214/14 - Bonheur éphémère?

Publié le par JaneDo


Samedi 2, Août 2014 - 214/14 - Bonheur éphémère?

J’ai encore la tête dans les nuages et des petits papilons frénétiques dans le ventre. Mes yeux remplis de petites étoiles, je nage dans le bonheur. Faire l’amour avec Pascal a toujours été comme gagner à la loterie. Des milliers de sensations fortes, d’extase totale. Je l’aime à la folie.

Je sais bien que c’est complètement dingue, mais je n’arrive pas à le quitter. Je le voudrais de toutes mes forces, et de toutes mes forces, je veux le garder. Rester près de lui. Même dans un trou de souris, pourvu que je puisse le voir, ou qu’il me  sourit, me caresse la tête, comme on le fait avec un bon chien. C’est nul.

Pas de surveillance, pas d’intrus, sans Thomas, c’était le pieds. Petit déjeuner sur la terrasse, préparé par Pascal. Ok, je me doutais bien que, quelque part dans les broussailles, Caroline épillait nos faits et gestes. J’en donnerais ma main à couper. Je suis sure qu’elle se doute que c’est moi qui ne voulait pas d’elle. Elle doit m’en vouloir. Je me sentais un peu mal vis-à-vis d’elle. Ce n’était pas cool, mais en même temps, j’avais besoin d’être égoïste de temps en temps.

Le natel à Pascal n’arrêtait pas de buzzer. La curiosité me piquait le nez. Dès qu’il a plongé sous la douche, j’ai sauté sur son natel; Elodie, Caro, Maud, Elodie, Elodie, Caro, Elodie, Maud… Pffff. L’envie d’effacer toute l’historique me titillait le bout des doigts. Je ne m’en sentais pas le droit. Pascal est ressorti tout frais, tout mignon avec ses cheveux tout mouillé. Miam.

J’ai plongé dans ses bras. Avant de partir prendre une douche à mon tour, je lui ai dis que j’avais regardé dans son natel. Il a haussé les épaules. Je ne sais pas si ça le gênait ou pas. Il n’a pas fait de commentaires. J’étais sûre qu’une fois le dos tourné, il allait certainement rappeler. J’étais curieuse de savoir qui, et dans quel ordre.

J’ai réalisé qu’il avait discrètement vérifié si j’allais bien prendre ma douche, tout en faisant semblant de débarrasser le déjeuner. Dès qu’il a entendu l’eau couler, il a pris son natel. J’ai couru arrêter l’eau, pour retourner au salon fouiller dans mon sac. Je m’attendais à le voir sursauter et poser précipitamment son natel. Mais non.

Bon, j’ai remarqué qu’il a interrompu le numéro qu’il composait pour appeler Caroline à la place.

J’ai souri et je suis retournée dans sa chambre pour aller dans la salle de bains. J’ai pris une douche éclair. D’après mes calculs, il avait juste le temps de parler avec Caro, rien de plus. En guignant par la porte de sa chambre, j’ai vu qu’il était sur la terrasse. Et ce n’était plus Caro en ligne. C’était Elodie.

Ça m’a fait une drôle d’impression. Peut-être que je devrais me méfier beaucoup plus d’elle que je ne le voudrais. Peut-être que Pascal tient plus à elle que je ne l’imaginais. Peut-être était-il… amoureux d’elle? Non. Je ne veux pas le croire. Pas l’admettre. Je n’entendais pas ce qu’ils se disaient, mais l’expression sur son visage par moment m’a fait frémir. Il avait l’air concentré, attentif, ou peut-être.. triste? perturbé? Ou peut-être que je me faisais des idées.

J’ai préféré zapper. Faire semblant de rien. De toute façon, je n’aurais pas su comment aborder le sujet. Ni si c’était avisé. Tant que je ne savais pas, autant ignorer.

Je me suis habillée en vitesse et je suis sortie pour aller me poser sur ses genoux. Elodie était encore au bout du fils. Je l’ai compris en le voyant changer de couleur. Pascal a aussitôt raccroché, sans même prendre le temps de dire au revoir, à plus ou autre. Juste raccroché. Louche. Ou peut-être était-il simplement gêné. Zappons. Inutile de me prendre la tête pour rien.

