252/11 - Il voulait enfin me parler... (2)

Publié le par JaneDo

252/11 - Il voulait me parler... enfin! (2)
Vendredi, 9 sept 2011

Pascal avait cherché à me voir, allant jusqu’à demander à Thomas de l’appeler s’il me croisait, lui qui ne voulait pas sortir, ça me touchait. Je me suis rappelée qu’hier soir, il n’avait pas voulu que Caroline lui colle aux pattes, et ce soir, il était venu seul, sans elle. Même si je n’étais pas sensée être au courant, ça cassait quand même ma résolution de prendre la fuite sans regarder derrière.

Et sa manière de me proposer d’aller prendre un verre ailleurs, me faisait penser qu’il était convaincu que j’accepterai. Par esprit de contradiction, j’aurai bien voulu dire non, juste pour voir la tête qu’il ferait. Ça m’a aussi ramené quelques années en arrière, quant avec cette même tête, il me proposait la même chose, dur donc de refuser. J’ai quand même refusé d’aller ailleurs, prétextant que je n’avais pas l’intention de faire tard.

J’étais persuadée qu’il voulait discuter de nos histoires, très surprise, le début de la discussion n’était que pour savoir comment j’allais. Pascal a tout de suite remarqué que j’étais sur la défensive et que je m’attendais à autre chose. Il m’a expliqué qu’il voulait qu’on soit juste que les 2, pas avec toute cette foule autour, le bruit de la musique, et aussi éviter qu’on soit happé par les amis ou interrompu.

  • A moins que ça t’embête de te retrouver seule avec moi?
  • Tu l’apprendra surement, alors autant te dire que j’étais venue avec Layne, et Thomas m’a dit que tu voulais me voir et de virer Layne.
  • Je vois...

Glups, voilà, c’était fait. Au moins il ne l’apprendrait pas par quelqu’un d’autre. Ses yeux verts que j’adore, calmement, ont commencé à scruter mon visage, avec juste une petite moue de la bouche. Je pense qu’il cherchait à savoir ce qui se cachait derrière ses quelques mots. Me rappelant la promesse faite à Layne, mes oreilles ont commencé à virer au rouge vif.

Il ne s’est pas attardé sur le sujet, il voulait juste savoir comment j’allais, bref, discuter quoi. J’aurai dû y penser sur le moment; il cherchait peut-être à savoir comment il se sentirait avec moi... Toujours furax ou pas? S’il m’en voulait encore ou non, mais ça m’a échappé sur le moment. Ou peut-être que je me creuse trop les méninges!!!

Je me suis donc calmée. Après mes ridicules break down, je voulais donner une image de calme et de contrôle et surtout calmer les battements effrontés de mon appareil cardiaque. Je me suis assise à côté de lui sur le muret. Mince, j’avais envie de le toucher, de caresser sa joue, de sentir la chaleur de sa peau, ne serait-ce qu’en frottant ma joue contre la sienne.

  • Ça va... et ça me fait plaisir de te voir, plaisir d’être seule avec toi... pas peur du tout. Et toi? Ça va?

Il a souri. Afff, cette petite fossette qui se creuse sur sa joue méritait un bisou, dommage de ne pas pouvoir le faire. L’envie de le toucher était trop forte, je me suis collé contre son bras. Il n’a pas bougé, pas de geste de recul ou de surprise, rien, comme si c’était normal.

Sa réponse a mis long à venir. Il a fini par dire qu’il ne savait pas très bien quoi répondre, il ne savait pas s’il allait bien ou pas. Je suis restée silencieuse, à l’écoute. Il fallait lui laisser le temps de rassembler ses pensées, les transformer en mots. Lui comme moi, nous n’avons jamais su très bien vocaliser nos impressions, nos pensées, nos doutes, alors on préférait garder le silence. C’était difficile pour moi, alors je pouvais imaginer pour lui.

Comme je m’en étais doutée, Pascal nageait en plein marasme, il ne savait pas s’il ne devait pas profiter de son malaise actuel pour remettre un peu d’ordre dans sa vie, peut-être essayer de faire en sorte que les choses marchent mieux entre lui et sa femme. Dans ma tête, je me hurlais de ne pas lui demander si on était toujours ensemble ou pas; ne demande pas ça, ne dit rien, ta gueule, ferme la, tais-toi, tais-toi, tais-toi. Je me mordais la langue pour ne pas faire cette bêtise.

Je savais très bien ce qu’il voulait dire par mettre de l’ordre; me larguer! Et Caro alors? Non, non, non, ne demande pas!

  • C’était quoi ce message hier?

Ça y est, nous y voilà... Le hic c’est que je n’avais pas préparé de réponses!

  • Hier?

Clair! Je cherchais à gagner du temps, mais ma tête refusait de m’aider à trouver une bonne réponse à sa question. Stupide tête, jamais là quant il faut, pfff.

