206/14 - Enfin le détester?
Vendredi 25, Juillet 2014 - 206/14 - Enfin le détester?
Mon natel avait eu un bug… Pendant 2 jours, je n’avais reçu aucun message. Je ne pouvais qu’appeler, et je ne m’en suis aperçue qu’aujourd’hui. Après avoir éteint et rallumé tout le bazar, ça fonctionnait à nouveaux. Mon natel a crépité pendant un bon quart d’heure. Purée, j’avais une floppée de messages... Incroyable.
J’ai voulu envoyé à tout le monde un message bref, parlant de mon bug. Là, j’ai réalisé que ma meilleure amie, Dani, devait être en Suisse, parce que, quelqu’un avait appelé depuis le numéro fixe de ses parents. Mince, j’avais rendez-vous avec Aurora.
Aurore m’avait envoyé un message pour savoir à quelle heure je pensais passer. Avant ça, j’avais des dizaines d’appels à faire. Et si Dani était là, je devais absolument la joindre avant de planifier quoi que ce soir.
J’ai donc repoussé à plus tard avec Aurore, annulé l’invitation de Maria, rappelé ma soeur, corrigé le courrier qu’elle m’avait expédié par email, annulé l’invitation de Steven d’une soirée de pop-corn et DVDs, me suis excusé auprès de mon agence en expliquant brièvement mon problème de natel.
Bref, en plein dans mes réglages expéditifs, Dani a appelé. On s’est fixé rendez-vous pour ce soir.
Après une douche rapidos, j’ai sauté dans ma voiture pour honorer mon rendez-vous avec Aurore. J’avais repoussé 2 fois cette semaine. Flûte, je n’aurai jamais dû perdre du temps à prendre une douche. Je suis tombée en plein milieu d’un bouchon phénoménale. Quoi que je fasse, c’était bloqué partout. Je suis sortie de l’autoroute avant Morges, mais c’était pour retomber aussitôt dans un autre bouchon.
La route qui me prend normalement 20mn, m’a pris plus d’1h40… L’enfer! J’ai passé à peine 20mn chez Aurora.
J’ai eu le temps de voir les petites puces chez les parents à Dani. Elles sont si adorables. Même si elle a quelques problèmes parfois avec ses parents, ce qui est plus que normal, et comme dans toutes les familles du monde, j’aime beaucoup la maman à Dani. Hihihi, Dani l’imite si bien. Ciel, elle m’a fait marché au bord du lac. Mais, bon, c’était avec plaisir. Ça faisait longtemps qu’on avait plus fait ça.
En général, j’allais la chercher à l’aéroport, on se terrait chez moi et bavardait jusqu’à ce qu’elle tombe de sommeil. Le lendemain matin, après un petit déjeuner copieux, je la déposais chez ses parents. Toujours triste que le temps passe si vite. Je l’adore et elle me manque pas mal depuis qu’elle vit en Angleterre. Mais, je suis toujours heureuse de voir qu’elle semble heureuse et comblée par sa vie là-bas.
Ensuite… arrrrh, j’ai fais une bêtise que je croyais ne plus faire… j’aurai dû rentrer tout de suite, mais tous mes chemins mènent chez Pascal...
Caroline m’a vue me faufiler dans les fourrés. Elle était là aussi. Je crois que j’aurai été plutôt soulagée de voir que Pascal n’était pas chez lui. Hélas, comme hier, il l’était, et une fois encore, pas tout seul. Cette fois, il n’était pas avec Caro, puisqu’elle était à mes côtés.
Immobile, effarée, les yeux égarés en direction des fenêtres de Pascal, le choc était presque palpable. Une déception ne suffisant pas, le cauchemar continuait et me bouffait de l’intérieur. La douleur au creux du ventre, je regardais Pascal enlacé une fille que je ne reconnaissais pas. Et il riait. Pourquoi semblait-il si heureux? Détendu? Je ne lui manquais pas du tout à le voir comme ça! Horrifiée, je n'arrivais pas à détourner mon regard de ses fenêtres.
Je ne réussissais même pas à trouver la force de bouger, de m’épargner ce spectacle qui me brisait aussi sûrement que si des vagues furieuses me projetaient contre une falaise. Pascal avait pris son visage entre ses mains, l’embrassait avec une telle tendresse, comme il l’avait si souvent fait avec moi. J’ai cru entendre mes pleurs. Je ne croyais plus être capable de pleurer. Mais, ce n’était pas moi, c’était Caroline. La souffrance de le voir cajoler une autre femme était insoutenable.
Entendre ses sanglots m’a secouée et m’a sortie de mon état hypnotique. Se soutenant mutuellement, on s’est trainé jusque chez elle. Plus moi la trainant qu’autre chose. Mince, ce que ça peut faire mal un truc aussi banal. J’étais au bord des larmes, mais je ne voulais pas pleurer devant Caro. J’étais mal à l’aise qu’elle m’ait surprise. J’ai voulu envoyer un message à Pascal, mais ça passait pas. Heureusement d’un côté.
Peut-être que Pascal se doutait que je passerais voir, et c’était dans le but de me rendre jalouse? Me faire réagir? Je n’en sais rien. Pascal était avec Elodie, chez lui. Après le choc de le voir avec une autre aussi rapidement, oui, j’avais fini par reconnaître Elodie.
Chez lui, c’était… un peu chez moi… enfin, peut-être pas. Mais, ça m’a fait mal de voir Elodie si à l’aise, se baladant chez lui, elle aussi en training. Pendant quelques secondes, j’avais cru qu’il était seul et j’avais même eu de la peine de le savoir tout seul un vendredi soir. Quelle idiote je fais! En voyant sa petite tête blonde, à la Meg Ryan, s’asseoir sur lui dans le canapé, l’enlacer, le couvrir de baisers, mon sang s’est glacé. Si vite?
Caroline l’avait vue arriver vers 20h30. Pascal lui avait préparé à manger, et ils avaient batifolé sur le canapé du salon. Caro n’avait pas besoin de me le dire, mon imagination était assez fleurissante dans le domaine. J’avais froid. Et chaud. J’étais plus triste que triste, et j’étais horrifiée de penser qu’elle dormirait probablement chez lui.
Malgré le sale temps, Caroline et moi sommes revenus nous poster devant ses fenêtres. On espérait toutes les deux la voir partir. C’est avec soulagement qu’on l’a vue quitter les lieux peu après minuit. Pourquoi ne peut-il pas rester un soir tout seul? Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait une poulette qui lui colle aux fesses? Pourquoi ne peut-il les envoyer pètre!
J’ai encore mal au ventre en me souvenant de tout… La douleur ne me quittera donc jamais. Pourquoi avoir été aussi stupide pour aller trainer sous ses fenêtres. Lamentable. Comment guérir si je n’arrive pas à m’éloigner de ce mec. Je ne veux plus l’aimer, plus penser à lui. Oublié tous ce qu’on avait vécu ensemble. Oublié sa voix, son corps, ses sourires, ses caresses, sa fossette, son rire… Je veux tout oublier.