325/2012 - Discussion entre Thomas et Pascal... Je suis concernée!

Publié le par JaneDo


Mercredi - 21 novembre 2012 - (325/2012) - Importante discussion entre Thomas et Pascal… Je suis concernée!

On devait s’installer enfin chez Thomas, donc ce soir, j’ai été chez Pascal. Apparemment, Jess avait déserté les lieux, chagrinée par ce déménagement. J’étais contente qu’on soit seul. Je n’avais pratiquement rien à déménager. Pascal a monté ses guitares, quelques vêtements, et des petites choses dont il pourrait avoir besoin. La plupart de ses affaires restaient en bas.

Pascal et Thomas étaient à l’étage quant je suis arrivée. Je suis passée par en bas. Ils discutaient. J’ai d’abord fait discrètement le tour de l’appart. C’est là que j’ai vu que Jess n’était pas là. J’ai pensé qu’elle était peut-être à l’étage. C’est là que j’ai tendu l’oreille, elle ne semblait pas être en haut, je n’entendais pas sa voix. Et d’après la conversation des garçons, ils avaient l’air d’être seul. Ils ne m’avaient pas entendu arriver.

Ils parlaient de gens que je ne connaissais pas, du voyage, puis Thomas a appris à Pascal que j’avais vu Layne, que j’avais même passé toute une soirée avec lui. Grrrh, Thomas! J’avais envie de lui tordre le cou. Quelle blague! Pourquoi raconter ça à Pascal. Pascal n’a rien répondu. Il le savait déjà, Thomas le lui avait déjà dit par téléphone.

  • Avant elle est venue ici, traîner chez toi, comme une âme en peine… Je pense qu’elle s’ennuyait, que tu lui manquais!
  • Ah bon? Sérieux? Elle est venue ici?

Pascal a eu l’air surpris. En rigolant, Thomas lui a encore rappelé ce qu’il lui avait déjà demandé, c’est-à-dire qu’on soit discret, il ne voulait pas nous entendre faire l’amour. On était sorti ensemble, ce serait horrible d’avoir à nous écouter. Puis, Thomas a été beaucoup plus indiscret.

  • Et Caroline? Tu penses l’emmener ici aussi?

Glups, qu’est-ce qu’il dit lui?

  • Je sais pas…
  • Ce serait con d’avoir fait tout ça si tu n’es pas sûr de toi? Jane t’as mis la pression?
  • Jane? Me mettre la pression? Jamais! Elle n’est pas comme ça. Non. Je ne supportait pas d’avoir le regard de Jess sur nous. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi elle a proposé cette bizarre cohabitation!!
  • Qui sait… Pour t’avoir à l’oeil!
  • Tu crois?
  • Vous avez discuté un peu à propos de tout ça pendant ces vacances?

Gros soupir. Certainement de Pascal.

  • Ça me fait mal à la tête rien que d’y penser. C’est d’un compliqué, j’en ai marre d’une force, tu ne t’imagines même pas!
  • Tu va faire quoi?
  • Qu’est-ce que je peux faire, hein? Rien!

Encore une grosse expiration.

  • Plus qu’une année… J'en peux plus! C’est long!
  • Tu sais très bien que tu va pas pouvoir divorcer direct, non? Est-ce que t’en a parlé à Jane?

Petit silence...

  • Tu veux vraiment divorcé? Les choses ne s’arrangent pas entre vous? Parce qu’en fait, Jess te laisse faire ce que bon te semble, non? Au moins, dans 1an, tu pourra encore plus faire ce que tu veux, si tu vois ce que je veux dire?
  • Je sais pas… Je veux être libre… Je veux retrouver ma liberté, faire ce que je veux sans qu’on me tienne en laisse. J’en ai marre.

Petit silence encore, rempli de battement de coeur de crainte pour moi. Retrouver sa liberté? Il n’avait pas dit que c’était pour être avec moi, juste, qu’il voulait être libre! Et ça, ça me foutait les boules!

  • Et Jane? Tu l’aimes toujours?
  • Si je l’ai toujours dans la peau? Oui…
  • Mouais… C’est vrai que t’as toujours été attiré par les femmes plus âgée toi!

