Lun - 30 mars 2020 - Bête mensonge...
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Lun - 30 mars 2020 - Et rebelote encore un mensonge... Bête mensonge...
Retour au choses sérieuses, au train quotidien. Par peur de me voir supplanté par Caro, je ne pouvais quand même pas rester scotché chez Pascal. Ce ne serait pas moi. Je ne serais restée que s'il avait lourdement insisté. Ce qu'il n'a pas fait. Mais je ne me suis pas précipitée à partir quand même.
On s'est levé tard, comme il faisait beau, on a déjeuné, puis on a été se balader un peu au bord du lac. Pascal faisait son jogging, et moi, je traînais à regarder le lac. Comme c'est beau. Je n'oublie pas la chance qu'on a d'être ici. De vivre ici, et pas dans un de ces pays de merdes qui s'amusent sans cesse à la guérilla. Ou pauvre.
On a encore traîné au lit, puis au salon. Pascal bossait et je lisais. J'ai répété à plusieurs reprises que je devrais y aller. Espérant contre toute attente, qu'il insiste pour que je reste encore cette nuit. Mais, il ne l'a pas fait. ça m'a travaillé. Et je crois que j'avais un peu de peine, parce que j'espérais vraiment que Pascal me demande de rester.
Vers les 16h, je suis partie. J'avais la boule à l'estomac. J'espérais que Caro ne viendrait pas, dès que j'ai le dos tourné. J'espérais surtout que Pascal ne l'accepterait pas. Mais, je crois que j'en demandais un peu trop. Je ne savais toujours pas comment faire pour l'évincer. L'arracher de notre vie.
Le trio qu'on formait, qui marchait bien, ne me convenait plus. Caro avait pris trop de place. Trop de place dans son coeur. Il fallait que je trouve une solution et vite. Je voulais que ça vienne de Pascal. Je ne voulais pas qu'il se rende compte que j'avais perdu mon assurance. Je ne voulais pas qu'il puisse penser que j'étais jalouse.
J'aurai dû me sentir bien chez moi, j'étais enfin seule, et je pouvais faire ce que je voulais, quant je le voulais. Mais je n'étais pas tranquille. J'étais presque sûre que Caro était chez lui.
Pascal m'a appelée vers les 18h. J'étais persuadée qu'il m'avait appelée pour éviter de le faire quant elle serait là. Ou, elle y était déjà et qu'il voulait se débarrasser de la corvée. Question d'être tranquille pendant le souper. Ah, de ne pas être sûre, de ne pas savoir me bouffait trop.
Au téléphone, méfiante, je lui ai demandé si elle était à côté de lui comme l'autre fois, il m'a dit que non. Mais, je ne l'ai pas cru. Dès que j'ai raccroché, j'ai sauté dans ma voiture pour aller vérifier par moi-même. Au moins, comme ça je savais, au lieu d'imaginer des choses. Ou peut-être de me fâcher avec lui et d'avoir tord.
Et j'ai été déçue, Caro était bel et bien là... Sans Bekky peut-être, mais elle était bien là.
Je n'ai pas eu le courage de rester pour voir si elle allait dormir chez lui, parce que je crois que j'aurai débarqué. Je ne l'aurais pas supporté. Je suis rentrée le cœur gros et en larmes. J'essayais de me persuader qu'il n'y avait pas de raison de je me fasse un sang d'encre. Que c'était normal qu'elle soit là et qu'il ne me le dise pas.
Mais rien à faire, je n'arrivais pas à me calmer. Ni à faire disparaître le mauvais sentiment que je ressentais, ni ma boule à l'estomac. Et j'ai dû faire un gros effort pour ne pas faire demi-tour et aller me planter là-bas, pour la faire partir. Je savais que je ne devais pas, mais l'envie d'aller faire une scène me donnait la chair de poule.
Ce serait la pire chose à faire, alors j'avais eu raison de partir et rentrer chez moi. J'ai espéré qu'il m'appelle après le dîner, mais niet. Rien. C'était mauvais signe. Il devrait se douter que je devinerais pourquoi il n'avait pas rappelé. Comme les hommes peuvent être con! C'est toujours par de petites choses comme ça qu'ils se font prendre.
Tout ça m'épuise, j'en peux plus! Je devrais pas, mais je flippe! Est-ce qu'il m'aime toujours? Est-ce que je dois m'inquiéter?
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