Sam - 27 jan 2024 - Un petit dégel ?
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Sam - 27 jan 2024 - Un petit dégel ?
Évidemment, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Une chose pourtant me tarabustait. Pourquoi Pascal m'avait-il installé dans sa chambre, alors que c'est lui qui voulait qu'on garde nos distances? Bah, je ne comprenais plus rien. Il y a définitivement quelque chose qui ne va pas... Il se passe quelque chose, qu'il essaie de me cacher.
Bon, vu la situation, j'aurai pu partir. Quitter le chalet et rentrer chez moi, sans un mot. J'aurai dû prendre ma voiture, parce qu'après tout, les routes étaient bonnes. Il n'y avait plus de neige en plaine. D'un autre côté, c'était bon signe qu'il m'ait installée dans sa chambre, non? Oui, puis après il me plante toute seule au chalet... Mouais!
J'aurai pu détaller de sa chambre, c'est clair. Mais, m'aurait-il cherchée? Ou aurait-il été soulagé? C'était peut-être pour ça qu'il m'a planté au chalet. Il aurait pu m'attendre, ou venir m'avertir, non? Je me sentais vraiment pas bien. J'avais l'impression que tout le monde se rendait compte de la façon qu'il me traitait.
Ils se demandaient tous sans doute pourquoi j'étais venue. Personne ne semblait s'intéresser à moi, et se foutaient pas mal de ce que je faisais. J'étais de trop. Ou est-ce que je me sens comme ça à cause de l'absence de Thomas. Thomas me faisait toujours me sentir la bienvenue, à ma place. Impossible de m'endormir.
J'aurai pourtant voulu être dans les nuages, si d'aventure Pascal rentrait. Je ne voulais pas qu'il me trouve là, comme une pauvre fille (que je suis), qui attend qu'il arrive. J'ai entendu du bruit en bas, et j'ai regardé l'heure. 1h du matin. Wah, c'est tard et tôt. Que faire? Descendre? Pfff, j'aurai l'air encore plus misérable.
Donc, je suis restée au lit. J'avais fait toute une mise en scène, pour faire croire que j'étais restée là par choix. Un livre entre-ouvert dans la main, une jambe qui dépasse. L'autre bras derrière la tête. Comme si je m'étais endormie alors que je lisais. Bout d'épaule qui dépasse, parfumée et crémée, bref... le cinoche quoi.
Pascal est entré dans la chambre sur la pointe des pieds. Il s'est assis au bord du lit et je pense qu'il m'observait. J'avais peur qu'il remarque que mes yeux clignotaient, alors je me suis tournée. Il a fait le tour du lit. Il m'a fait un petit bisou sur la tempe, remonté les couvertures, et a voulu m'enlever le livre que je tenais.
Je m'y suis accrochée à mon bouquin. J'ai alors fait semblant de me réveiller. Je me frottais les yeux. On s'est regardé quelques secondes sans rien dire. Je me demande pourquoi il avait le regard si triste. Pascal s'est excusé de m'avoir réveillée et a voulu tourné les talons pour s'en aller. J'ai attrapé sa main.
- Ça va pas? Tu n'as pas l'air dans ton assiette?
Il m'a regardée un moment, puis il s'est rassis sur le lit. Il a esquissé un petit sourire, qui avait l'air aussi triste que ses yeux. Il a dit que ça allait. Et s'est encore excusé de m'avoir réveillée.
- Tu as l'air... si triste... Il s'est passé quelque chose?
- Non, non, rien. Ça va, t'inquiète pas.
Si je m'inquiète? Pas du tout. Au contraire, s'il avait passé une mauvaise soirée, j'aurai tendance à m'en réjouir. Il a dit qu'il allait redescendre et voulait savoir si je voulais quelque chose quant il remonte. J'ai dis que je dormirais surement, donc non. A la porte, il s'est retourné pour me demander si je voulais descendre avec lui. J'ai fait non de la tête.
Que dalle. Je ne voulais pas. J'avais déjà la honte vis à vis des autres, je n'allais pas en rajouter en descendant avec lui, pour qu'il me laisse planté dans un coin. Autant garder ma honte pour moi, cachée dans ma tête.