Il m’a entouré de ses bras, et on est resté un moment sans rien dire. Il faisait bon, Pascal a proposé de courir les magasins cet après-midi, moi, je préférais rester à la maison. Juste enfermé dedans tous les deux et passer notre temps à faire l’amour. C’est tellement bon de sentir qu’il avait toujours envi de moi. Pascal a quand même réussi à me traîner dehors.

Bras dessus, bras dessous, on a parcouru les rues de Genève. J'étais tellement heureuse. Ces boutiques ultra chics étaient beaucoup trop cher pour mon porte-monnaie. Pascal m’a traîné dans certains, persuadé que j’allais me laisser tenter. Mais non. Je n’ai jamais été le genre qui laisse un type lui payer des choses, sous prétexte qu’il en a les moyens.

Ce n’était pas mon anniversaire, donc ce n’était pas des cadeaux. Je n’accepte que si je pouvais me le payer moi-même. Et j’aime faire les magasins toute seule, si je veux vraiment faire des achats.

Pascal a acheté quelques t-shirts, que je sais que je lui emprunterai à l’occas, un short bermuda et quelques babioles. J’ai fini par accepter une montre “Ice” (je crois qu’on les appelle comme ça). Elle est toute blanche et Pascal a la même. Pascal porte très souvent la montre que Caroline lui avait offert. J’espère que maintenant, il la portera un peu moins, pour porter celle qu’il venait d’acheter, parce qu’on avait la même.

On s’est arrêté pour écouter un gars qui jouait dans la rue. C’était chouette d’avoir son bras autour de ma taille. Pascal est toujours aussi tendre et me couvrait de bisous à chaque occasion qu’il avait. J’en faisais autant. Je crois que je ne m’étais pas sentie aussi heureuse depuis très très longtemps. Je crois que, c’était surtout parce qu’on était ensemble.

En rentrant, on s’est arrêté pour louer des DVDs. On a prévu une petite soirée à la maison, rien que les 2. Pascal a acheté 2 films. L’un concernait le basket, donc aucun intérêt pour moi, l’autre était à l’eau de rose. Je crois qu’il l’a acheté plus pour moi que pour lui. Pascal ne se défendait pas d’aimer les films romantiques, c’est une des choses que je trouve si touchant chez lui.

Dans la voiture, j’ai vu la photo d’Elodie sur l’écran de son natel. C’était la 3ème fois en 1h qu’Elodie appelait. Hum! Je lui ai proposé de s’arrêter et de lui répondre. Que je ferais un tour pendant ce temps. Il n’a pas voulu.

  • Je peux répondre pour toi si tu veux?
  • Non, ça ira.
  • Faudra quand même que tu la rappelles!

Pascal a gardé le silence un moment. Puis, il a tenté de justifier le harcèlement téléphonique d’Elodie, en disant qu’elle voulait juste savoir s’il sortait. Traduction; elle voulait le voir. Quoi dire? Rien. Ou peut-être qu’on devrait sortir? Non. Je sais que de ma part, ce serait juste pour lui jeter à la figure que, ce soir, ce week-end, Pascal était avec moi. Je n’aurai peut-être pas dû insister. C'aurait été un peu méchant. Mais justifié! Peut-être c’était ce qui a déclenché la suite.

Comme Pascal ne semblait pas enclin à parler… de nous… j’ai fini par me décider à aborder le sujet. Pascal était dans la cuisine et nous préparait à manger, et ça me démangeait de savoir où on en était. Je préparais les légumes, et coupais les oignons. Donc, si je me mettais à pleurer, ça ne se verrait pas.

J’ai assez vite compris que je devrais me contenter de petits moments comme celui-ci. Comme ce week-end, mais pas d’engagement. Si je voulais son engagement, il fallait que j’envisage de m’investir beaucoup plus dans notre relation. Que j’envisage d’emménager chez lui. Le ton de la discussion était léger, presque comme une plaisanterie. Mais je savais, je devinais, que Pascal était sérieux. Il m’avait déjà reproché plusieurs fois de ne rechercher qu’une aventure. Pour lui le “chacun chez soi”, ce n’était pas sérieux. Ce n’était pas ça construire un avenir..

Bref, tant que je peux le voir, passer des moments comme ça avec lui, c'était peut-être éphémère, mais ça me convenait et me suffisait!


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article