Ven - 21 oct 2022 - Retour au chalet
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Ven - 21 oct 2022 - Retour au chalet
J'étais plus qu'impatiente d'aller au chalet, mais en même temps, j'ai l'estomac noué. J'ai peur. J'ai peur de me sentir seule, mise de côté, de trop, etc. J'ai demandé à Caro de monter ensemble, mais elle montait avec Pascal. Gênée, elle m'a dit que je n'avais qu'à monter avec eux. Mais, il n'y a pas encore de neige, alors je pouvais prendre ma voiture.
Je pense que, parce que j'ai proposé ça, qu'elle s'est mise à insister que je monte, comme on le faisait d'habitude, avec Pascal.
Alors, j'ai sauté sur l'occasion. Ça lui a coupé la chique, c'est comme ça que j'ai su qu'elle ne le pensait pas vraiment. Elle était persuadée que je prendrais ma voiture. Pour faire la bonne copine, elle a fait semblant de vouloir me faire changer d'avis. Tsss, elle a été prise de court quant j'ai accepté. Donc, j'avais rendez-vous chez elle. J'étais à l'heure.
D'habitude, je m'installe à l'avant, mais là, j'ai pensé que je devais m'installer à l'arrière. J'aurai peut-être dû faire comme d'hab., parce qu'après tout, on a pas rompu, on est juste en froid. Mais, dans le doute. Je n'ai pas beaucoup participé à la discussion. Je ne parlais qu'avec Caro en fait. Pascal ne me parlait pas.
Mais pendant tout le trajet, j'ai vu qu'il me jetait des regards par le rétroviseur. Nos regards se sont croisés quelques fois.
Arrivé au chalet, je suis montée pour poser mes affaires dans la chambre de Caro. Elle aussi. Quant je suis redescendue, je n'ai pas vu Pascal. Il devait être dans une des autres pièces. En tous cas, j'ai réalisé, ou senti qu'il m'évitait. Je ne pouvais quand même pas me mettre à tourner comme une hélice et le chercher. Ce serait me ridiculiser.
D'habitude, il est soit près de la cheminée, ou assis sur les canapés près de la cheminée. La cheminée principale. Là non.
Franchement, je me sentais perdue. Seule. Je ne savais pas vers qui me tourner, pour ne pas avoir l'air de ne pas savoir ce que je faisais là. J'avais mon bouquin sous le bras, mais ce serait vraiment me mettre d'emblée à l'écart si je me mettais déjà à lire dans mon coin. Grace au ciel, Thomas est venu me récupérer.
Je ne peux pas décrire ça autrement. Thomas est venu me saluer, puis de file en aiguille, il m'a entraînée vers le groupe avec lequel il discutait. Ils discutaient à propos des trucs pour demain; grimpette, parapente, etc. Moi, je n'irai nul part. Je resterais au chalet et je passerai la majeure partie de ma journée à lire. Peut-être un peu de piscine.
Roxanne n'aimait pas venir au chalet, et Thomas semblait aux anges de ne pas avoir sa femme dans les pattes. Pascal et lui ne se parlait pratiquement pas. Puis, du coin de l’œil, j'ai vu Pascal passer. Après, disparu. J'avais le coeur serré, comme compressé, écrabouillé dans ma poitrine. J'avais de la peine à respirer.
Je me forçais à sourire, à papoter, rigoler, mais c'était tout du chiqué. Je ne me sentais pas très bien. J'avais envie de pleurer, parce que je me sentais abandonnée. Pascal faisait comme si je n'étais pas là, comme si je n'existais pas, et ça me faisait mal partout. Intérieurement, je tremblais comme une malade en manque.
Mais j'ai ma fierté, et je ne pouvais pas et ne voulait pas qu'on puisse voir à quel point j'étais mal, et au bord du gouffre. Il me semblait que les bonnes femmes étaient très jeunes. Elles étaient bruyantes, riaient forts. Tout pour se faire remarquer. Bon, elles étaient aussi jolies, ce qui n'étaient pas très rassurant dans ma tête.
Une toute petite bande a décidé de sortir prendre un verre et aller en boîte. Pour la plupart, on faisait la même chose ici, que dans un bar ou en boîte. En bas, il y avait de la musique, et on pouvait danser.
Moi, j'avais du plomb dans les jambes, je n'aurai même pas pu me secouer pour faire semblant de danser, alors je me suis abstenue.
Par contre, le coeur au fond des pompes, j'ai regardé Pascal danser, et rigoler, et faire le clown... J'étais mortifiée. Il m'avait oublié. Pace ne regardait même pas dans ma direction. Après des heures de tortures, je voulais aller me coucher. Fuir. Mais, la peur qu'il se passe quelque chose en mon absence m'a fait rester.
Hum, comme si quelque part, je croyais que ma présence l'empêcherait de faire des bêtises... Ahhh, je souffrais... Les portes vitrées de la piscine étaient ouvertes sur l'extérieur. Ceux du jardin d'hiver aussi. Il faisait frais, mais pas froid. Je suis sortie quelques fois pour fumer. Mais, en réalité, c'était surtout pour souffler... éviter de pleurer...
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