212/14 - Il m impose une autre femme!
Jeudi 31, Juillet 2014 - 212/14 - Il m’impose une autre femme!
Comme Pascal ne m’appelait toujours pas, je me suis résolue à l’appeler. En composant son numéro, mon coeur battait la chamade. J’appréhendais le fait qu’il ne réponde pas, en voyant mon numéro. Parce que je le soupçonnais de n’avoir pas voulu sérieusement m’inviter. Quant j’ai entendu sa voix, j’ai failli m’évanouir. J’étais tellement persuadée qu’il n’allait pas répondre, ou qu’il avait donné la consigne qu’on ne lui passe pas mon appel. Ma tête était vide.
Pascal n’avait pas rappelé parce qu’il était persuadé que j'allais refuser, et ne voulait pas essuyer un beau gros non. Un peu facile. Mais bon, il avait pris mon appel, donc il y avait peut-être un peu de vrai.
Il a dit qu’il avait un peu de problème à annuler, le groupe n’était pas content. Il semble qu’ils avaient fait une sorte de jeu et récolter des mises pour ce voyage, et que Pascal devait un dîner en tête à tête à la fille qui avait misé sur lui. Elle allait être furieuse. Je crois que j’étais arrivée au chalet en retard le soir où ils avaient joué à ce jeu. Je crois que Caroline m’en avait parlé.
Si Pascal veut vraiment qu’on fasse un truc ensemble, je me fou pas mal que le reste du groupe soit mécontent.
Pascal m’invitait chez lui, mais, pas ce soir. Il honorerait son pari en invitant la demoiselle à dîner ce soir. Il ne savait pas de qui il s’agissait, c’était un “blind Date”. C’était une des filles du groupe de toute manière, donc, il n’est pas très stressé. Après le rendez-vous, ils retrouvent le reste du groupe au Time-Out. Hum… je pouvais toujours y aller pour savoir comment ça c’était passé???
Au lieu de passer le week-end chez lui, j’ai pensé qu’on pourrait plutôt aller au chalet. Pascal pense que ce n’était pas nécessaire, Thomas n’étant pas là, on aura la paix. Dans le cours de la conversation, Pascal m’a demandé s’il pouvait aussi inviter Caroline à se joindre à nous. J’avoue que ça m’a un peu contrariée.
Je croyais que Pascal voulait parler de “nous deux”? Alors que vient faire Caroline au milieu de tout ça?
De plus, ce n’était pas vraiment une question. Il m’informait simplement qu’il invitait aussi Caroline! J’aurai eu l’air d’une peste si je refusais. Hum, je me demande ce qu’il aurait fait si j’avais dit non… Pascal avait aussitôt changé de sujet ne me laissant pas le loisir de donner mon avis. Curieuse, je l’ai interrompu pour dire que ça m’embêtait.
- Ah! Ben… Ecoute, elle habite à côté, alors si ça t’embête à ce point, elle rentrera et c’est tout. Bon, faut que je te laisse…
Et paf, Pascal avait raccroché. Je crois surtout que c’était pour éviter que la conversation ne dégénère, ou que j’insiste pour qu’il annule Caroline. Là dessus, je l’ai appelée. Je voulais savoir s’il lui en avait déjà parlé. Effectivement, il l’avait aussi invitée hier. Caroline savait pour le week-end à Paris, et elle était du voyage.
Hum, si je comprends bien, la seule à ne pas être invitée à Paris, c’était moi!!!
Apparemment, Pascal voulait aussi discuter avec elle. Pour Caroline, il était évident que Pascal était en pleine transition et que ce week-end, il allait nous tester. En fait, il voulait nous parler à toutes les deux, donc, il faisait d’une pierre deux coups quoi. Je ne sais pas si elle a raison, mais je trouvais assez désagréable qu’elle soit là. On aura aucune intimité. C’est nul.
Pour un week-end que j’imaginais romantique, rien que tous les deux, c’était râpé.
Ou est-ce qu’il veut choisir entre nous laquelle des deux il continuera à voir? Ou carrément nous plaquer les deux en même temps? Argrhh! Voilà que je me stress toute seule avec mon pessimisme habituelle et mes idées noires!!! Et pourtant, impossible de chasser l’idée qu’il allait se passer quelque chose de moche. La tension me bouffait les nerfs. Ce n’était pas un petit noeud que j’avais à l’estomac, mais un de la taille de la tour Eiffel.
