblait le coller comme un ombre. (Petit frisson désagréable) Sale petite peste! Je n’avais même pas l’impression qu’il avait remarqué mon absence ces derniers jours. En fait, il n’y avait que Layne à l'avoir remarqué.
Je n’aurai pas dû sortir si tôt, et surtout pas croiser Pascal, comme ça peut-être? Bah, ça y était, le “mode-débile” et “masturbation cervicale” étaient lancé, impossible d’éviter l’un ou l’autre, c’était crevant. Et pour couronner le tout, j’étais tombée dans une sorte de mélancolie dont je n’arrivais pas à m’extirper, même sourire pour de semblant était trop difficile. Je ne pensais qu’à Pascal, tout le temps, et quant il n’y avait pas de temps, entre deux aussi! Respirer sans douleur à la poitrine était quasi impossible, le poids de la souffrance était invincible. Je sombrais, je me débattais un peu, mais je ne savais pas quoi faire pour remonter à la surface.
J’avais envie de voir Pascal, espérant qu’il me prendrait dans ses bras et me dirait que tout allait bien, que je m’étais fais du soucis pour rien. Il me fallait tout le courage du monde pour ne pas foncer sur mon natel et composer son numéro hystériquement, ne serait-ce que pour écouter sa boîte vocale et entendre sa voix. Mais entendre sa voix = égal = souffrance, alors je ne le faisais pas. Je n’arrive pas à me rappeler n’avoir jamais été aussi amoureuse de quelqu’un et il avait fallu que ça finisse en queue de boudin. Comment faire pour éviter de le voir, à part éviter tous les endroits que je fréquentais? Et est-ce que j’aurai même la force d'éviter à la tentation de vouloir me rincer l’oeil à le voir même de loin?
Avec toutes les questions qui me torturaient et me rongeaient le cerveau, je ne savais pas s’il fallait que je sorte ce soir? Passe chez Pascal, même s’il ne le voulait pas? Que j’aille chez Thomas, à sa pré-soirée? Que je sois plus froide avec Pascal, si je le croisais? Je ne savais pas si, de penser que ce serait assez évident, pour tout le monde, que c’était fini, suivant mon comportement ou si je ne sortais pas? Etait-ce une excuse ou un raisonnement??? Bref, j’étais paumée!
J’avais tellement envie de voir Brian et lui demander conseil, mais en même temps, je m’étais promise de ne plus, sans arrêt, me reposer sur lui et sa gentillesse.... Arf... je délirais en plus! De toutes façons, j’étais tellement down, que ça ne servait pas à grand chose que je sorte, tout le monde le remarquerait. Flûte, je n’avais plus qu’à rester chez moi.
Layne sortait avec ses copains ce soir, on était sensé se retrouver plus tard, et je dois dire que ça m’arrangeait drôlement. Aïe, m’impliquer, m’impliquer... ouais, pas rester en retrait, m’impliquer plus dans la relation; fallait pas que j’oublie. Pour l’heure, j’étais trop down, je m’accordais quelques jours pour me laisser sombrer dans la mélasse, on verra après.
En début d’après-midi, Layne a appelé, il voulait me voir. Il a voulu savoir où j’étais et ce que je faisais? Rien, j’étais à la maison, je rentrais de ma promenade avec le chien... Il m’a juste dit qu’il était pressé, mais qu’il passait 10mn... On avait pas prévu de se voir cet après-midi et ça me stressait un peu. Quant je lui ai ouvert, il ne m’a pas laissé le temps de m’interroger sur les raisons de son passage, c’était évident. Ça se passait de commentaires et de discours. Il avait envi de sexe, pas de bavarder. C'était vraiment un passage en coup de vent. Après, il s’est rhabillé et après m’avoir couvert de bisous avec un de ses petits sourires malicieux, il est parti comme, il était venu. Il avait l’art de ne pas se compliquer l’existence, et ça le rendait fascinant. Faut dire que ce sont de petites choses comme ça que j’aime chez lui.
Mon natel avait sonné pendant que Layne était à la maison, mais il ne m’avait pas laissé répondre et avait lancé mon natel hors d’atteinte. Ciel, c’était Pascal... Me voilà tremblotante, complètement à la masse à l’idée qu’il m’avait finalement appelée et remplie d’espoir aussi... mais ça n’allait pas durer!
J’ai attendu un peu, espérant qu’il me rappellerait, mais 30mn plus tard, je n’y tenais plus, je l’ai rappelé. En fait, il me rappelait pour savoir de quoi j’avais voulu parler hier soir, à propos d’un truc important à lui montrer. Pascal ne voulait pas venir chez moi, et il ne voulait pas que j’aille chez lui non plus. Finalement, fatiguée d’essayer de m’expliquer, je lui ai dit que je passais chez lui et j’ai raccroché.
