Mercredi, 20 mars 2019 - Se mentir?

Publié le par JaneDo

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 Mercredi, 20 mars 2019 - Se mentir?

Hum, Pascal a essayé de m'appeler en fin de soirée. Pas de bol, j'étais plongée dans un film qui m'a fait suer de rage. J'ai d'ailleurs fait plusieurs poses tellement que ça m'énervait. Même hésité à faire des "fast foward" pour éviter de voir toute la douleur des victimes et sauter direct à la fin.

Le Film; En retard pour aller chercher sa fille à la sortie de l'école, une jeune femme a cherché désespérément son enfant. A la tombée de la nuit, elle a fini par aller au poste de police se son quartier pour demander de l'aide. Les policiers, bouchés, inutiles et incompétents lui ont dit que sa gamine de 10ans, avait peut-être fait une fugue ou était certainement en train de jouer avec des camarades et rentrerait avant minuit. Non mais franchement? 10ans, en train de jouer? Et jusqu'à minuit? Franchement?

Toujours à parcourir les rues autour de l'école, des aller-retours entre l'école et la maison, la jeune femme tombe sur un attroupement. C'était sa fille, évanouie, avec du sang entre les jambes (faut pas avoir fait l'université pour deviner). La petite fille avait été violée, torturée.

Bref, le reste du film, on a fait face à l'incompétence de la police, du dédain de son mari sur la gravité de l'agression. Le mari, homme en vue et célèbre ne voulait pas que le viol de sa fille entache son image. Donc, il a payé le policier pour clore l'affaire.

On pouvait voir la pauvre maman faire elle-même une enquête pour retrouver le minable. Même discuter avec une assistante sociale, qui lui disait que le détraqué n'irait peut-être même pas en prison. Que la justice oblige la victime à venir raconter, encore et encore, son viol (à croire qu'ils prennent leurs pieds à écouter les détails), et que malgré cela, vue l'âge de l'enfant, les juges risquent de ne pas la prendre au sérieux, et le type sera relâché.

J'étais verte de fureur. La maman, désespérée. Elle a retrouvé le pourri, hurlé pour de l'aide. Et les flics n'ont rien fait. Juste écouté les 2, et pris plus au sérieux le mec qui disant que cette folle le harcelait. Puis, le flic en charge du dossier, lui a gueulé dessus, en lui disant qu'il n'était pas son détective perso, et qu'elle lui compliquait la vie. Non mais? Elle lui compliquait la vie? Plouk! Qu'elle devait arrêter de l'ennuyer avec cette affaire. Qu'elle n'avait qu'à se débrouiller toute seule.

Et c'est ce qu'elle a fait... la fin m'a fait plaisir. Elle s'est occupée de lui propre en ordre. Et du même coup de son mari, qui estimait qu'un viol n'était pas grand chose et que ça s'oublie avec le temps.

Soulagée par la belle fin, je me suis levée pour me faire un café, prête à regarder mon film suivant, quant j'ai vu l'appel. Ça m'a coupé les pattes. J'avais passé toute la journée à surveiller mon natel, et c'est quant j'arrive enfin à oublier ce foutu natel qu'il m'appelle. Poisse. J'ai regardé l'heure. C'était un peu tard. Est-ce que j'essaie de le rappeler? Après une bonne vingtaine de minutes à tergiverser, j'ai pris mon courage à 2 mains et j'ai tenté ma chance.

Pascal a répondu à la 3ème sonnerie. Entendre sa voix était comme une décharge électrique. Mais, mon enchantement était de courte durée. L'appel n'a duré que quelques secondes. Il était avec du monde et ne pouvait pas parler et a promis de me rappeler demain.

Dégoûtée, pourtant sans raison, j'ai jeté mon natel en direction d'un coin du canapé. Je savais bien que ce n'était pas le bon moment pour le rappeler, mais je l'avais quand même fait. A quoi je m'attendais! Aïe, mon natel a atterri par terre. Ce n'était que la 4ème fois qu'il tombait cette semaine. Je n'arrive déjà plus à faire de photos, elles sortent toutes flous, alors j'ai vérifié s'il fonctionnait toujours. Ouf, oui.

Argh, après, comme des millions de filles avant moi, je me suis racontée mon propre comte de fée; Pascal m'avait tout de même rappelée, donc, je ne devais pas me laisser abattre. S'il en avait rien à foutre, il ne m'aurait pas rappelée. Voilà, j'étais reboostée. Et voilà comment on commence à se mentir à soi-même...

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