Dim 4 oct 2026 - Céder la place
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Dim 4 oct 2026 - Céder la place
Ha, je ne suis vraiment pas très fun. Je ne desserre pratiquement pas les dents. Je n'ai rien à dire, bref, je suis ennuyeuse. J'avais pitié de Pascal. Pitié qu'il ait à subir une personne aussi chiante que moi tout le dimanche. Je me suis creusée la tête pour développer mes réponses, à part un oui ou un non. Pour me rattraper, j'ai résolu de le coller. Toujours dans ses pattes.
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Quand il était à la cuisine, je l'ai entouré de mes bras et posé la tête sur son dos. Je n'avais pas besoin de voir sa figure pour deviner qu'il souriait. On a vu qu'il y avait du monde dans le jardin. Le jardin n'était pas qu'à lui, mais partagé avec l'appart du dessus. Avant c'était Thomas, maintenant c'est Paul qui l'occupe. Donc, c'est des gens qui avaient atterri chez lui.
J'étais surprise de voir Link. Je croyais qu'elle avait disparu de la scène. C'est une jolie fille, mais je n'aime pas ses piercings et tatouages. Ça fait plouki. On a passé pratiquement toute la journée à se prélasser, à faire la sieste. Heureusement, Pascal ne faisait rien de déplacé. Même ça, ça me rendait triste pour lui.
C'est affreux de se sentir coupable pour ça. En plus aujourd'hui, je me sens déprimée, vide. Mais je ne veux pas que Pascal le devine, alors je fais l'effort de sourire plus que d'habitude. Mais j'ai beau me creuser la tête, je n'arrive pas à allonger mes réponses. Par exemple, il me demande si je veux aller manger dehors, je reste à réfléchir trop longtemps, alors il me demande si je veux manger dehors, alors je dis non, il me propose à la maison, et je dis oui…
Je pourrais rajouter des choses, mais je ne vois pas quoi. En fait, je n'ai juste pas envie de parler, mais je n'ai pas vraiment envie d'être seule non plus. Je veux être avec lui, mais je voudrais juste qu'il soit… comme une poupée? Une qui dit rien, qui reste juste là. Mais une poupée articulée qui me serre dans ses bras sans rien me demander de plus. Je me sens inutile et nulle.
Je ne poux pas lui en vouloir s'il va chercher son bonheur ailleurs. Ces temps, je suis inexistante… Pascal n'ose même pas m'embrasser, ni même tenter une caresse. Il fait bien, parce que je détesterai. Je crois même que ça me dégoûterai. Arh, alors le pauvre, il va faire quoi? J'ose même pas imaginer ce qui doit lui passer par la tête. Il n'oserait quand même pas me plaquer?
Je lui ai envoyé un mot sur son natel, pour lui dire qu'il pouvait aller vers Caro s'il le voulait et je l'attendrais pour dormir. Il a rigolé sans répondre. J'ai alors proposé qu'elle passe, et que je resterai au salon jusqu'à ce qu'elle parte. Il m'a prise contre lui et a dit qu'il allait bien. Je savais qu'il m'entait. Il devait être en manque et peut-être commencer à en avoir marre de moi…
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On parlait pour rien, et je commençais à me sentir ridicule d'insister. J'avais l'impression de pointer du doigt mes manques. A rendre encore plus évident cette situation détestable. Alors j'ai un message à Caro et je le lui ai dis. Il a aussitôt appelé Caro pour lui dire de ne pas venir. Que j'avais perdu la boule...
J'ai dû lui expliquer combien je me sentais coupable. Que c'était de ma faute, j'étais perdue, que je ne savais pas quoi faire pour lui.
Je voyais bien que j'avais touché un point sensible. C'était pratiquement l'heure d'aller se coucher, et il a prétendu vouloir sortir courir. Je crois qu'il allait chez Caro. J'avais réveillé le loup qui dort. J'ai dis que j'allais me coucher et que je ne l'attendrais pas, parce que j'étais raide. En fait, je l'ai poursuivi, pour savoir si j'avais raison. J'avais raison. Il avait des besoins que je ne pouvais combler.
Je ne sais pas pourquoi je me suis approchée. Je n'aurai pas dû. D'entendre les cris et les râles de Caro et l'entendre crier, supplier "encore", m'ont donné la chair de poule. J'ai vite rebrousser chemin pour aller me préparer et me coucher. Grace au ciel, je devais vraiment être fatiguée, parce que je me suis endormie très rapidement. Du coup, je n'ai pas su quand Pascal est rentré.
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