Je suis cinglée... passer chez lui allait me rappeler des tas de souvenirs qui allaient me faire crever à petits feux!
Je me suis rendue compte que Pascal s’attendait à une scène de séduction tirée d’une série B ou un truc comme ça, d’où la raison qui lui faisait éviter qu’on se voit chez l’un ou l’autre. J’ai vu sa surprise quant j’ai sorti de ma manche la cassette vidéo. Je lui ai demandé pourquoi il avait appelé (j’aurai pas dû, la prochaine fois, il se retiendrait... suis nulle). Pourquoi avoir appelé, s’il pensait que je lui préparais une danse du ventre?
- A ton avis?
Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ça? A mon avis, rien du tout. Je n’avais pas d’avis sur la question, sinon je n’aurai pas posé la question!
Pascal a changé de couleur en se reconnaissant et en reconnaissant son ancien appartement. Je n’étais pas capable de regarder ça encore un fois, je l’observais lui. Il a rapidememnt stoppé la cassette et l’a ressorti de la vidéo.
Il évitait mon regard, tant mieux. Même si je voulais observer sa réaction en se voyant lui et Jess en train de faire l’amour, j’avais les yeux humides et de la peine à parler. Une balle de tennis naviguait au fond de mon estomac vide.
- C’est Jess qui t’a donné ça?
- Oui.
- C’est cruel.
- Alors, le soir où je t’ai attendu sans fin, le 7 mars, d’après la date sur la vidéo, tu l’as passé... et les autres fois... aussi?
Pascal était pâle et si je croyais voir de l’embarras, il me semblait qu’il y avait aussi de la colère. Il a pris son natel et au milieu de mon essai de conversation, il a appelé Jess. Il était plutôt tranchant au téléphone, et lui a demandé de passer chez lui, immédiatement, qui qu’elle soit en train de faire.
Apparemment, elle a voulu savoir pourquoi, Pascal lui a répondu qu’elle le saurait quant elle serait là. Jess a dû deviner à son ton qu’il n’était pas d’humeur à badiner, et d’après ce que je pouvais comprendre n’avait pas envie de passer sans savoir pourquoi. Elle lui a même raccroché au nez.
Il l’a rappelé droit derrière. J’avais voulu m’éclipser, ça n’allait pas être une partie de plaisir et même si quelque part, une toute petite part seulement, j’allais être la cause de leurs dispute, elle était la seule responsable. Pascal m’a retenue. Franchement, il n’aurait pas dû. Finalement, Jess a répondu après un message de Pascal. Elle ne voulait pas affronter les foudres de Pascal. D’après son ton, je n’aurai pas voulu non plus.
Pascal lui a dit qu’il était au courant pour la vidéo qu’elle m’avait remise, que c’était la dernière fois qu’elle faisait un truc pareil. Qu’il ne prendrait plus de gants avec elle. Il avait toujours essayé d’être gentil, mais c’était fini. Fini entre eux aussi, parce que ce qu’elle avait fait là était vraiment trop cruel. Qu’il ne ferait que le stricte minimum pour respecter sa parole, mais c’était tout. Et il a raccroché. Vu son humeur, j’ai préféré la fermer et me faire la plus discrète possible.
Puis zut, pourquoi? C’était lui sur la cassette? Ça m’avait assez choqué, pourquoi le cacher? Pourquoi me taire? Pourquoi me tasser dans mon coin? C’est lui qui me devait des explications, pas le contraire. Puis, j’avais envie de rentrer, ça n'avait pas été une excuse pour le voir, et le voir dans ses circonstances, zut, non.
- Donc pendant que je me faisais du mauvais sang, que je me torturais à savoir si t’allais m’appeler et passer me chercher, tu prenais du bon temps.
- C’est pas comme ça...
- Ben, dis donc, t’avais pas l’air de te faire chier, ni d’accomplir une corvée, bien au contraire.
- Je suis désolé.
- C’était horrible à voir.
- Je suis horriblement désolé. Ce n’était pas vraiment une chose que je pouvais te dire. A vrai dire, j’aurai voulu oublier et ne jamais avoir à en parle, en plus, c’est pas exactement la 1ère chose qu’on a envi de courir raconter à sa copine!
Ohhhh, il a dit; “sa copine”, ça fait tout chaud... heum... t’es pas bien ma fille? Le mec a rompu avec toi, y a plus de “sa copine”! En plus, tu l’as vu sur vidéo coucher avec une autre! Boïïïng!
- Je ne pourrais jamais l’oublier et chaque fois que tu... aurais (ha oui, au passé, parce que “nous deux”, c’était fini) du retard et que tu est avec elle, ces images me seraient venus en mémoire.
- Ça n’arrivera plus! Je... sais pas comment... je ne peux que dire que je suis désolé Jane. Je suis vraiment affreusement désolé. J’aurai jamais imaginé que Jess pouvait aller jusque là. Je sais qu’elle fait parfois des trucs dingues, mais ça... ça me dépasse. Je suis désolé que tu aies dû voir ça, savoir ça...
