236/2013 - Toute seule, alors cartes!

Publié le par JaneDo


Samedi, 24 août 2013 - 236/2013  - Toute seule, alors cartes!

Chez Elodie, j’avais parqué assez loin et je suis revenue à pieds. Je me suis cachée près de l’entrée. D’un côté de l’immeuble, il y avait quelques marches qui montait vers un autre bout du bâtiment. Donc, je me suis assise sur les marches pour fumer. J’avais une bonne vue sur l’entrée et on ne me voyait pas.

Grâce à un jeune homme qui tenait la porte pour finir sa clope, j'ai pu me faufiler dans l'immeuble. Cool. Je ne connaissais pas le nom de famille d’Elodie, mais son prénom était en toute lettre sur la boîte aux lettres, alors je me suis installée dans les escaliers à l’étage au-dessus. Et j’ai attendu.

Au pire, j’irai chercher Pascal par les oreilles. J’avais pris les escaliers alors que le mec qui m’avait laissé entrer avait pris l’ascenseur. Je ne voulais pas qu’il devine que je ne savais pas où j’allais. Dès que l’ascenseur a pris son élan, je suis redescendue voir les boîtes aux lettres.

J’ai fais une petite inspection pour trouver le meilleur endroit où me poster au cas où. On ne sait jamais, je pouvais avoir besoin de changer de place.

Vers 1h du matin, Pascal et Elodie sont arrivé. J’ai reconnu le rire étouffé de Pascal. Maintenant, je saurai aussi reconnaître celui d’Elodie.

Ils ont disparus dans l’appartement d’Elodie. Je suis descendue sur la pointe des pieds pour écouter à la porte. Hum, je me demande si Caro n’était pas quelque part dehors elle aussi, ou si on ne s’était pas croisée sans le savoir. J’avais presque envie de l’appeler à la rescousse.

Je faisais gaffe, la peur au ventre que la porte d’Elodie s’ouvre brusquement sur ma gueule. J’aurai l’air fine! Puis tout à coup, j’ai eu une sorte de ral le bol général, saisi le ridicule de la situation. Assez. Je rentre.

Je ne voulais pas rester plantée là, comme une idiote pour quoi? Pour savoir combien de temps mon mec allait passer ici? Parce que c’est tout ce que je peux faire. Les murs ne sont pas encore transparentes. Pour savoir ce qu’il faisait? Et comment? Si j’étais une mouche peut-être, je pourrais voler jusqu’aux fenêtres. Mais, je risque de me faire éclater une fois dedans! Ouais, je faisais encore de l’humour dans ma tête, c’est que je n’allais pas trop mal. Et j’entendais mal ce qui se passait à l’intérieur.

De plus, je risquais de me faire en plus surprendre par un voisin. J’aurai l’air super conne. C’est vrai que je voulais tout savoir, mais, je n’apprendrais rien comme ça. J’ai encore hésité à partir, parce qu’une fois hors du bâtiment, je ne pourrais plus changer d’avis… Mais non, je rentre.

Je dois lui faire confiance. Me faire confiance. Ça ne menait à rien d’être toujours sur la défensive, de me sentir constamment en danger. J’espère que je ne le regretterais pas. Après tout, Pascal l’avait plaquée. S’il s’intéresse plutôt à Maud, comme je le pense, je ne risquais pas grand chose d’Elodie.

J’étais remontée à l’étage supérieur pour réfléchir à ce que je devais faire; rentrer tranquillement chez moi, ou carrément aller sonner et le sortir par les oreilles s’il le faut. J’ai eu chaud en descendant pour partir. La porte s’est ouverte brusquement, et j’ai dû rebrousser chemin.

Elodie le suppliait de rester. Elle avait des larmes dans la voix. Pascal a prétexté que je devais déjà l’attendre chez lui, qu’il ne pouvait pas. Là, Elodie s’est mise à lui pleuvoir une rivière. Elle lui demandait de rester juste cette fois. Une fois. Seulement cette nuit. Elle s’est remise à le supplier, à s’accrocher à lui.

Pascal devait certainement avoir de la peine, sa voix semblait moins assurée. Il cherchait à fuir. Il lui a dit que, c’était juste une fois, et la prochaine fois, ce sera pareil. Que ce n’était pas une bonne idée. Puis, il aura des problèmes avec moi s’il ne rentrait pas, il avait déjà trop tardé.

Puis, Elodie lui a dit de m’appeler, de dire qu’il était avec un copain. Pascal a dit qu’il ne pouvait pas faire ça. Normal… Il savait que je ne l’attendais pas, il ne m’avait rien proposé. Peut-être pensait-il que, comme hier soir, j’étais probablement en train de l’attendre?

Ils ne pouvaient pas continuer à parler dans le corridor, il était tard et les voisins risquent de s’énerver, alors ils ont retournés à l’intérieur. Pfff, Pascal!!! Il aurait dû en profiter pour partir, non? J’en ai donc profiter pour filer aussi vite que l’éclair. C’était mieux. Je voulais lui faire confiance.

Je ne pense pas que Pascal prendrait le risque de dormir chez Elodie. Il aura ensuite bien du mal à me le justifier. Bah, rien à fiche.

A la maison, je me suis sentie bien d’avoir été capable de partir, sans savoir ce qui allait se passer. Puis, après tout, Pascal m’avait dit qu’il la voyait ce soir, donc il n’avait rien à cacher.

Grâce au ciel, je ne me sentais pas trop inquiète. Peut-être parce que j’avais été courageuse pour une fois? Pourtant, je m’attendais à un message ou un appel… Rien. Peut-être parce qu’il était toujours chez Elodie?

Toute la journée du samedi, j’ai attendu un appel de Pascal. Il a attendu la toute fin de journée pour le faire. Le rat. Je n’ai pas répondu. Pascal aurait pu penser à m’envoyer un message alors? Mais rien. M’énerve. C’était comme s’il attendait que ce soit moi qui propose qu’on se voit. Pas question. De toute façon, j’avais déjà quelque chose. Pascal avait trop tardé pour m’appeler.

Ce soir, mon frangin et ma frangine voulaient jouer aux cartes, à Moudon. J’ai donc été embarquée chez Carmine. Ça ne me disait pas grand chose. Mais c’est pas comme si on m’attendait ailleurs! Pendant le jeu, j’avais laissé mon natel dans mon sac.


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