242/14 - Pas si facile de se séparer!

Publié le par JaneDo


Samedi, 30 août 2014 - 242/14 - Pas si facile de se séparer!

Déroutée, dégoûtée de n’avoir pas même aperçu Pascal hier, je me préparais à ressortir ce soir, dans la même optique; le voir.  J’ai dû prendre la chienne avec moi. Mon énervant coloc et meilleur ami avait son fils à la maison, et je n’avais pas assez confiance pour laisser la petite avec lui. Je l’avais beaucoup promenée et fatiguée, donc je comptais sur ça pour qu’elle se tienne tranquille.

Mais, j’ai eu de la chance. Avec Caroline, je me suis rendue au Time-Out. La plupart de nos copains, dont Thomas était là, et Pascal aussi. Nos regards se sont croisés au moment où je faisais le tour pour saluer tout le monde, sauf lui et le petit groupe qui l’entourait. Après tout, il m’avait bien fait comprendre qu’il voulait m’éviter.

Caroline l’aimait bien Steven parce qu’elle le trouvait courageux d’avoir osé faire des reproches à Pascal devant toute sa petite Cour. Quant Steven nous a proposé un verre au bar, on a accepté avec plaisir. Steven était au courant pour Pascal et s’est montré désolé pour moi, ce qui m’a un peu contrariée.

J’ai senti que Pascal était mal à l’aise de me voir. J’ai donc appelé Layne à la rescousse. Si Pascal avait prévu de m’éviter et de se pavaner avec Elodie, j’allais lui rendre la monnaie de sa pièce, en me pavanant avec Layne. J’avais juste pas prévu de croiser Steven. Justement, Steven qui me proposait d’aller chez lui se taper popcorn et DVDs. Layne était justement au bar en face.

Je ne m’attendais pas non plus à ce que Pascal se déplace pour me dire bonjour. J’avais pensé qu’il m’ignorerait. Donc, quant il s’est planté à côté de moi, salué Steven et fait la bise à Caro, puis à moi, je me suis sentie un peu gênée. Après m’avoir fait la bise, Pascal a fait la grimace; “ça fait bizarre de se faire la bise!”. J’ai acquiescé.

Pascal m’a prise à part pour discuter. Encore aujourd’hui, je me demande pourquoi je l’ai suivi aussi facilement. Je n’aurai pas dû.

Encore une fois, probablement pour lancer la discussion, Pascal m’a dit qu’il trouvait bizarre qu’on se fasse la bise. Et encore une fois, imitant sa grimace de tout à l’heure, j’ai fait oui de la tête. Puis, sans détour, il m’a dit qu’il était sorti parce qu’il espérait me croiser. En voyant la surprise sur mon visage, il m’a dit qu’entre nous, on n’avait pas à se raconter d’histoires et à de faux-semblants.

Oui, il avait dit qu’il préférait m’éviter, mais il m’avouait que ce n’était pas si facile de se séparer, surtout quant on s’aime encore. Je restais muette alors qu’il me disait se surprendre à n’avoir goût à rien. Cela m’a un peu énervée d’entendre ça, alors que je l’avais surpris avec Elodie. Il n’avait pas l’air d’avoir perdu son goût pour les aventures que je sache.

J’étais sur le point de péter un câble, parce que, après toutes ses déclarations plus ou moins  déstabilisantes, Pascal était sur le point de me planter là pour retourner auprès de “sa blonde”. Je voulais lui demander s’il me prenait pour une gourde, quant Layne à fait une entrée assez remarquée.

Tout en saluant ses connaissances, Layne a foncé droit vers moi. Je l’adore, parce que, quant il fait un truc, il le fait drôlement bien! Pascal a un peu perdu de sa superbe. Clairement, il ne s’attendait pas à ça. Clairement, il n’allait pas réussir à me planter toute seule au bar avec des questions pleins la tête.

Layne m’a fait un bisou sur la bouche, puis a salué un Pascal médusé. Layne avait passé son bras autour de moi, comme si je lui appartenais. C’était presque comme s’il signifiait à Pascal qu’il avait été sympa de me distraire, mais maintenant, il pouvait s’en aller. Pascal ne s’est pas fait prié.

Waouh, Layne était tombé à pic. Mieux que ça, ce n’était pas possible. Grâce à lui, Pascal a dû avoir sa soirée gâchée, il ne nous quittait pas des yeux. Bien fait!

On a traîné un moment vers Thomas et des potes à Layne. Avec passion, dans la demi heure qui a suivi, je me suis appliquée à rigoler des blagues des uns et des autres, participé aux discussions, et montré le plus radieux de mes sourires. Puis, main dans la main, Layne et moi avons quitté le bar pour rentrer chez lui.

C’est seulement une fois dehors, que j’ai remarqué la présence de Maria, la fille qui l’accompagnait. Vers la voiture, ils se sont expliqué. Layne lui avait dit qu’il venait porter secours à une copine. Elle s’était sentie un peu ignorée, et maintenant, il ne voulait pas la raccompagner.

Layne ne lui avait pas demandé de le suivre, c’était son choix. Avant de tourner les talons, elle l’a traité de connard, et je me suis sentie coupable. Layne m’a rassurée, il n’avait pas l’intention de finir la soirée avec elle, donc je n’avais pas à me sentir coupable, ni à penser que je lui avais gâcher la soirée, ce n’était pas le cas.

Pendant un long moment, j’ai scruté la rue devant chez Layne. Je m’attendais à voir Pascal se pointer pour me culpabiliser. Mais niet.  Pour le cas où Pascal aurait été se poster chez moi. J’espère qu’il éprouvera le même désespoir que moi devant chez Elodie.

Et au cas où Pascal finirait par revenir par ici, alors que je ne surveillais plus la rue, je me suis appliquée à être très câline avec Layne. Je me collais à lui, m’asseyais sur ses genoux, lui faisait des bisous, alors que les rideaux n’étaient que partiellement tirés. Layne savait que je faisais du cinéma, mais il ne s’en formalisait pas.

Au contraire, Layne profitait de la situation. Si Pascal se pointait, il en aurait pour son grade. J’espère aussi que son coeur se brisera en mille morceaux comme le mien.

Si Pascal avait désiré me voir, il connaissait mon numéro. Mais, je n’ai pas eu d’appels de sa part. Par contre, Caroline m’a appris qu’il avait ramené Elodie chez lui. Ouais, pour un type qui avait soi-disant goût à rien, il était drôlement pressé de ramener l’autre pétasse chez lui.

Furax, je me suis laissée très facilement persuadé par Layne de dormir chez lui. Et tout aussi facilement de passer le dimanche avec lui. Parce que je savais qu’Elodie avait dormi chez Pascal et qu’elle y était encore dimanche matin quant Caro est passée pour aller courir avec Pascal.

Caro est un agent de renseignement hors pair. Je me demande parfois comment elle fait. J’oublie souvent comme elle doit souffrir d’être mise de côté aussi fréquemment, ou de le voir s’amuser avec autant de filles.

Par moment, mon estomac se tordait en repensant aux paroles de Pascal; “… pas si facile de se séparer… j’espérais te croiser…  horrible ce que tu peux me manquer…”. Mais aussitôt après, la fureur me gagnait; Pascal était avec Elodie, donc je ne devais pas lui manquer autant que ça!


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