172/2015 - Abandonnée - Dimanche, 21 juin 2015
Dimanche - 21 juin 2015 - 172/2015 - Abandonnée
Pascal m’a envoyé un message pour savoir si je voulais venir déjeuner avec lui dimanche matin. J’ai essayé de l’appeler direct après avoir reçu son message, sans succès. Ça m’a un peu piquée au vif. J’ai donc répondu par sms, que ça me ferait plaisir et que j’apportait les croissants. Il a répondu 2mn après; "Cool, alors à demain, Bisous partout ;)". Quelques minutes plus tard, j’ai tenté ma chance encore une fois, avec toujours le même résultat.
Je me demande ce qu’il a fait après la fête? Qu’est-ce qu’il avait fait de sa journée d'hier? Qu'a-t-il fait tout le samedi? Que faisait-il ce soir pour ne m’avoir pas proposé de le passer avec lui?
Je crois qu’il n’a pas voulu me répondre, parce qu’il avait d’autres plans. L’angoisse et les larmes m’ont sapé le moral. Bien sûr, il n’avait pas à passer tous ses week-end avec moi, je le savais, et il n’avait pas d’explications à me donner, mais j’étais perdue sans lui, terrifiée. Je me faisais du mauvais sang et j’enviais tous ceux qui étaient près de lui. J’enviais la terre entière.
Ce n’était pas normal d’être aussi dépendante de lui. Je me maudissais de n’avoir rien prévu d’autre pour ma soirée, de rester plantée chez moi à me faire des films.
Mais que pouvait-il faire? Où était-il? Avec qui? Effondrée, triste à mourir, mon imagination en effervescence, j’ai pleuré. Même pleurer ne me soulageait pas. J’étais désespérée. Après hier soir, il aurait dû avoir la présence d’esprit de rester en contact, d’être là pour me rassurer.
Apparemment, il n’y avait même pas pensé. Je n’étais pas sa priorité. Ces sombres pensées me rendaient encore plus triste.
Dès que le jour a commencé sa course vers la nuit, mes pas m’ont emmenés chez lui. Avant, j’avais passé chez Elodie, chez Manuella, et pendant que j’y étais, aussi chez Maud. Perplexe, je n’y ai pas trouvé la voiture à Pascal. J’ai eu une ou deux petits alertes cardiaques en apercevant une voiture qui ressemblait à son Audi.
Rien, alors j’ai été chez lui. Il faisait nuit, et c’était idéal pour voir sans être vue. Rien devant la maison. Et après vérification, rien dans le garage non plus. Ni Pascal, ni Thomas. La maison était vide, plongée dans le noir, à part pour les éclairages programmées pour faire croire qu’il y avait quelqu’un dans la maison.
J’étais au plus bas, triste que Pascal n’ait pas eu envi de me voir aujourd’hui, ce soir. La pensée qu’il était ailleurs, à un endroit où il avait plus envi d’être que d’être avec moi me faisait si mal. J’avais envie de le trouver, de savoir ce qu’il faisait. J’avais honte de penser que je devais peut-être me résoudre à appeler Caroline.
Le pire, c’est qu’elle n’était pas chez elle non plus. L’idée de l’appeler et que Pascal était peut-être à côté d’elle me rendait malade. J’ai tourné comme une folle toute la nuit à travers Lausanne, St-Sulpice, Morges, Nyon. Rien. Je n’ai pas trouvé même la voiture voyante de Thomas.
Epuisée, fatiguée, morte de chagrin, je ne suis rentrée qu’aux premières heures du matin. Pour déjeuner avec Pascal, je devrais être debout, fraîche et dispo dans moins de 5h... J’avais tellement le moral dans les pompes et les yeux gonflés comme des ballons de baudruches, que je savais que je devrais passer une bonne heure avec une lavette froide sur les yeux. Ou un steak.
J’ai eu de la peine à trouver le sommeil sans pleurer. A 10h, pleine d'espoir, après avoir dormi peut-être 4h, je me suis préparée à aller acheter des petits pains et croissants pour le déjeuner. Je me suis exercée à sourire. Je ne voulais pas qu’il remarque que j’étais inquiète ou que j’avais passé la nuit à pleurer.
A 11h, avec mon sourire préfabriqué et mon air joyeux, je sonnais chez lui. A mesure que les secondes s’égrainaient, l’angoisse revenait me serrer la gorge. Ouais, il dormait, il n’avait pas dû entendre. J’ai sonné à nouveau. Intriguée, sans même le réalisé, j’ai commencé à regarder autour de moi; pas de voitures devant la maison. Ni celle de Thomas, ni celle de Pascal.
Bah, ils étaient peut-être parqués de l’autre côté. J’ai sonné à nouveau. Toujours aucun mouvement venant de l’intérieur. Les tremblements ont commencés et j’avais froid aussi.
Les jambes en coton, j’ai descendu les marches pour aller voir par la fenêtre du garage. Rien. Il n’y avait pas sa jeep. J’ai commencé à remarqué à quel point je devais avoir l’air idiote avec mon gros cornet de pains, croissants etc. Ils n’étaient pas là. Plus terrible; Pascal n’était pas là. J’ai relu son message; il m’avait bien invitée à prendre le petit déj. avec lui, on était bien dimanche!
Je n’arrivais pas à comprendre. Je comprenais seulement qu’il était inutile de sonner.
J’ai été parcourir un bout de la rue de l’autre côté de la maison; sa voiture n’était pas parquée de ce côté là non plus. Les larmes bloquaient au fond de ma gorge, je me sentais stupide. J’ai eu envie d’aller voir chez Caro. J’avais peur qu’elle me voit, mais en même temps, je ne pourrais pas partir sans aller vérifier. Ben, Pascal n’était pas parqué là non plus.
Impossible de savoir si Caro était là, sans prendre le risque d’aller jusque sous ses fenêtres en plein jour! si elle ne me voit pas, les voisins eux me verront. Je pouvais aller sonner, mais j’avais trop honte, trop de chagrin. Impossible.
Je n’avais plus qu’à rentrer chez moi, la queue entre les jambes. Dans la voiture, les vannes ont sautés. M’en fout si on voyait que je pleurais. Pascal m’avait fait venir pour rien, ou il m’avait zappée, oubliée. Ou il s’en foutait royalement. Il n’avait même pas pensé m’avertir! Peut-être qu’il était juste sorti courir? Non, sa voiture serait là; il court pas avec sa voiture!!
Je me sentais trop stupide pour même avoir le courage de lui envoyer un message. Et pour dire quoi; merci pour le lapin? Répondrait-il? Aurait-il une bonne excuse? Ou est-ce que ça le ferait rigoler? Et s’il était avec une de ces garces? Oh??? Mais où était Jess?? Elle aurait dû être là, non? Au moins elle! Pourquoi n’y avait-il personne?
A la maison, j’ai lancé mon natel sur mon lit. Me ravisant, je l’ai foutu sur mi-silence et je l’ai laissé dans la chambre. J’étais triste, mais aussi furax. Il aurait dû penser à m’avertir, à me signaler qu’il n’était pas chez lui.
Ha! peut-être qu’il était avec sa femme hier, voilà pourquoi il ne m’avait pas proposé de passer. Oui, je lui cherchais des excuses, pour moi, pour me sentir mieux. Mais rien n’y faisait. Je ne voulait pas savoir quant il finirait par se décider à m’appeler. Ou s’il ne m’appelait même pas. J’étais déjà assez mal et inconsolable. Je me sentais si misérable.