86 - Pas question de me laisser abattre!

Publié le par JaneDo



Zut... Pascal, encore??? Il a essayé de m’expliquer qu’il avait des trucs ce week-end, il ne savait pas à l’avance quant il sera à la maison, il n’avait pas envi que je l’attende, que ce serait égoïste, alors il préférait que je fasse mes trucs et qu’on essayerait  de se voir quand même...

Pascal dormirait tous les soirs chez lui, mais il ne savait pas quant il rentrerait c’était tout, et je pouvais y aller quant et si je voulais, à n’importe quel heure. Il voulait que je m’y sente chez moi et espérait que je le savais. Il pensait que de toute façon, sinon, on se croiserait sûrement dans une boîte ou autre.

Mouais... bla-bla-bla... foutaises!

En fait ce qu’il voulait dire, c’est qu’il ne voulait pas bloquer tout son week-end pour moi, qu’il avait envi de faire autre chose... Compris! En avait-il déjà assez de nos week-end, enfermé, en tête à tête?!? Petit pincement dans la poitrine. Ça devait être ça! Ou cherchait-il à prendre ses distances?

Même si ça me faisait de la peine, j’ai prétendu le contraire, le gratifiant d’un grand sourire en disant que je comprenais. Derrière ce sourire, une grosse main m’écrabouillait tout ce qui bougeait à l'intérieur.

Ma 1ère réaction a été de me, que puisque c’était comme ça, pas de problème, mais il ne me verra pas du week-end, et la semaine suivante, sûrement pas non plus. Ce sera sa petite punition. Puis, je me suis ramollie en me laissant une porte de sortie pour me laisser la possibilité de changer d’avis. On verra bien.

Quant on a raccroché, j’ai pleuré. Longtemps. J’avais mal au bide, une grosse pierre flottait dans de la mélasse à la place du coeur. J’étais down.

Je suis redevenue une petite fille un petit moment, mon nounours en peluche me manquait, j’avais envie de me sucer le pouce, mais ça, je le réservais pour un plus gros chagrin. J’ai sauté dans un de mes vieux training troué, et un grand tee-shirt difforme et je me suis écrasée dans le canapé et j’ai regardé aveuglément la TV. Aucune idée de ce qui passait...

Je me battais contre l’envie de me bourrer la gueule de somnifères ou de n’importe quoi d’assez puissant pour dormir. Surtout, ne plus penser et la seule solution, c’est dormir. Je savais bien sinon que ma tête allait tourner en mode-super-débile et je ne pourrais pas l’arrêter. Je ne me sentais vraiment pas bien. Des tonnes de doutes et d’insécurités s’insinuaient graduellement dans tous les recoins de mon cerveau.

J’ai eu envie d’appeler Layne pour aller me consoler dans ses bras, bien sûr dans le but, non avoué, de punir Pascal et de lui faire mal, mais heureusement, je n’avais pas envie de m’habiller pour sortir de la maison. Peut-être est-ce qu’il me testait? Il voulait voir ma réaction? Ciel, je déconne là. Il n’a pas à me tester, je suis pas un foutu rat de laboratoire. Je savais que j’aurai pu foncer chez Brian, même s’il n’était pas là, il rentrerait aussitôt pour me soutenir moralement. Arfff, je ne pouvais pas toujours me reposer sur ses épaules non plus. Zut. Je débloquais sec!

Si seulement j’aimais le chocolat, je m’enfilerai une bonne dose. Paraît que ça fait du bien!

2h du matin, je ne dormais toujours pas et tournait en rond en me rongeant les ongles. Est-ce que je devrais ou non aller chez lui? Est-ce qu’il était rentré? Peut-être qu’il n’avait pas vraiment envi de me voir ce week-end? Peut-être qu’il était préférable que je lui laisse un peu d’espace? Peut-être qu’après aura-t-il plus envi de me voir si je lui manquais? Ciel, et si je ne lui manquais pas?

Mince... j’étais vraiment super hyper down!

Pascal n’avait pas envi de me voir ce week-end. Il voulait faire ce qu’il voulait et ne pas avoir de compte à rendre, ni à courir parce que je l’attendais!!! Oui, c’était mieux que je le laisse tranquille. J’avais toujours l’envie de m’abrutir de somnifères pour dormir et ne plus penser, mais n’est-ce pas ce qui a eu raison de Marylin Monroe? Heath Ledger? Mince... Pas de médocs pour moi, il allait falloir que je trouve la force de faire sans. Pas question que je me laisse abattre! Pas non plus envie de me retrouver sur une de ces foutue table d'autopsie par accident!

J’avais la folle envie d’aller voir s’il était rentré, mais je ne le ferai pas, sinon, j’aurai envie d’aller le retrouver.

Tout un week-end sans le voir, ça allait être hyper dur...

Puis, j’ai commencé mon petit exercice mental “à la recherche de mon moi intérieur”, m’aimer moi. Mon 1er grand amour; moi. Petit à petit, la sérénité s’est installée et je me sentais un peu mieux. Chaque fois que ma tête voulait faire des siennes, je pensais à moi et ce que je voulais, me rappelant que ce qui ne me fait pas du bien, me fait du mal. Me rappelant aussi combien j’aimais être seule et aussi n’avoir de compte à rendre à personne.

La partie dure de mon caractère a recommencé à émerger et finalement, je me sentais bien.

*  *  *  *  *

Pas question que je me laisse abattre!   (86-ven-27mars09)
Publicité

Publié dans jane's diary

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article