005 - Alors? C'était comment avec Caroline?
05 janvier 2010 - mardi
Pascal m'a invitée à dîner. On avait un peu plus d'1h, alors on ne pouvait pas vraiment discuter sérieusement. Bref, je ne pouvais pas commencer la longue liste de questions que j'avais à lui poser. Le voir devoir repartir au travail et avoir des heures pour concocter des réponses... pas vraiment. Donc, niet.
Je crois que Pascal n'a aucune idée de ce qui me préoccupe. Il avait remarqué une certaine tension. Pour noyer le poisson, je lui ai raconté ce qui était arrivé pendant mon absence et pourquoi ma famille avait essayé non-stop de me joindre. Donc, il a dû croire que c'était ça...
Contrairement à mon habitude, je lui ai demandé si on pouvait se voir ce soir, et comme je le pensais ça l'a complètement pris au dépourvu et surpris. Il avait prévu de se coucher tôt. Le soir, chez lui, je n'ai pas tourné autour du pot...
- Alors? C'était comment?
Pascal a fait semblant de ne pas savoir de quoi je parlais, mais à son regard, il le devinait très bien. Alors, j'ai dû lui mettre les points sur les "i".
Ça commençait mal. Comme je l'avais pensé, Pascal ne voulait pas en parler, ce qui ne faisait qu'augmenter mon angoisse. Voilà pourquoi ce serait tellement bien si on pouvait se transposer dans le corps et la tête de quelqu'un d'autre, de l'autre. Je n'avais aucune idée de ce qu'il pensait vraiment, ni ce qu'il ressentait. Je faisais partie de sa vie, j'avais le droit de savoir, mais il me tenait à l'écart comme si ça ne me concernait pas.
Il proposait qu'on laisse tout ça derrière nous, qu'on devrait juste oublier. Ha! Facile à dire pour lui, non? Finalement, Pascal m'a dit que ce serait sûrement plus facile d'en parler avec un copain qu'avec moi.
Super! Pourquoi son copain aurait-il le droit de partager ses impressions, plutôt que moi? Son pote n'est pas concerné que je sache? C'est pas son copain qui avait mal?
Pascal avait peur de dire quelque chose qui risquerait de me faire de la peine, ou que je le comprenne de travers et qu'on finisse par se prendre la tête. Et comme j'avais toujours tendance à cacher mes sentiments...
- Jane, pourquoi si tu ne le supporte pas? Je comprends pas. Et pourquoi Caro par dessus tout?
Ça y est, il essayait encore de noyer le poisson en changeant de direction. Parler de ce que Caro et moi pensions l'une de l'autre!!!
- Je savais qu'elle en avait envie, et toi aussi, quoique t'en dise...
Pascal a prétendu qu'il n'en avait pas eu envi avant que je n'en parle, n'y avoir pas du tout pensé, même pas une seconde. Que ce n'est qu'après lui en avoir parlé qu'il a commencé à regarder Caro autrement, à se demander si oui ou non, et comme une éventuelle partenaire sexuelle. Je n'y croyais pas. Il a d'ailleurs reconnu que ça lui était arrivé d'avoir eu envi de l'embrasser ou d'y avoir pensé, mais sans plus. Difficile à croire.
Pascal a finalement admis que c'était bien, vraiment bien. Ça lui avait plu. Qu'il mentirait s'il disait que ce n'était pas palpitant. Mais que ce n'était pas à comparer avec nous, que ça n'avait rien à voir. Que s'il avait à choisir entre ce qu'il y avait entre nous et une soirée de folie, y avait pas photo, aussi palpitant que ça pouvait être. De mon côté, j'ai aussi essayé d'être le plus honnête possible.
- Honnêtement, je crois que... Je n'avais pas envie que tu me quitte ou que tu penses que tu ne m'aimes plus parce que tu avais envi de passer du temps avec une autre fille ou de coucher avec elle.
- Je t'aime toujours autant, sinon plus encore... Je t'aime à mort et je ne crois pas que cela risque de changer quoi qu'il arrive.
Il allait ajouter "je crois", mais il s'est arrêté avant. Glups. Après ça, on a changé de sujet. Je ne voulais pas devenir chiante en insistant lourdement ou en posant tout un tas de questions, et pourtant, j'en mourrais d'envie. J'aurai voulu n'être qu'un simple pote pour qu'il me parle en toute franchise. Hahhh, si seulement j'avais la capacité de prendre l'apparence de quelqu'un d'autre... J'aurai probablement commencé par prendre la place de Caroline...
Bahh, je risquais aussi de finir en larmes, alors autant éviter! Ma lâcheté habituelle a repris le dessus et j'ai laissé tombé. Pour le moment.... Je me suis lovée dans ses bras et effacer temporairement le reste de ma tête. C'est vrai que rien n'avait l'air d'avoir changé entre nous...
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------ C'était comment avec Caroline? - (005) - mar.05.jan.10 ------