Comme je m'y attendais, Pascal n'est pas remonté tout de suite. Il traînait en bas. Tout un tas de pensées m'ont traversé l'esprit, comme quoi, il avait peut-être été dormir avec Caro pour m'éviter, ou pire, avec une autre que je ne connais pas. Je me sentais misérable. Peut-être que je ferais mieux de rentrer quant il sera sur les pistes.
Évidemment que je voulais être dans le coma quant Pascal remonte, mais impossible d'arrêter les horribles bouts de films qui tournaient dans ma tête. Ha, j'ai éteints, et essayé de dormir coûte que coûte. Impossible. Puis, j'ai entendu des bruits devant la porte. La porte s'est entrebâillée. C'était Pascal qui jetait un œil dedans.
Je pense qu'il voulait voir si je dormais. Il était avec ce crétin de Nolan qui s'est allongé pour voir dans la chambre. Impossible de me rapprocher de la porte pour entendre. Ce devait être plus de 2h du matin maintenant, ou même 3h. Pascal faisait attention de ne pas me réveiller. Mais j'étais tellement soulagée qu'il soit là.
J'étais tellement contente qu'il soit rentré, et qu'il soit là, que je commençais à m'enfoncer dans la ouate. J'ai eu un petit pincement au cœur, parce que quant il s'est couché, il m'a tourné le dos. J'ai failli éclater en sanglots. C'était tellement vache, tellement pas celui que je connaissais. Le sommeil est parti d'un coup. J'étais éveillée.
Puis, après quelques minutes, Pascal a fini par se retourner et me prendre contre lui. Puis, il m'a serré fort. En me faisant un bisou sur la tête. Je sentais son cœur battre. Je crois qu'il avait les yeux ouverts. Je ne sais pas. Puis, je l'ai entendu murmurer tout bas; "Jane, je suis tellement désolé...". Il me serrait fort et j'ai fini par sombrer.
Pourquoi était-il si triste hier soir? Quelqu'un lui a fait du mal? Rien que cette pensée m'a fait mal aussi. Je déteste qu'on lui fasse du mal. Je pense que je l'aime plus qu'il ne m'aime, mais tant pis, je n'aime pas que qui que ce soit lui fasse du mal. Il n'y a que moi qui en ait le droit. C'est rare de le voir si triste...
Je me suis réveillée pendant que Pascal prenait sa douche. C'est drôle, mais il fuyait mon regard. J'ai tout à coup décidé de faire le contraire de ce qu'on pourrait attendre après les évènements d'hier, et de notre dispute au téléphone. Une fois douché et habillé, il s'est assis sur le lit pour débrancher son natel, mettre sa montre, etc.
Je l'ai entouré de mes petits bras potelés, en frottant ma joue contre son dos. J'ai senti qu'il s'était figé quelques secondes. Carrément surpris que je ne fasse pas la gueule, ou commence à lui demander des explications. Rien. J'ai décidé de la jouer à contre sens. Je me suis extirpée du lit pour courir me brosser les dents, et vérifier mon allure.
Bon, bien sûr regarder comment était mes cheveux. Pas que j'aie l'air d'un épouvantail. En revenant, Pascal était debout, près à descendre pour le petit déjeuner et partir skier. Il a demandé s'il devait m'attendre. J'ai haussé les épaules. Je n'y avais pas pensé... J'ai vite ramassé un training pour aller me changer dans la salle de bains.
En sortant de la chambre, j'ai enfilé ma main dans la sienne. J'ai senti de la résistance. Il a voulu me la retirer. Ça ça fait hyper mal quant on s'en rend compte. Donc, il a enlevé sa main pour fouiller dans sa poche. Dès qu'il a eu fini, j'ai repris sa main. C'était comme un coup de poignard de le sentir si froid.
Alors j'ai attaqué. Pas le choix. J'ai dis que je pensais que c'était mieux que je rentre chez moi. Oui, j'avais envie de rentrer.
On était en haut des escaliers. Pascal s'est figé et il m'a demandé pourquoi. Pourquoi est-ce que je voulais rentrer. Hum, il a peut-être soudainement oublié qu'il m'avait planté ici toute seule hier soir? Et il se demande pourquoi je voulais rentrer? Il est sérieux? Bon, j'avais le sourire, comme si je n'avais pas de cervelle. Pascal ne pouvait pas deviner que je n'avais rien oublié.