Il continuait à essayer de trouver des mots pour s’excuser et moi je pensais; “Ben, tu me pardonne pour Layne et on recommence comme avant, voilà ce que tu peux faire”. C’était une chose de penser ça, mais pas possible de le dire en mots et à haute voix.
On restait assis comme des pots de fleurs, sans même oser se regarder. Les images de lui et d’elle me crevait les yeux, je revoyais sa manière de l’embrasser et la tenir, ciel, est-ce que c’était tout aussi pareil avec moi? Non, j’essayais de décortiquer pour me rassurer et trouver le moyen de me persuader que c’était pas pareil, qu’il se forçait... Pas moyen.
Un terrible mal de tête, et une terrible envie de vomir, c’est tout ce que je ressentais. Ciel, j’avais envie de rentrer et dormir. Plus penser. Surtout ne plus rien ressentir du tout. Quant est-ce que ce mal va disparaître? Parce que ça finira bien un jour par partir, alors j’essayais d’imaginer comment je me sentirais alors, mais c’était un peu dur, sauf que la concentration atténuait mon mal de ventre, mais pas la migraine. Je me sentais d’un fatigué.
- Dis... c’est pour ça que tu as choisi de recommencer avec Layne?
Oh là... Ciel, j’avais pas pensé à ça! Je lui ai lancé un petit coup d’oeil, il m’observait tout concentré. J’ai détourné les yeux pour qu’il ne puisse pas lire dans mon regard les vacheries qui brouillaient mon circuit. Ciel, je pourrais lui dire que oui, et tout serait de sa faute, à lui et à Jess, et il me pardonnera et tout rentrera dans l’ordre. Un tout petit mensonge et tout le poids des souffrances jusque là seront oubliés. Un tout petit mot; “oui”.
- Non. J’ai... pas pu dire non. Je me suis rendue compte que si j’avais réagi comme ça avec lui, c’était parce que j’avais envie d’être avec toi. Je ne lui avais jamais vraiment laissé une chance et, honte à moi, je l’avais utilisé... Pour cacher à tout le monde qu’on se voyait, pour meubler mon temps quant tu n’étais pas là, pour faire croire à Jess que, toi et moi, n’étions que des amis. Je ne m’étais jamais vraiment investie avec lui. J’avais été en dessous de tout. Alors, j’ai... je me suis sentie coupable.
Je n’avais pas pu lui mentir. Dans ma tête, je me courais après avec une poile en frappant l’autre moi, trop stupide pour utiliser la situation à son avantage. Mince, j’étais sûre que j’allais le regretter. La vérité ou l’honnêté n’a jamais fait de bien à personne!!!
- Je vois...
J’avais tellement envie de rester, mais je ne voulais pas qu’il pense que, lui montrer la vidéo avait été un prétexte pour le voir et m’accrocher. Crap, pourtant j’avais envie de m’accrocher comme une limace... Seule l’horreur de l’entendre me dire de partir m’a fait me lever pour partir.
Un moment, j’ai cru que Pascal allait me demander de rester, il avait été sur le point de dire quelque chose et avait tendu le bras, mais il s’est retenu. Dommage ou pas, je ne sais pas, mais c’était sûr que s’il avait prononcé ne serait-ce qu’un mot; “reste”, je serais restée.
C’était bizarre, on ne se faisait même plus la bise. Est-ce que j’aurai dû? Non, je voulais que ça vienne de lui.
- Je ne sors pas ce soir, et toi?
Hein? Pourquoi dire ça? Une invitation? Ou simplement de la conversation, question de dire quelque chose? Nous voilà au pays des banalités!!! C’était vrai que je ne pouvais pas lui faire la bise sans avoir envie de plus.
- Moi non plus...
Une vague nostalgie menaçait de me noyer, j’avais l’impression que je le voyais, seul à seule d’aussi prêt pour la dernière fois. Gros boulet dans l’estomac. Fallait vraiment que j’arrête de trop penser, ça ne me réussissait pas. Si je restais, je finirais par me ridiculiser à me lamenter et lui dire ce qui me passait par la tête, alors il valait mieux fuir.
Courir, j’aurai voulu, mais... j’ai marché vite, avant de changer d’avis!
Ce soir là, Layne a retrouvé une gentille petite femme en rentrant. J’avais un gros besoin de tendresses, de câlins, d’être enfermée et protégée du chagrin par des bras aimants. Il devait se poser des questions, et il était certainement surpris. Petit rire intérieur; il a dû penser que c’était son petit passage et sa prestation du début de l’après-midi qui me rendait si tendre...
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Pascal a enfin vu cette vidéo! (122-sam-2.mai.09)