Petit rire de Pascal. Et Thomas qui enchaîne pour savoir ce qu’il ressentait pour Caroline!

  • Je sais bien que Jess est plus jeune, plus joli...

Oh l’attaque de chaleur, les milliers de couteaux dans le coeur, voilà ce que je ressentais en entendant ces mots. Il trouvait sa femme plus jolie! Atroce.

  • …mais... Je ne sais pas pourquoi, je l’aime. C'est comme ça c'est tout! J'aime sa façon d'aimer, sa façon de perdre les pédales... Quant je la regarde, je suis toujours envahi d’une tonne de tendresses. Elle me fait frémir. Ses silences, ses doutes, sa fragilité derrière un masque d’assurance… Je l’adore! Et Caroline...

Un autre gros soupir et il enchaîne.

  • Je l’aime beaucoup aussi… Elle est attachante. Je crois bien que je l’aime aussi. Ça, ça me perturbe! Je ne savais pas qu’on pouvait aimer 2 filles aussi différente, et en même temps! Ces dernières années, j’ai appris que c’était possible. Heureusement que Jane ne m’a jamais demandé de choisir, j’aurai de la peine…
  • Mais si tu devais?
  • Ces temps ci, je sais pas, j’ai juste envie d’être libre… Mais, si je devais absolument faire un choix… Wahhh, je crois que ce serait Caro.

J’ai cru que j’allais me liquéfier sur place! Caro? Caroline? Pas moi? Merde alors!!! Mais alors, pourquoi restait-il avec moi? Pourquoi traitait-il Caro, à mon avis, plus mal que moi? Afff, je ne comprends rien. Je ne comprends rien aux mecs. J’étais estomaquée! Et quelque part, une petite voix me chuchotais que j’avais été bien avisée de ne pas avoir voulu l’éloigner de Caro. Comme je l’avais imaginé, il aurait fini par me jeter pour retourner vers elle.

Méchants doutes qui me rongeait l’estomac. C’est fou le nombre de choses qui peuvent vous traverser la tête, à une vitesse éclair. Thomas aussi a dû être surpris, je crois qu’il a dû tomber de sa chaise.

  • Quoi?

C’était un cri du coeur. Les mots me sortaient de la bouche de Thomas.

  • Comment ça Caro?
  • Ben… Si on se projette dans l’avenir, avec Jane, j’en ai aucun. Elle ne veut pas d’enfants, pas se marier, et certainement pas vivre avec moi! Donc, tu vois, il ne reste pas beaucoup d’option! J’ai passé 30ans, et si un jour, je veux avoir une famille, me remarier, ben, ce ne sera pas Jane!
  • Mais… Mais, ces temps-ci, Jane est souvent là, donc, tu ne crois pas qu’elle pourrait avoir changé d’avis?

J’avais des larmes aux yeux. Tout ce que Pascal disait avait un sens, c’était la vérité pure. Je ne pensais pas qu’il y pensait, que c’était des choses qui le préoccupaient. J’avais toujours pensé que l’idée lui convenait.

  • Non. On en a beaucoup parlé ces temps, elle ne voit pas l’avenir comme ça. Puis… Tu vois, j’hésite entre ma liberté, et me mettre avec quelqu’un. 5ans de prison, ça suffit. Pour le moment, j’ai besoin d’air.
  • Waouh, je suis… choqué!
  • Choqué?
  • Ben dis… Je croyais que Jane… Je sais pas, j’avais l’impression que… Enfin non, je ne sais pas ce que j’imaginais, mais, je vous voyais ensemble à jamais. Séparations multiples peut-être, mais ensemble à jamais! Mais pourquoi Caroline alors?
  • Ben, comme Jane, elle me laisse faire ce que je veux… Je peux respirer tout en étant avec elle. Ce qui n’est pas le cas de Jess qui me bouffe mon énergie avec ses prises de têtes constantes. Puis dis, je ne te vois pas te plaindre d’être célibataire toi?

Thomas a rigolé. Effectivement, il aimait son célibat, n’avoir de compte à rendre à personne. Dès qu’une fille lui prenait la tête, il la laissait tomber. Pratique. Il disait n’avoir pas besoin d’une nana dans sa vie. Ils avaient de bons copains, une vie remplie de distractions, et n’avait aucune envie de rejoindre le clan des trains trains quotidiens. Ça lui foutait la déprime rien que d’y penser.

