Mer -15 Fév.2023 - Yatch de Luxe
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Mer -15 Fév.2023 - Yatch de Luxe
J'ai décidé de ne pas faire ma mauvaise tête, et de me montrer cool. Je ne voulais pas faire honte à Pascal. Et comme je n'avais rien à offrir, et que Pascal tenait quand même à moi, au moins montrer mes bons côtés. Laisser mon côté coincé, renfermée au vestiaire. Bien sûr, j'avais envie de m'étaler sur une chaise longue et lire.
Heum, peut-être plus tard. Pour l'instant, je faisais l'effort d'ouvrir la bouche, rire, faire partie du groupe Tenir mon rôle de celle qu'il avait choisi avec raison. Mais voilà, et Caro alors? Comment est-ce qu'elle s'intégrait là-dedans? Bref, j'ai essayé de ne pas laisser mes interrogations s'inscrire dans mon regard ou sur ma figure.
On était déjà descendu dans les cabines et je crois que les choix étaient déjà fait. On avait un énorme lit, et j'ai vite compris que Caro partageait notre cabine, à l'arrière du bateau. Thomas et Roxanne étaient en haut, vers l'avant. En dessous, il y avait Michael partageait sa cabine avec 1 des filles et les 2 autres dans la cabine voisine.
On avait tous accès, depuis nos cabines, au salon qui se trouvait, je crois, au milieu du bateau. On m'a dit que c'était un Yatch, pas un simple bateau. Je me demande où était la cabine du capitaine et de son second! On avait aussi une hôtesse et un steward qui s'occupaient du service.
Bordel, je me sentais minable. J'enviais les gens comme Pascal et ses amis qui pouvaient s'offrir avec autant de facilité ce genre de plaisir. Alors que moi, même en économisant, je ne voudrais pas dépenser autant d'argent, même pour m'offrir un petit moment de luxe. J'avais l'impression que ma pauvreté se voyait à mes vêtements.
J'avais l'impression d'avoir des rags, que mes habits étaient misérables auprès des autres. Mêmes ces allumeuses étaient habillés avec recherche. Je crois qu'elles étaient mannequins, j'évitais de leurs parler. Je me sentais comme une pauvre chose rapportée pour faire bien et montrer qu'on se fiche du statut de personnes comme moi.
Même les vêtements de Caro semblaient mieux que les miens. Afff, ce doit être mon manque de confiance. Je suis rongée par mon malaise, rongée d'angoisse, faisant des efforts phénoménales pour me faire accepter et apprécier. J'étais mal dans ma peau. Encore plus quant Caro et Pascal ont disparu. Du coup, je n'ai pas osé bouger de là, à attendre qu'ils reviennent.
A mon réveil, ils avaient déjeuner, et bavardaient à l'avant sur le pont.J'avais mis un short bermuda, sandale ou sabot de plage, et un t-shirt à Pascal, parce que j'étais plus à l'aise dedans. Je n'avais pas faim, l'estomac trop tordu. Caro était sur Pascal et quant elle m'a vue, elle s'est vite mise sur la place d'à côté, comme s'ils faisaient quelque chose de mal derrière mon dos.
Roxanne avait apprécié sa nuit sur le bateau, mais voulait que ce soir, ils aillent dormir à l'hôtel. Elle a dit qu'elle préférait juste être sur la terre ferme. Moi j'avais dormi comme un bébé, bercée par le doux clapotis de l'eau et dorlotée par le mouvements du bateau.
Quant ils se sont jetés à l'eau un peu plus tard, je me suis rappelée d'un film "Open Water 2", où les protagonistes ont oubliés de descendre l'échelle, et se sont retrouvés coincés dans l'eau. J'ai vérifié l'échelle, mais je ne voulais pas descendre du bateau. Trop peur de rester coincée en bas. Je les ai regardé un moment en souriant.
J'ai fait bien attention que personne n'essaie de me jeter dans l'eau... comme dans le film... Je me suis donc installée sur le pont.
Une des filles me tapait sur les nerfs. Elle faisait tout un tas de mimique en parlant avec les mecs. Ça m'énervait de voir Pascal lui parler et rire avec elle. Mais, j'avais décidé de rester cool. De ne pas faire de crise. Même si j'en étais à mille lieux, je voulais me montrer sûr de moi, calme, sympa.
Si je ne sortais pas avec Pascal, j'aurai passé une super journée, à bavarder avec tout le monde, à faire ma petite vie, au lieu d'être sur les nerfs à surveiller discrètement Pascal, et faire semblant de ne pas remarquer certaines choses. Le soir, on mettait la musique à fond, et on dansait à moitié pété... Je ne l'étais pas vraiment, trop tendue.
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