J'ai voulu faire un pas pour continuer à descendre. Il m'a retournée vers lui et m'a demandé si je voulais qu'il reste là aujourd'hui, et qu'on en discute. Pfff, discuter? Quelle blague. Que non, je ne voulais rien discuter. Rentrer était la meilleure chose à faire si je ne voulais pas repasser une soirée de merde sous les yeux de tous.
Je le regardais avec de grands yeux, comme si je ne comprenais rien. Il a alors dit qu'il restait là, et qu'on passerait la journée ensemble. Ciel? Qu'est-ce qui lui arrive à lui? Il me traite comme si je n'existais pas, puis quant je veux détaller pour lui foutre la paix, il me demande de rester? Clair que je ne comprenais rien!
Nolan a commencé à nous héler, pour savoir ce qu'on foutait là-bas en haut. Pascal a tourné la tête vers eux, puis vers moi, et il m'a dit qu'il restait là. Il m'a entrainé à nouveau vers la chambre, au lieu de descendre. J'ai fait la bécasse, et lui ai demandé ce qui se passait. Il a voulu savoir pourquoi je voulais rentrer tout à coup.
Je n'ai rien répondu. Répondre serait me découvrir, alors autant rester bouche cousu. J'ai souri, et lui ai dis que ce serait mieux. Que je n'étais pas très en forme, c'est pour ça que je n'étais pas sortie hier. Je n'avais pas envie de bains de foule, pas envie de boire, bref, c'était mieux que je rentre chez moi, je ne voulais pas être un poids.
Pascal avait l'air tourmenté. Je ne sais même pas s'il m'avait entendu, il avait l'air ailleurs. Il a redit qu'il restait là. On pouvait aller déjeuner plus tard. Je lui ai dis d'aller skier, qu'il ne devait pas rester là juste pour moi. Avec un sourire, il a dit que j'allais en profiter pour filer en douce. Alors non, il n'irait pas sur les pistes pour skier.
Il faisait plutôt doux pour la saison, alors il m'a proposé de monter avec lui se faire une terrasse, pendant que les autres skieraient. Pas envie. J'avais passé une soirée de merde, et je ne rêvais que d'une chose: retrouver mon canapé et ma télé. Bien sûr, je savais que je le regretterais, mais ce ne serait pas pire que la soirée d'hier.
Comme il avait l'air sérieux, j'ai fini par m'adoucir et lui dire que je ne filerai pas. Promis. Je resterais là, je n'avais pas terminé mon livre, alors il ne fallait pas qu'il s'inquiète pour moi. Il n'arrivait pas à me croire, alors j'ai dû insister. Je me suis même jetée dans ses bras pour voir s'il allait resté comme un poteau ou essayé de me repousser.
Il m'a serré dans ses bras. C'était aussi doux qu'hier soir quant il m'a serré contre lui pour dormir. Enfin, un petit dégel. Jusqu'à maintenant, je sentais qu'il me gardais à l'écart, évitait les contacts. Et si je tentais quoi que ce soit, il s'arrangeait pour m'éloigner avec une pirouette. Là, c'était un vrai câlin. Et... il m'a embrassée...
Là, c'est moi qui l'ait repoussé en lui demandant ce qu'il faisait. Mais oui quoi? Il voulait de l'espace, il est froid, distant, limite désagréable, puis il me serre dans ses bras et me roule un patin? J'en perds mon latin moi là !!! Les choses ont vite dérapé. Je me suis retrouvée plaquée contre le matelas, avec un Pascal chaud comme la braise. Je ne comprends plus rien de rien...
On se parlait pourtant calmement. Puis, il m'a regardée sans rien dire, avant de s'avancer pour prendre mon visage entre ses mains. Il s'est mis à m'embrasser comme s'il me m'avait pas embrassée depuis des siècles. Ses mains ont commencés à déraper. Au début, je ne voulais pas, je me sentais utilisée...
Il avait été si atroce avec moi, et maintenant quoi? S'envoyer en l'air? Comme ça? Ça me picotait, et les larmes ont fini par sortir malgré mes efforts pour les contenir. Il m'a essuyé les yeux, a continué à m'embrasser. Je commençais à fondre, et ça m'énervait d'être si faible, si manipulable. Je devrais lui résister... mais... je suis une faible femme!
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