  • Quel hypocrite… Tu n’avais pas l’air de te plaindre du quotidien quant tu étais avec Jane… Bien au contraire! Mince, ça me rendait malade de jalousie! C'était dur de vous voir ensemble, vous alliez bien ensemble. On aurait dit que vous vous compreniez sans avoir besoin de parler. Pfff! J’espère que tu te rappelle de ta promesse? Pas touche!

Ils ont rigolé. Ce n’était pas beau de coller l’oreille comme ça,  de les espionner, mais je ne voulais pas manquer un mot de leur conversation. J’avais peur que Jess arrive entre temps et me prenne en flag. Mais peut-être qu’elle me rejoindrait?

  • C’est vrai qu’il y a quelque chose chez elle qui fait qu’on ne prend pas la relation à la légère dès le début. Bizarre ça!
  • C’est vrai!
  • Mais alors? Et Caroline? C’est quoi le truc avec elle? Elle est si bonne au lit? Sexy et tout ça? Raconte.

Pascal a rigolé en disant; Elle est bonne... Bonne!”. Y a des trucs comme ça qui font hyper mal à entendre!!! Ils avaient l’air de bien s’amuser tous les deux à nous baver dessus. Ça ne m’amusait pas d’entendre tout ça, mais c’était instructif.

  • Si j’ose… Et cette allemande, Nina? C’est quoi le truc? Tu dis que tu aimes Jane, ou Caro, mais alors?
  • Afff… J’aimerai juste être libre… N’avoir de compte à rendre à personne!
  • Mais encore???
  • Nina me plaisait beaucoup, c’était vraiment chouette avec elle. J’arrive pas toujours à résister à mes envies. Des fois, c’est juste par jeux, j’aime voir jusqu’où ça peux aller… Puis, c’est existant de voir craquer celle qui dit que c’est fini, terminé… Ou comme celles qui savent pertinemment que t’es déjà engagé, t’es avec quelqu’un, marié même… Ça doit être le challenge, l’adrénaline… Et peut-être aussi le fait de savoir que ça ne compte pas, t’as justement déjà quelqu’un, donc tu t’en fou pas mal si ça marche ou pas, si elle veut ou pas! Ouais, tu t’en fou pas mal! C’est juste pour s’amuser.
  • Oui, mais tu pourrais te brûler les ailes, ou celles de ta partenaire? Tu pourrais tomber amoureux!!! Donc, tu va comtinuer à naviguer entre tes 3 femmes si je comprends bien?
  • Je sais bien… J’aime le risque!
  • Juste pour savoir, laquelle des 2 tu aimes le plus, ou vraiment? Jane ou Caroline?

Flûte, pas de réponse, son natel a sonné à ce moment là. Et il était en bas. J’ai dû foncer vers la porte de toute urgence pour faire celle qui arrivait. J’avais à peine entre-ouvert la porte qu’il était en bas des escaliers. J’avais la main en direction de l’interrupteur. Comme si je venais de pénétrer dans l’appart et que je cherchais à allumer.

Pascal m’a souri. C’était comme un coup de poignard. J’aurai voulu filer, rentrer chez moi. J’avais le coeur lourd et je me sentais dévastée, complètement perdue. La souffrance était intolérable. Je me demandais comment j’allais réussir à donner le change tout le reste de la soirée. De plus, j’avais la libido à ras le sol. aucune envie qu’il me touche. J’aurai l’impression qu’il pense à Caro. “Elle est bonne… bonne”, impossible de chasser ces mots de ma tête.

Il a allait falloir que je sois prudente, inventive, que je trouve le moyen d’inverser la vapeur. Non, je ne devais pas rentrer. Ce serait me montrer compliquée, chiante, et me ferait perdre des points. A vrai dire, j’étais paumée. Comment faire pour bien faire? Comment faire pour qu’il m’aime toujours, encore plus, et plus que Caro? Prétendre que j’avais changé d’avis? Que je voulais me marier et tout le reste? Non, je ne voulais pas aller aussi loin.

