96 - Le Moral dans les Tongues
Mon week-end avait été plutôt mouvementé, donc j’était bien décidée à ne rien faire de la semaine et me reposer. Du mardi au mercredi, les enfants voulaient venir dormir chez tati et j’ai pas eu le coeur de refuser. D’avance, je savais j’allais être sur les rotules, donc le lundi exclu que je me bouge. Dire que je voulais me reposer, ne rien faire, mais il n’y avait pas moyen, ma tête ne me laissait pas tranquille. Catastrophique, j’avais le moral dans les tongues.
La discussion que j'avais eu dimanche soir avec Pascal me tarabustaient sans cesse. Je pouvais très bien comprendre sa position et j’essayais d’imaginer ce qu’il pouvait ressentir. Ciel, quant je pense à la manière que je lui ai balancé tout ça, ça me tordait le ventre. Mais pour ma défense, j’avais eu peur de ne pas avoir le courage de parler de Layne ou de trouver encore de bonnes excuses pour remettre à plus tard, et j’ai manqué de tact.
- Je ne veux pas me mêler de ce que tu décide concernant Layne. Ce n’est pas à moi de te dire ce que tu dois faire ou pas.
- Je veux que tu me parle, que tu me dise si ça te poserait vraiment un problème.
- Si ça me poserait un problème? Comment oses-tu même me demander ça?
- Très bien. Si tu veux savoir, je ne veux pas que tu sortes avec Layne... carrément avec personne d’autre. Ça me dérange même que tu continue à voir Layne. Voilà, t’es contente? Je suis extrêmement jaloux même si je ne le montre pas. L’idée que tu puisse dormir dans les bras d’un autre me rend malade et hyper nerveux. Tu sais Jane, des fois, tu fais des trucs que je n’aurai jamais accepté de personne d’autre. D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je laisse passer.
Il a soupiré en baissant la tête.
- C’est peut-être pas ce que tu voulais entendre... Tu sais que je t’aime, tu n’as pas à en douter et je sais, je suis marié aussi. Je n’ai absolument pas le droit de t’interdire de voir quelqu’un d’autre. Mais voilà... Tu ne pouvais pas imaginer que je te dise que... “ça me va... sort avec qui tu veux, que tu as le droit d’être heureuse”? Oublie, je ne pourrais jamais dire ça. Et même si je le disais, je ne le penserais pas vraiment. Ce sont des foutaises qu’on entend dans les films, des conneries que personnes ne pensent dans la vie réelle.
Bien sûr que j’aimerai que tu sois heureuse. Je ne sais pas si tu es heureuse, je ne sais pas si j’arrive à te rendre heureuse, ou si j’arriverai à te rendre heureuse. Je... La plupart du temps, je ne sais même pas où je vais, ni ce que je fais... Je ne m’étais jamais senti aussi perturbé de toute ma vie... C’est... Je déteste assez ça.
- J’ai peur que tu sois toujours amoureuse de Layne. Ça me rend nerveux. C’est justement, le fait que je sois avec Jess qui me rend mal à l’aise pour te dire ce que j’en pense ou ce que je ressens, ou souvent, à fermer les yeux. Mais, en même temps... je crois que tu le devine très bien.
- Et je fais quoi moi de tout ce temps quant tu es avec “elle”?
- Ok. Pour faire simple, pas question que tu sorte avec Layne et avec moi. Tu dois choisir. Je n’ai peut-être pas le droit de dire ça, mais je regrette, tu ne peux nous avoir tous les 2. T’es ma copine ou tu l’es pas. Pas question d’accepter de te partager avec qui que ce soit. Voilà... C’est assez clair comme ça?
Je ne voulais pas te mettre une pression quelconque, ni te forcer à choisir entre nous 2, et pourtant... Tu dois bien faire un choix. Tu ne pouvais pas espérer nous avoir tous les 2! Je ne sais pas pour Layne, mais moi, ça ne me va pas. Et ça m’enrage de devoir parler de cet abruti quant on est ensemble. Une petite question? Est-ce que tu as déjà eu cette conversation avec... l’autre?
Ce n’était pas le moment, mais j’ai failli rire de la manière qu’il avait dit “l’autre”? Non, je n’avais pas parler de ça avec Layne. J’avais peur des réactions à Pascal; il pouvait me couper de sa vie du jour au lendemain, ce serait nettement plus dur. Pascal était plus important pour moi. Enfin, je crois, alors c’était plus vital pour moi d’en parler avec lui en 1er. Ensuite, je verrais ce que je ferais. Mais, j’avais un peu gâché l’ambiance de notre petit tête-à-tête dimanche soir. Il nous a fallu un moment pour essayer de faire semblant d’oublier tout ça pour profiter du peu de temps qu’on avait.Pascal avait gardé ses distances le reste de la semaine. Il attendait sans doute que je fasse le 1er pas. Pas, qui signifierait que j’avais pris une décision. J’était un peu perdue, je ne savais pas quoi faire. J’avais envie d’être avec Pascal, je n’avais pas envie de le perdre du tout.
Layne, lui, savait s’insinuer assez efficacement dans ma sphère. Il m’avait proposé de sortir manger un truc ensemble lundi soir. J’avais trouvé tout un tas d’excuses pour refuser. Malin, il s’était pointé chez moi, et s’était bien rendu compte que mes excuses étaient bidons.
On en était au café quant 2 de ses copains se sont pointés avec Alexia. Intérieurement, j’ai un peu tiqué. Avec alexia, c’était marrant de voir qu’on discutait avec tout le monde, sauf ensemble. On avait collé 2 tables, et comme on était là pour dîner, Layne et moi étions face à face, Alexia en a profité pour s’asseoir à côté de Layne et j’avais l’impression qu’elle avait la main sur ses genoux. Ça me faisait enrager, mais dignité oblige, avec le sourire. Ce qui m’énervait était que Layne ne faisait rien pour lui enlever la main.
Sur le chemin du retour, je ne tenais plus et je lui ai posé la question. Effectivement, elle avait posé sa main sur sa cuisse, mais, soi-disant, qu’il n’avait rien fait parce qu'il ne voulait pas que ça fasse des histoires, et pour éviter que je m’en aperçoive, il avait préféré ne pas réagir. Il ne voulait pas qu’elle nous gâche la soirée. Il ne voulait pas que les manigances d’Alexia m’atteignent. Mouais... Il me prend pour une conne ou... il ME prend pour une CONNE??? Pas question que je fasse une scène ou qu’on se prenne la tête. J’avais d’autres chats à fouetter.
En rentrant, je me suis roulée en boule sur le canapé, j’avais drôlement envi de pleurer, mais avant ça... valait mieux que je réfléchisse, que je fasse ma petite liste de “Pour & Contre”, après on verra!
* * * * *
Le Moral dans les Tongues (96-lun-06.avril.09)
Publicité