002...1/4 - Dur de prêter mon mec...

Publié le par JaneDo

02 Janvier 2010 - samedi
(dans la nuit du 1er après minuit, au matin du 2 janvier)

Pascal était surpris et m'a regardé de travers. Bon, ça l'a un peu dessaoulé. Le 1er janvier commençait à peine et je n'avais rien contre le fait qu'il se tape Caroline? Huh! Il ne m'a pas prise au sérieux. Mais, après 1 verre ou 2 de plus, son sourire était au beau fixe. Pascal était plus détendu et un peu moins sur la défensive quant Caroline l'approchait.

J'ai donc pris Caroline à part pour discuter avec elle. Quant je l'ai approchée, elle avait sursauté. Elle avait pensé que je voulais lui sauter à la gorge ou lui taper dessus, ou un truc du genre. Mais à mesure que je parlais, ses yeux se sont écarquillés. Elle était bouche bée.

J'ai mis les choses au clair; on n'était pas amies pour autant, je lui prêtais Pascal, que c'était juste pour cette fois, parce que je savais ce qu'elle endurait. Elle était follement amoureuse de Pascal elle aussi. Je comptais sur sa discrétion et qu'on en reparlerait pas. Après ce week-end, je préférais qu'on fasse comme si de rien, que tout redevienne comme avant. Caroline me regardait avec de gros yeux, mais je savais qu'elle ne refuserait pas, même si elle aurait préféré que ça vienne de Pascal. Caroline savait que je serais certainement là. Malgré tout, c'était une de ces occasion qu'on ne pouvait pas laisser passer.

On avait fait à peine 1h en boîte. C'était intenable, il y avait trop de monde. En rentrant, on a encore traîné avec les autres au salon à bavarder. Caroline est montée se préparer et attendre mon signal. Elle était tendue comme une arbalète.

Une fois les choses au point, il n'y avait plus qu'à attendre...

Pascal m'attendait et s'était presque endormi. Pour l'occasion, Caroline avait juste passé un déshabillé satiné par dessus ses sous-vêtements. Elle connaissait les goûts à Pascal. Elle s'est glissée sous les draps et s'est collée à lui en le caressant, ce qui l'a quelque peu sorti de sa torpeur. Il s'est retourné pour la prendre dans ses bras.

Pour l'avoir déjà expérimenté, je savais que ce serait dur, mais en même temps, pas tant que ça puisque je serais là.

C'était assez difficile à regarder; le voir l'embrasser, ces lèvres que j'aime se promener sur le corps d'une autre, remonter le long de son épaule, s'attarder au creux de sa gorge pour lentement remonter lui manger les lèvres, de voir ses mains se faufiler sous son déshabillé, ses cheveux lui balayaient le visage. Soupirs de plaisirs, les doigts qui s'entremêlent, se nouent...

Oui, c'était difficile à regarder, j'aurai voulu pouvoir entrer dans la peau de Caroline; entrer dans son corps et son esprit... C'était pas possible. Le seul moyen que j'avais de m'en approcher, était d'être là. Comme ça, ça fait moins mal que d'imaginer...


Pascal a eu un mouvement de recul. Il a voulu allumer, aucune lumière ne fonctionnait dans la chambre, je m'en étais assuré. Pascal a eu une petite hésitation, puis il s'est penché pour l'embrasser à nouveau avant de se laisser tomber de son côté, un bras sur les yeux.

Caroline? Je crois que tu devrais t'en aller. S'il te plaît.
▪ C'est Jane qui...
▪ Ça, j'avais deviné. Va-t-en, s'il te plaît!

Pascal s'est assis au bord du lit en lui tournant le dos à attendre qu'elle s'en aille. Je me demande à quoi il pensait? Caroline a hésité, a voulu le toucher, a changé d'avis. C'était foutu, ça avait foiré. Comme elle devait être triste.

Quant Pascal a quitté la chambre, je me suis précipitée à sa recherche. Pas de panique. Il était au salon, appuyé au bar, il discutait avec une bande de copains. Pascal avait le visage fermé. Pas très souriant. Il m'a jeté un regard indéfinissable avant de me tendre le bras pour que je vienne à lui. Comme on ne s'adressait pas la parole, j'ai voulu aller vers Vania qui discutait avec une copine, mais Pascal m'a retenu fermement. J'aimais bien quant il usait d'un peu d'autorité, mais là, j'étais un peu tendue.

Caroline est redescendue au salon elle aussi. Glups, elle avait les yeux tous rouges. Elle avait dû pleurer. Pascal a évité de croiser son regard. Stupidement, j'ai eu mal au cœur pour elle.

Pascal ne voulait pas parlé de ce qui s'était passé. Il avait la mine boudeuse. C'était chiant, mais j'y tenais, je voulais savoir le pourquoi du comment. Il ne comprenait pas pourquoi j'avais fait ça. Pascal pensait que c'était trop risqué et que ça pouvait tout gâcher entre nous. Il se demandait si je n'essayais pas de le jeter dans les bras d'une autre parce que je cherchais une excuse pour rompre. Pfff, sûrement pas.

Mais, je voulais qu'il puisse profiter de tous, s'amuser, se sentir libre, malgré le fait qu'il soit avec moi, mais pas trop quand même. Parce que je l'aimais. De toute façon, je savais que Caroline ne lui était pas indifférente, qu'elle lui plaisait. Il l'avait reconnu.

C'était un peu difficile de parler en dansant, alors on s'est isolé dans un coin un peu à l'écart du bruit.

Tu en avais envi, n'est-ce pas?
▪ Bien sûr que si! Je ne serais pas normal sinon, non?


Et si je ne le supportais pas, on fera quoi? Je lui ai dit que je ne l'aurais pas proposé si je ne pensais pas pouvoir le supporter. Et si ça nous causait des problèmes? Toucher une autre fille devant moi? Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas.

J'ai voulu savoir quant est-ce qu'il s'en était rendu compte. Ça l'embarrassait de me répondre, mais heureusement il l'a fait quand même... La peau, le toucher, pas la même odeur (pourtant, je lui avais prêté un de mes parfum), la façon d'embrasser et enfin, pas les mêmes soupirs... Je lui avais promis une surprise, mais il ne s'attendait pas à ça.

Comme il était plutôt cuit, son sourire est vite réapparu et on est retourné faire la fête. Pendant qu'on discutait, on avait bu encore quelques verres. Je ne voulais pas le saouler, juste qu'il soit moins coincé, plus détendu et fou-fou. Quant on dansait, j'ai su, comment dire, qu'il était à point. Il avait retrouvé son adorable sourire coquin et farceur.

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