L’empêche que le seul avec qui je me serais sentie à l’aise dans un mariage était un de mes ex… Mathieu!

C’était un choc de le réaliser! Pourquoi? Je n’en savais rien avec précision. Je savais juste qu’on s’entendait bien, qu’on s’amusait bien ensemble. Une sorte d’osmose. Qu’il savait être un petit copain adorable, tout en profitant de sa liberté. Ça n’a jamais posé de problème qu’il aille voir ailleurs, c’était même ce qui nous liait. Il était flemmard peut-être, mais franc, drôle. Il me racontait ses aventures, sans pour autant avoir de compte à me rendre. C’était la liberté. Reposant.

Quoique, je ne suis pas sûre tout de même d’avoir le courage de me marier avec qui que ce soit… Ni de vivre avec qui que ce soit… C’est trop de responsabilité, trop de boulot!

Impossible de filer maintenant. Pascal s’était précipité sur son natel tout en me disant qu’il pensait que c’était moi. Je lui ai rendu son sourire. C’était sa femme au téléphone. J’ai enlevé ma veste en lui tournant le dos pour essayer de me recomposer une tête souriante. Posé mon sac. Quant je me suis retournée vers lui, Pascal m’a fait un signe vers l’étage. Il était toujours en ligne avec Jess. J’avais la tête en compote, j’ai fait celle qui ne comprenait pas qu’il me demandait de monter.

Avec Thomas, impossible de tricher, il aurait tout de suite compris que quelque chose me tracassait. Je me suis assise sur le bras du canapé. J’ai attendu qu’il en ait terminé avec son coup de fils. Ensuite, l’air de rien, on a transporté nos affaires en haut.

Thomas était en training, il préparait des trucs à grignoter et à boire. Il s’est proposé de nous aider, mais on n’en avait pas besoin. Ses yeux de carnassiers m’ont suivi pendant toute l’opération. Est-ce qu’il devinait mon désarroi? Ou c’était seulement leurs discussions qui le faisait me scanner de la sorte?

Après m’être donnée quelques claques mentalement, je me suis affalée sur le canapé à côté de Thomas, le sourire au diapason. J’ai toujours aimé jouer, jouer de petites scènes comme si j’étais une actrice. Je réussissais assez bien, et dans mon rôle, j’étais parfaite. S’il avait cru voir une faille, il était bluffé. Il a marché.

On a discuté du week-end prochain, de demain soir… Thomas voulait invité des potes, comme il le faisait souvent le jeudi et vendredi soir. On a discuté pour savoir si je devais faire comme si j’étais en bas, ou pas, ou s’il était préférable de garder ça pour nous. On a décidé que c’était préférable pour l’instant. Pascal devait consulter sa femme, Jess avant.

Soirée assez sympa et cool. J’ai étouffé mes peurs et mes doutes sous une tonne de sourires joyeux.

Est-ce qu’il me fallait éloigner Caro ou au contraire, la ramener encore plus près? Pour qu’il se lasse! Ou est-ce que s’il se lasse d’elle, il ne risquait pas de s’éloigner encore plus de moi? Lassé aussi? Ça me faisait un mal de chien de savoir à quel point Pascal semblait vouloir de détacher des chaînes qui l’unissaient à nous…

Je ne voulais pas faire l’amour avec lui ce soir, mais mes barrières sont tombés assez rapidement sous ses caresses, ses baisers et ses yeux verts brulants qui observaient les expressions de mon visage. Ses lèvres sur mes yeux, sa main qui remonte le long de mon corps. Ma température est montée. Je me suis trouvée aussitôt une excuse valable pour avoir fondu aussi vite; il nous fallait inaugurer notre nouvelle installation. Parfois ses mots venaient me briser, “Elle est bonne… bonne”, mais très vite, il me sortait du puits de douleurs pour me tirer à la lumière de son sourire, de sa tendresse.

J’avais aussi très mal à la tête… Le choc sans doute. Une alarme dans ses yeux, sa main précipitamment sur ma bouche, en chuchotant, il m’a rappelée que Thomas était à côté. Glups, Thomas! Je l’avais complètement oublié.


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