Mar - 6 Fév. 2024 - Pas la forme
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Mar - 6 Fév. 2024 - Pas la forme
J'ai de la peine à me bouger ces temps. Je n'arrive pas à m'accrocher à mon travail pour arrêter d'avoir la tête qui tourne autour d'un seul et unique sujet; Pascal. Ça va pas terrible avec lui. Je n'arrive pas à savoir ce qu'il pense. Je ne comprends pas ses réactions ou actions. Je suis perdue. Il me fait tourner en bourrique.
Aujourd'hui, enfin un petit rayon de soleil dans mes divagations, avec l'appel de Thomas. On n'a pas encore réussi à avoir une heure précise pour nos blablas de la semaine. La différence d'heure et son adaptation doivent certainement en être la cause. Il me manque beaucoup. Son visage souriant, son entrain me manque.
C'était rare, mais la conversation a eu de la peine à démarrer. J'ai compris pourquoi, quant j'ai réalisé qu'il avait des questions qui lui brûlaient la langue. Il avait entendu que ça ne se passait pas très bien avec Pascal ces temps, alors Thomas voulait savoir comment j'allais et comment je supportais tout ça.
Je savais que Thomas était au courant, forcément. Pascal parle souvent avec Jess et les enfants en visio phone. c'est détestable, mais je l'ai entendu mentionner 1 ou 2 fois qu'on faisait une pause. Ça m'avait assez énervé qu'il parle de nous avec sa femme. J'ai reproché à Thomas de commencer d'avoir la langue de bois.
On s'était toujours dit les choses en face, sans détour. Si on avait pas envie de parler de quelque chose, on le disait aussi direct. Là, il avait eu peur de remuer le couteau dans la plaie, parce qu'il me pensait sensible. Et il sait mieux que quiconque combien j'aime Pascal. En fait, il se faisait du soucis pour moi.
J'ai dit que je pensais que Pascal supportait mal son absence. Thomas a paru surpris et un peu sceptique. J'ai dit que c'était pareil pour moi. Il faisait tellement parti du paysage, que son absence nous rend triste.
Thomas a avoué qu'on lui manquait beaucoup et que c'était pénible d'être sous la loupe des parents à Pascal. Je remarquais pour une fois, qu'il n'a pas dit "nos parents". Il les considérait comme ses parents. Je lui en ai fait la remarque. Thomas m'a alors dit que ce devait être le fait d'être adopté peut-être.
Les parents à Pascal sont devenus les siens à la mort de ses parents adoptifs. Et il considère Pascal comme son petit frère. Petits, ils y avaient une sorte de rivalité, mais ça ne venait pas de Pascal, mais de lui. Il pensait que les enfants adoptés cherchent à tout prix à gagner l'affection de leurs nouveaux parents.
Ce devait être ça. Après avoir mis sur le tapis ce qui lui trottait dans la tête, on a vite repris notre rythmique. J'étais tellement contente d'avoir de ses nouvelles dans ces temps difficiles. Ok, on se parle toutes les semaines, mais je pense que j'étais contente d'avoir eu à parler de mes problèmes avec Pascal.
Je pense que Thomas est la seule personne avec qui j'en parle volontiers. Je ne le devrais pas, parce que si un jours on se sépare définitivement, je réaliserai douloureusement que je ne fais pas partie de sa famille. Ça se passe toujours comme ça, et ça ne ferai pas de différence là non plus. Je dois me détacher.
Son appel m'a reboosté, alors j'ai voulu me remettre au travail... mais j'ai vite réalisé que ma tête était complètement vide...
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