Et je me demandais comment se passait son rendez-vous!!! Et avec qui??? Je sais que Caroline va tenter de le suivre ce soir… S’il la chope, elle sera grillée! Du coup, il ne voudra pas la voir ce week-end…
Et me voilà qui passe la soirée toute seule à la maison, alors que Pascal sort faire le coq! Je suis vraiment trop nulle. Il y a pas si longtemps, je me serais moquée d’une fille, qui comme moi attend derrière son téléphone! Si flasque et si dépendante d’un mec!
Dire que c’est bientôt l’anniversaire à Pascal… J’espère qu’on le passera ensemble… Aïe, mais qu’est-ce que je dis moi!
Non, je ne dois pas penser comme ça. Au contraire, je devrais me sentir calme, s’il décide qu’on s’était assez vu, ce sera réglé, je pourrais reprendre ma vie et arrêter de me tortiller la tête. Même, je devrais prendre l’initiative de mettre un terme à ce jeu débile; “je te veux, je te veux plus”. Au moins, après, Pascal arrêtera de torturer mon pauvre coeur.
(nuit du jeudi à vendredi)
Impatiente, mais aussi très intriguée, je suis sortie rejoindre les copains au Time-Out. Assez curieuse de savoir comment s’était passé la soirée en tête à tête de Pascal avec cette femme mystérieuse. J’ai noté la surprise sur les visages à mon entrée. Mais, j’ai très compris, on me l’a dit; on s’attendait à me voir arriver avec Pascal.
Ils pensaient tous que Pascal avait annulé le week-end à Paris, et qu’il y avait du Jane là-derrière. La surprise était de me voir arriver seule, donc il était bien à son rendez-vous. Pourquoi ces connards lui faisaient des rendez-vous pareils? Il n'avait pas besoin de ça en plus pour rencontrer des filles! Rhhh, ça m'énerve.
Quant ils ont parlé du rendez-vous, Thomas qui n’était pas très loin à fait la grimace. Il les a traîté de crétins génétiques. Surtout Van Den Meer, c’était lui qui insistait sur le “Blind Date”. Thomas lui a glissé que si j’étais pas au courant, l'abruti venait simplement de me flinguer le moral.
Pour montrer que ça ne me faisait rien (même si c’était le contraire), j’ai éclaté de rire. Et pour faire bonne mesure, j’ai lancé, haut et fort, que je n’étais pas venue pour Pascal et que je ne voulais pas le croiser. Déclaration un peu stupide.
Incapable de se taire Van Den, comme on l’appelle, a précisé qu’ils attendait de voir s’il allait venir les rejoindre comme prévu ou sinon… Et là, moultes clins d’oeils et rire graveleux.
Les commentaires me faisaient mal, ils pensaient tous que Pascal allait finir la nuit avec cette nana.
L’angoisse a commencé à me gagner. Pascal aurait dû être de retour vers 23h. Pour ne pas m’effondrer devant tout le monde, j’ai préféré me tirer.
Au lieu de rentrer, j’ai roulé un moment au hasard. Je me demandais où ils avaient dîner. J’aurai pu essayer d’appeler Caro, qui était sûrement en train de les pister, mais, comme je ne voulais pas qu’elle soit là ce week-end, c’était mieux pas. Ça, je devais encore le dire à Pascal et le laisser se débrouiller avec Caro.
J’ai fini sur la terrasse chez Pascal à fumer clopes sur clopes. Ce n’était pas très futé, mais j’étais… je voulais le voir… Ma fierté était planquée au placard encore une fois. Encore une fois, je m’abaissais à laisser voir mes sentiments. Je savais bien que c’était nul.
La célébration de la fête nationale était déjà en train, les pétards sautaient un peu partout et de merveilleux feux d’artifices jonglaient dans le ciel autour du lac. Je me suis avancée jusqu’au ponton pour les admirer et j’ai fondu en larmes. Pascal admirait certainement tout ça avec une autre, et ça me tordait le coeur. J’aurai donné cher pour être avec lui… Ne pas être avec Pascal me brisait le coeur.
J’ai décidé de me rouler en boule sur son canapé et l’attendre. Je ne voulais plus voir de feux d’artifices, plus entendre de la musique au loin, je ne voulais pas entendre mon natel ne pas sonner. Et je priais de le voir rentrer bientôt… Il était déjà 1h du matin.