205/11 - Douleurs & Bonheur
Dimanche, 24 juillet 2011;
A un peu plus de 1h30 du matin, Pascal est enfin arrivé. Afff, je dois dire que le temps n’y change rien, chaque fois que Pascal passe la porte, je frisonne d’amour. Et l’endroit n'y change rien, que ce soit ici, chez moi, n’importe quels bars, boîtes ou autre, mon coeur se serre et gigotte de voir sa grande silhouette souriante entrer. J’avoue que j’avais pensé qu’il ne viendrait pas, que j’allais devoir me forcer à sourire quant il m’inventerait une bonne excuse demain, mais non, il était là, bien là.
A tout hasard, j’avais enfilé un grand t-shirt bien trop grand pour moi, des grosses chausettes en guise de pantoufle, il aimait me voir comme ça. Pascal a tout de suite deviné les idées sombres qui avaient grouillé dans ma tête en voyant ma surprise et mon air soulagée. Je me suis noyée dans ses bras. Si j’avais pu me fondre sur sa peau, je l’aurai fait. Chaque fois que j’ai des doutes, que je me laisse emporté par mes insécurités, il me suffit de voir la tendresse dans ses yeux pour que tout s'envole. Mince, je l’adore tellement, si fort, c’est douloureux.
1/2h après son arrivée, son natel s’est mis à sonner avec insistance. Exédé, il l’a mis sur silence, puis 10mn après, il a regardé qui essayait de le joindre avec autant d’insistance. C’était Nally. Ca l’a un peu surpris, après une petite hésitation, il a décidé de la rappeler. J’aurai préféré qu’il ne le fasse pas, ça m’a un poil énervée, mais je n’ai rien dit.
C’était bien ce que je craignais, ça faisait même pas 1h que Pascal était là, et il a dû partir...
Après le concert, Pascal avait rangé avec le groupe, puis il a voulu ramener Jess qui n’a pas voulu rentrer, elle voulait faire la fête, sortir, boire, danser, alors une fois arrivé au bar, Pascal l’a laissée pour venir me rejoindre. Nally lui a dit qu’elle avait probablement trop bu parce qu’elle se jetait à la tête de tous les mecs du groupe, et que là, elle était en train de se laisser embrasser par un mec du bar. Nally pensait qu’il serait préférable que Pascal passe récupérer sa femme, sinon ça allait sûrement mal finir.
Qu’est-ce que je pouvais faire? Lui dire de ne pas y aller? Surement pas. J’espère qu’il était conscient qu’elle lui refera des coups pareils, puisque ça marche, que c’était le seul moyen de le faire revenir sur ses pas.
J’avais prévu de partir après que Pascal soit passé vers moi, mais je n’arrivais pas à m’y résoudre, je crois que j’avais un petit espoir qu’après avoir ramené Jess, qu’il revienne encore? C’était bête parce que, quant j’y repense, je ne vois pas comment il aurait pu prendre le risque de la laisser seule. Mais, rien à faire, ma tête ne fonctionne pas toujours comme il faut quant il s’agit de Pascal.
Abandonnée et triste, je me suis collée à la vitre de la chambre dans l’espoir de le voir passer. Pour aller à son hôtel, il était obligé de passer devant le mien, ils étaient tous obligés de passer par là.
J’ai eu l’impression d’attendre des lustres, j’avais peur d’attendre pour rien. Ils étaient peut-être déjà rentré? Ils étaient peut-être rentré en taxi, alors je ne les ai pas vu? Non, ce n’était pas assez loin pour prendre un taco. Alors, je suis restée plantée là, dans le noir à rechercher sa silhouette dans tous les passants de la rue, puis je les ai vu. Il y avait une bonne partie du groupe, notamment Nally et le bassiste. Tout en déversant un flot de paroles, elle lui faisait des bisous dans le cou en riant. Pascal essayait de la faire taire, mais rien n’y faisait. En passant devant mon hôtel, Pascal a levé les yeux en direction de mes fenêtres, oubliant qu’il ne pouvait pas me voir, je me jetée en arrière.
C’était 4h du matin, mais je n’avais pas l’impression qu’ils allaient se coucher tout de suite. Ils allaient probablement continuer la soirée dans une des chambres. Pascal avait traîné avec la bande plus d’1h après l’appel de Nally, j’étais verte d’envie.
Cette fois, je savais qu’il ne repasserait pas, alors je suis partie, sinon je me connais, j’aurai passé le reste de la nuit à l’attendre, à espérer.
Tout le chemin du retour, j’ai essayé de ne pas me lamenter sur mon sort, après tout, je sortais avec un homme marié, je le savais depuis le début, et je l’aimais trop pour ne pas l’accepter, ça faisait partie du contrat. Je me sentais triste aussi, parce que je savais que je ne le verrais pas de tout le dimanche, et le voir 1h ou 2 par semaine, ce n’était pas des masses. Mais, très vite, j’ai retrouvé mon courage en me rappelant que c’était mieux que rien, et ça valait le coup.
Après avoir dormir le plus clair de la matinée, j’ai entrepris de me larver devant la télé à fond. J’ai pris d’abord un long bain en lisant, ce qui m’a détendue, pendant que je me préparais un petit riz au safran avec du poulet rôti. Pas question de se laisser abattre. Après tout, génial, j’avais tout mon dimanche pour pratiquer mon sport favori; le farniente.
Hum, heureusement qu’après mon bain, j’avais pris la peine de me coiffer et de ne pas mettre mon plus minable traîning, troués à souhait, parce que Pascal a eu l’idée de me faire une petite surprise en débarquant à l’improviste en fin d’après-midi.
Caché derrière un gros bouquet de fleurs, Pascal était là avec son grand sourire et ses magnifiques yeux verts, que j’adore trop.
Pascal ne m’a pas expliqué ce qu’il faisait là, je n’ai pas posé de questions non plus, j’étais juste heureuse de le voir. Pourtant, j’ai l’art de tout gâché... Au lieu de profiter tout simplement de sa présence sans lui prendre la tête, il a fallu que je lui pose des questions que j’aurai mieux fait de garder pour moi... au sujet de Caroline!
Après avoir passé un petit moment en tête à tête amoureux à la maison, Pascal m’a invitée à manger. J’ai mis 2h à m’habiller, parce qu’il m’a interrompu pour me rejeter au lit, mais je ne m’en plains pas.
On avait pas de réservation, on avait choisi au hasard un restaurant qui semblait sympa. Tout se passait à merveille, on passait un moment adorable, puis je ne sais pas pourquoi, j’ai voulu savoir ce qui se passait avec Caroline; s’il la voyait toujours, en douce, quant???
Et là, surprise, Pascal m’a menti platement... Bon, j’avoue que, je préfèrais ça. Du moment qu’il n’a pas le courage de me le dire, c’est qu’il avait peur que sa réponse me fasse fuir, alors je l’ai acceptée sans broncher. Je savais qu’il me mentait, parce qu’il n’avait pas osé me regarder dans les yeux, il avait détourné le regard. Pascal était un peu nerveux après, j’ai fait semblant de ne pas m’en apercevoir.
Je suis sûre qu’il se demandait s’il n’aurait pas dû tout simplement me dire la vérité!!