014/11 - Je me torture
Vendredi 14 janvier 2011
Rien foutu de la journée à part aider Marie, à lui montrer comment transférer ses films DV sur son ordi pour en faire des DVDs. Ce n’était pas ce que j’avais prévu pour mon vendredi après-midi! Une fois chez elle, impossible de me défiler. J’avais pensé passer assez tôt, que ça ne me prendrait qu’1h, et je pouvais rentrer chez moi, mais ça ne s’est pas passé comme ça! Ma tête était prête à exploser.
C’était prévu de passer le week-end au chalet, tout le monde avait envi de skier. Adorable, Thomas m’avait appelée pour savoir si je montais avec lui, comme ça, je n’avais pas besoin de prendre ma voiture, mais je ne savais pas encore ce que je voulais faire.
L’idée de croiser Pascal ne me tentait pas des masses, ça n’allait que me faire souffrir encore, par contre, ne pas savoir ce qu’il serait en train de faire me torturerait aussi. Afff... Non, finalement, j’ai décidé de ne pas monter, je ferais peut-être un petit saut demain, mais c’est tout. Du coup, Thomas a hésité à inviter tout le monde au chalet, préférant rester par ici.
Si Thomas ne me tenait pas au courant de leurs déplacements, en tous cas, ce n’est pas Pascal qui le ferait!
Nerveuse, le soir, je n’arrivais pas à me décider à sortir et encore moins à rejoindre Thomas et les copains. J’ai préféré rester chez moi, je ne voulais pas prendre de risques, mon cœur et mes yeux avaient besoin de repos. Pourtant, par moment, j’hésitais à sauter dans ma voiture et filer les rejoindre, pour ça, je me trouvais pleins d’excuses; après tout, je n’avais pas à rester enfermée chez moi à me faire chier si j’avais envie de sortir, puis ce serait l’occasion de lui faire face, lui donner l’occasion de me parler, etc, etc.
J’espèrais au fond de moi, ne me voyant pas, que Pascal se décide à venir chez moi. Je l’espérais si fort que je croyais que ça allait arriver. Je me suis mise à l’attendre. Rien.
Les heures s’égrainaient avec la lenteur d’une limace, puis plus vite que les battements de mon cœur. Toujours rien. Puis, petit à petit, la frayeur s’est emparée de moi; il ne viendra pas. Pire, il rentrerait avec Caro ou encore plus perturbant, avec Marilou et je ne saurais rien, personne n’en parlera, personne ne me dira rien.
Pascal était sans doute rentré pour le week-end, d’imaginer ce qu’il pouvait être en train de faire me bouffait, alors autant sortir et le voir de mes propres yeux. L’imagination, lui, a tendance à déborder.
En arrivant au bar, j’ai encore hésité... Est-ce que c’était vraiment une bonne idée d’être venue? N’aurais-je pas l’air de lui courir après? Arf, je ne savais pas quoi faire!
Puis, je l’ai vu... Afff, mon cœur a fait un bond, il battait si fort... Le voir me faisait toujours perdre la tête. Grand, une chemise pêche par dessus un t-shirt blanc, il était appuyé contre un des piliers vers l’entrée et riait en discutant avec ses copains. Impossible de le quitter des yeux. Ma tête cherchait activement ce que j’aurai pu lui dire au cas où j’oserais l’approcher. Thomas, en col roulé gris clair, était à côté de lui. Ils avaient l’air de s’amuser et je ne pense pas que je leur manquais. Thomas discutait avec une petite blonde, et je me suis demandée si c’était la même avec qui Pascal était parti la dernière fois. Une petite main pleine de griffes m’a serré le cœur. Caro était aussi avec eux, automatiquement, j’ai cherché Marilou, je ne l’a voyais pas.
Je savais que je ne devrais pas rester là, si quelqu’un me voyait, ce serait la honte! Et pourtant, je n’arrivais pas à partir!!!
Pascal s’est éloigné du groupe pour aller au bar, probablement chercher à boire, là, il s’est mis à bavarder avec une autre nana et sa copine. Impossible. Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien se dire? Les connaissait-il? Je n’étais pas la seule à le suivre des yeux, Caro, elle aussi, ne le quittait pas des yeux. Mon cœur coincé dans mes pompes, je le regardais rire et se laisser toucher le bras par ces filles. Mince, ce qu’il pouvait être mignon!!! Comme il semblait tarder, Caro a été lui coller au cul.
J’ai décidé de partir, je ne voulais pas me torturer à le regarder s’amuser comme si je n’avais jamais existé. Dire que j’avais refusé l’invitation de Layne de filer tous les 2 pour le week-end! Et pourquoi? Dans l’espoir que Pascal passe chez moi? Pour le regarder s’amuser sans moi?
Après quelques kilomètres, j’ai fait demi tour, je n’arrivais pas à me décidé à partir. A quelques mètres du bar, re-changement d’avis; partir était la meilleure chose à faire, et encore changement d’avis... Pfff, je faisais la navette; incapable de partir, incapable de retourner là-bas!
Pourtant, à la fin, ayant peur qu’ils quittent le bar et que je ne sache pas où et avec qui, je suis revenue. J’ai fait attention de ne pas mettre ma voiture près de celle de Pascal ou celle de Thomas, mais je n’étais pas tranquille.
Marilou était là cette fois. Peut-être qu’elle y était déjà et que je ne l’avais pas vue. Ce qui était sûr, c’est que Jess n’était pas là. J’ai été mortifiée de la voir discuter joyeusement avec Pascal, qui semblait la couver des yeux. (Je le déteste!). De temps à autre, elle lui passait les mains dans les cheveux ou derrière la nuque pour qu’il baisse la tête vers elle. J’ai eu de petits pincements de jalousie; ils roucoulaient. Grrrrrrh!
Je me suis demandée ce que faisait Caro, d’habitude, je pouvais compter sur sa ténacité, alors qu’est-ce qu’elle foutait? Ben, autour de la table du groupe, Caro se rongeait les ongles en lorgnant sur Pascal. Elle ne parlait avec personne. Elle avait l'air aussi désespérée que moi!
Assez, je rentre. Je ne veux plus voir ça.
Peut-être que je lui manquerais assez pour qu’il passe chez moi? Mouais... L’espoir fait vivre! Je me rend compte que je suis en train de me flinguer le moral, mais je ne peux m’en empêcher. J’ai toujours l’espoir désespéré qu’un jour ou l’autre, très bientôt, Pascal reviendra vers moi...
------ Emprisonnée dans mon désespoir -- Ven.14.jan.11 - (014/11) ------