Décembre 2018 - La fin d'un long rêve éveillé! (1)
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Décembre 2018 - La fin d'un long rêve éveillé! (1)
Après ce que Pascal avait dit devant toute la clique de nos amis, j'avais le cœur brisé. Thomas lui avait dit d'arrêter, et j'avais tourné les talons. Thomas m'avait accompagnée en haut des escaliers, et j'ai dis que j'avais besoin d'être seule.
J'avais vu Pascal discuté avec 2 types que je n'avais jamais vu avant au chalet. Il avait l'air en colère, alors après un moment, j'ai été le rejoindre et lui avait juste pris la main quant il a tourné sa colère contre moi en me disant toutes ces horreurs. J'ai d'abord cru qu'il plaisantait, alors j'ai voulu lui prend à nouveau la main et il l'a retirée brutalement, et a commencé à me rejeter.
J'ai encore honte d'avoir souri et pensé qu'il plaisantait, et même d'avoir osé aller vers lui... Je rougis en pensant à la manière qu'il m'avait rejetée, repoussée. J'ai tellement mal.
J'ai dû rentrer en taxi, étant donné que j'étais venue avec Pascal. Peut-être que j'aurai dû rester pour lui parler une fois qu'on serait seul dans la chambre? Non. S'il m'aurait jeté de la chambre, j'aurai eu l'air encore plus idiote. Et j'avais trop mal pour pouvoir aligner 2 mots sans fondre en larmes. Dire que quelques jours plus tôt, on était heureux à coocooner chez lui.
Pourquoi? Si seulement je comprenais pourquoi? Qu'est-ce qui s'était passé?
Il avait dû se passer quelque chose chez ses parents le jeudi soir. Il avait été distant en rentrant. Ce qui était aussi bizarre, c'est le fait qu'il se soit éloigné pour parler avec Jess au téléphone.
D'habitude, il ne faisait pas autant de cinoche. Il ne s'était jamais comporté comme ça avant. En tous cas, pas avec moi! Mes alarmes s'étaient déclenchées, mais j'ai pensé que j'exagérais. Il n'avait presque pas desserré les dents le reste de la soirée.
J'avais eu l'impression qu'il y avait un précipice entre nous quant on s'est couché. Là aussi, je me suis dit que ça ne s'était peut-être pas bien passé chez ses parents c'est tout...
Sur la route, en allant à Gstaad, Pascal m'avait paru normal. Il semblait que ce qui l'avait abattu le soir d'avant s'était envolé. Il était peut-être moins souriant que d'habitude, soucieux peut-être, mais rien ne présageait ce qui s'est passé ensuite. Dans la voiture, il avait pris ma main dans la sienne, l'avait serrée un peu fort, avait embrassé la paume de ma main qu'il avait gardé dans la sienne pendant presque toute la route... alors pourquoi? Est-ce qu'un homme qui s'apprête à vous gicler agirait comme ça?
C'était donc fini? Comme ça? Tout bêtement, sans prévenir? Comment est-ce possible?
Maintenant, je ne savais plus quoi faire. Je me sentais vide et horriblement blessée. La honte me donnait chaud. Si je ne retournais pas au chalet, j'aurai l'air de fuir. Ensuite, je n'oserai plus y retourner du tout. Et j'avais mal au cœur que les fêtes allaient arriver, et que j'étais au fond du puits, le cœur brisé en mille morceaux. L'idée que j'allais passé une fois de plus des fêtes de merde me rendait super triste.
Et Pascal me manquait tellement. Je ne comprenais pas. Il ne m'avait pas appelée. Je comprenais presque son empressement à m'aider à déménager mes affaires. Bizarre que les pires douleurs ne sont pas visibles. Un cœur brisé ne se voit pas, la douleur constante qui coule dans vos veines non plus. Pas de traces, pas de blessures visibles, rien. Tout est dedans, et mon pauvre ami, ça fait plus mal que tout.
Après toute une semaine sans avoir de nouvelles de Pascal depuis ce funeste vendredi soir, et toute une semaine sans le voir, malgré la gêne de me pointer au chalet, j'avais trop envie de le voir pour ne pas y aller. Thomas seul m'avait donné des nouvelles et m'avait gentiment invitée au chalet comme d'habitude.
Il avait d'abord voulu savoir si j'avais envie d'y aller, et m'avait assurée que je n'avais pas à faire attention à Pascal. J'avais autant le droit d'y être que n'importe qui. Dans la discussion, il m'a aussi dit que j'aurai l'air de fuir. Puis, je n'étais pas obligée de lui adresser la parole. Pourtant, il voulait que je fasse l'effort de me montrer joyeuse, bien, et ne pas avoir l'air de mourir de tristesse. Je sais qu'il disait ça pour mon bien.
Je me suis donc mise en condition de jouer le rôle...