  • Tout le monde te manque sauf moi? Ça venait d’où ça?
  • Ha! Ça! Ben c’était hier... Trop tard.

Pascal a rigolé. Il a dit qu’il s’attendait un peu à cette réponse. Je lui ai fait remarqué que s’il s’attendait à une réponse, il aurait cherché à m’appeler, mais ça n’avait pas été le cas, et sans vergogne, je lui ai dit que son manque de réaction m’avait rendu furax.

  • T’inquiète, j’ai fait les questions-réponses avec ton alter égo dans ma tête, conclusion, tu en avais rien à foutre.

J’avais été à 2 doigts de lui dire que si ça venait de Caro ou Jess, il aurait réagi du tac au tac. Heureusement, j’ai réussi à contrôler mes nerfs et je l’ai bouclé.

  • Je t’interdis de dire ça! Je ne savais juste pas quoi dire, c’est tout. Tu sais bien que ce n’est pas toujours facile avec la personne qui compte le plus. Si j’avais appelé pour dire que c’était faux, que tu me manquais, tu aurais pensé que je n’étais plus fâché, ce qui n’était pas le cas. Alors, j’ai préféré ne rien dire.

Comment est-ce qu’il avait réussi à m’entraîner à parler du message dont je ne voulais pas parler, hein? Pfff, nul, je m’étais faite avoir, alors changement de fusil d’épaule.

  • C’est pour ça que tu voulais me voir?

Hum! Finalement, je ne regrettais pas d’avoir envoyé ce message à la con puisque que ça l’a fait sortir de son trou.

  • Non... J’avais envi de te voir, mais... enfin tu sais très bien... Tu allais te sentir frustrée, moi aussi... Je veux... enfin, je peux pas et finalement à quoi ça sert! T’appeler? Pour dire quoi? J’avais envi d’entendre ta voix, mais du coup, je suis furax dès que je t’entends? Alors, bof, j’ai rien fait et en même temps ça me bouffe. Je me dis que je suis quelque peu coincé. Pour imager ce que je ressens; j’ai envi de te voir, mais j’ai aussi envi de t’étrangler, si tu vois ce que je veux dire.

J’ai regardé mes pieds, je n’avais rien à répondre à ça, à part que moi aussi, j’avais souvent eu envie de l’étrangler aussi, pour imager ce que je ressens souvent. Et je n’avais pas envie de parler de ça non plus. Bref, je n’avais envie de parler de rien, juste laisser les choses se remettre ne place comme c’était avant.

  • Je préfère ne pas en parler!

Ok, c’était nul. On ne pouvait pas avancer si, chaque fois qu’on pouvait régler les petits soucis, je prenais la fuite ou ne voulait pas aborder le sujet. Glups, si je continue comme ça, je n’aurai pas à me plaindre s’il préfére parler avec Caro, parce qu’avec moi, il ne peut pas discuter.

  • Sorry... Je ne voulais pas en parler, parce que j’aurai beau m’excuser dans tous les sens, ça ne changerait rien à ce que tu penses et ça n’effacera rien. Et moi aussi j’ai eu envie de t’étrangler, et je suis plutôt furax aussi, et j’ai aussi envie de me venger, parce qu’enfin, il ne s’était rien passé avec Thomas, et pourtant tu as couru chez Caro, et il ne me faut pas beaucoup d’effort pour imaginer la suite... Rien que d’en parler, j’ai la moutarde qui monte. Je t’en veux, tu n’as pas idée!
  • Jane, je peux fermer les yeux sur beaucoup de choses, d’ailleurs, personne ne me fait autant chevrer que toi. Je peux accepter beaucoup de choses venant de toi, mais là... Je ne suis pas aussi stupide pour pousser l’imagination à croire que tu aurais dormi à poil et que... Ahhh, non ça... Je ne peux pas en parler sans voir les images défiler dans ma tête... Je vois rouge!

Après un petit silence...

  • Rien que de penser à tout ça, j’ai envi de me barrer, je ne supporte pas que tu sois assis là. Plus envi de parler avec toi, de t’entendre, j’ai envi de te faire mal. Je suis en colère, je sais que vous vous êtes tripoté et dis moi pas le contraire. Basta, je ne veux pas en parler.

Les mains derrière la tête, Pascal avait fermé les yeux et s’étirait la nuque. Hum, il était furax, et mouais, il avait raison, on avait peut-être pas été jusqu’à coucher, mais... bon. Mais oh! Lui avait été plus loin que moi, donc, j’avais tous les droits d’être furax aussi.

Bref, cul de sac!!! Hum, je savais qu’il suffisait d’un rien pour que ça nous pète à la gueule, et s’il n’avait pas fait tout ça pour me voir, je pense qu’il serait parti aussi sec. D’ailleurs, s’il se concentrait autant, c’était justement pour ne pas tourner les talons et se barrer. Glups, quoi faire? On était dans une sale situation, sans issue.