Pour ne pas y aller toute seule, je suis montée avec Caroline. Bien sûr, elle a voulu savoir comment j'allais, comment je me sentais, si j'avais les boules de le revoir, si j'avais l'intention de lui parler, etc. Évidemment, elle avait été aussi choquée et n'avait pas eu de ses nouvelles non plus. Forcément, Pascal avait dit que Caro aussi n'avait été qu'un amusement. Il l'avait incluse dans le même paquet que moi.
J'étais déjà dans la peau de mon personnage dès le moment où je l'avais appelée. Toute la semaine Caro avait essayé de me joindre. J'aurai peut-être dû répondre. Ça aurait évité ce torrent de paroles qui m'empêchait de me concentrer.
J'ai prétendu que j'allais bien maintenant. Sur le moment, j'avais été prise au dépourvu, choquée, que je ne comprenais toujours pas ce qui a provoqué une telle réaction de la part de Pascal. Puis, je lui ai demandé ce qu'elle pensait à propos des vacances? Si Pascal avait déjà prévu de nous jeter? Comme moi, Caro pensait que oui.
Du coin de l’œil, j'ai tout de suite su où Pascal était en entrant dans le chalet. Le cœur serré et les jambes molles, j'ai été dire bonjour à Thomas qui était à 2 pas de lui. Je me suis sentie obligée de saluer Paul, qui était avec Pascal. J'ai fait la bise à Paul, et Mathias aussi, à Pascal, j'ai juste fait un signe de la tête en souriant.
J'ai ressenti un petit pincement au cœur, parce que je crois que si j'avais tenté de lui faire la bise aussi, il se serait reculé. Je crois que je le connais assez pour pressentir ses réactions.
Pascal s'était redressé quant j'ai approché, étant grand, trop grand pour que je puisse l'atteindre s'il se tient droit, j'ai deviné. De toute façon, je n'avais pas l'intention de lui faire cet honneur.
Caro et moi, nous nous sommes changé vite fait, comme Thomas nous a averti qu'on sortait manger. Au resto, je me suis mise le plus loin possible de Pascal et je l'ai ignoré. Jess, sa tellement mieux femme, n'était pas là, et il était en grande conversation avec une tarte assise à côté de lui. Pendant tout le repas, j'avais la chair de poule. J'aurai dû me mettre à côté de Thomas! Donc, après, au Bar, je l'ai un peu collé.
Comme toujours, Thomas a été mon sauveur. Après quelques verres, l'anxiété et les pincements au cœur se sont atténués. Et je riais et m'amusais de bon cœur. En boîte, j'ai dansé et dansé. Je me sentais bien. Peut-être que la Vodka y était pour quelque chose. Je ne faisais pas attention à Pascal, mais je suis tombée nez à nez avec lui quelque fois.
Du coin de l’œil, j'ai vu qu'il m'observait et avait l'air surpris de voir que j'allais bien. A un moment, quant on s'est croisé au bar, alors que j'étais venu me chercher de l'eau glacée, Pascal m'a demandé si j'allais bien. Quel culot!!! J'ai fait comme si je ne l'avais pas entendu. Je suis partie sans même le regarder. Transparent. Dans les parois vitrées, j'ai vu qu'il s'était retourné pour me regarder.
Je n'ai pas perdu mon temps à essayer de savoir si ma réaction lui faisait de la peine ou pas. Rien à foutre. Enfin, je dis ça, mais j'essayais juste de ne pas penser à Pascal.
Je me suis couchée aussitôt de retour au chalet. J'avais pas mal bu et j'étais...
Le dimanche, au petit déjeuner, j'ai remarqué la présence des 2 types bizarres de l'autre fois. Ils n'avaient pas l'air de connaître qui que ce soit! Même à la même table, il avait l'air d'être à l'écart. Étrange. Pascal et Thomas les ont salués pourtant. Bizarre bizarre. Pascal m'a adressé la parole pour me demander de lui passer le jus d'orange, encore une fois, je l'ai ignoré. C'est Caro qui le lui a passé.
Elle aussi avait la tête du "lendemain". Tout comme moi, elle n'avait pas lésiné sur le whisky-coca, et elle avait mal à la tête. La mannequin maigrichonne, avec qui Pascal discutait au restaurant hier soir, était assise à côté de lui et se collait à son épaule pour lui parler à l'oreille. Pfff. Contente de voir que ça le faisait sourire.
J'avais de nouveau la boule au ventre et des pincements au cœur de le voir à jeun... Le voir qui semblait si heureux après m'avoir brisé le cœur me faisait super mal. Je le détestais et l'aimais en même temps. Je n'arrivais pas à réaliser que c'était fini fini. Ça me faisait trop mal. Il me manquait, chaque fibre de mon corps souffrait. J'étais vide et à fleur de peau à l'intérieur. C'était si difficile de faire semblait d'être bien.
Le pire, c'était de sentir que Pascal m'ignorait, comme si je n'avais jamais compter pour lui.
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