  • Et pourtant Jane, je n’ai pas envi de te perdre, je t’aime, mais je n’arrive pas à digérer ça. Ça me bouffe. Comment t’as pu me faire un truc pareil? Je ne suis pas un saint non plus. Parfois tu me manques tellement que ça fait mal. j’ai envi d’entendre ton rire, ta voix, te sentir... mais tout de suite après... (gros soupir). J’ai essayé de tout mettre dans la balance, je ne prétends pas être un saint, t’as de quoi m’en vouloir aussi, mais rien à faire... malgré toute ma bonne volonté, je n’arrive pas à passer là-dessus. Ouais...

Glups, j’étais devenue muette ou quoi, je ne trouvais rien à répondre. J’aurai dû lui sortir tous les reproches que j’avais à lui faire, contredire les siennes en rappelant qu’il en avait plus à son actif? Mais, je crois que je devinais déjà ce qu’il allait me dire, alors mon disque dur cérébrale broquait comme si c’était vide, c’était la panique à bord; comment le faire taire avant qu’il prononce des mots que je ne voulais pas entendre?

Pascal n’a rien ajouté de plus, mais on savait à quoi s’en tenir; il fallait du temps au temps... Peut-être qu’il ne voulait pas non plus le dire en mot? Mince, comment faire pour renverser la vapeur? Je me sentais désespérée, incapable de réagir et le trac de le voir se lever pour partir loin de moi... Ou? Vers Caro? Mais ouf, il n’avait pas l’air de vouloir partir, pourtant je devais partir, ma copine allait débarquer chez moi et je devais être là. C’était prévu pour que je ne reste pas à stagner parce que Pascal était dans les parages.

Cette fois, c’est moi qui me suis levée pour partir, Pascal m’a demandé de rester encore un peu, de me raccompagner, puis, le souvenir de nos griefs réciproques sont revenus nous hanter et il a arrêté d’insister à mon grand regret. Bon, de toute façon, je n’aurai pas pu dire oui, sauf si... mais non.

Pascal m’a raccompagnée à ma voiture, on est resté là un moment ne sachant pas quoi dire. Évidemment, j’avais envie de rester, envie qu’il me prenne dans ses bras, mais tout comme lui, je préférais éviter trop de rapprochement. L’envie de me venger était toujours présente, c’était la seule manière d’exorciser ma colère et s’il était trop gentil, je risquais de passer dessus pour un temps, mais ça reviendrait me hanter.

Dol est arrivée 15mn après moi. Comme toujours, on sait quant la soirée commence avec elle, mais jamais quant elle se termine. Jeeez, elle est arrivée avec euh... me rappelle pas du nom... un copain à elle, qu’elle disait beau. Dire qu’elle trouve ce genre de truc beau? Il est moche et on se demande où il a trouvé une coiffure pareille! Une espèce de banane sur la tête, les cheveux jet noirs, genre année 50.

Bref c’est le fils de son ancien patron, il dit se rappeler de moi, que j’avais été prendre des verres vers Dol à plusieurs reprises. Bouh, me rappelle pas de sa tronche, ce devait être un gosse à l’époque. Bref, il nous a collé jusque vers les 4h du matin, et enfin il est parti.

Et Dol, ben, elle n’est partie qu’à 10h du matin quant je lui ai dit que j’étais raide, que je commençais à tomber de sommeil.

J’en avais ras le bol, je voulais avoir mon espace, besoin de réfléchir aussi à ce qu’on s’était dit avec Pascal et dormir. Mince, mon samedi était fichu... en plus, j’avais la chienne à David sur les bras!

Si seulement Pascal pouvait avoir la bonne idée de m’appeler pour se voir!!!

* * * * * *

(Juste comme ça, aujourd’hui mardi, Dol est passée vers 16h et j’ai pensé que comme ça, je pourrais avoir ma soirée tranquille... mais non... On a été mangé au chinois du Mont; très bon. Elle n’est partie qu’à 23h30 - Rhaaah, ma soirée est naze et demain, le petit du rez veut que je joue au Monopoly avec lui. Je suis maudite! Marco passe poser des affaires dans mon garage aussi demain. Bref, journée de merde en perspective, et jeudi je vois son ex, Cindy. Grrr! Je me demande quant je pourrais être un peu tranquille, seule!? Voilà pourquoi je rêve d’aller vivre loin, loin de tout le monde, pour avoir enfin la paix et être seule. 2h44, voilà Dol qui m'envoie un message pour repasser chez moi... Oh ça non, même si je l'adore!)

* * * * * * * * *
252/11 - Il voulait me parler... enfin! (2) - Vendredi, 9 sept 2011

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article