024/2012 - Adieu mon amour
Mardi, 24 janvier 2012 – (024/2012)
J’avais promis à Pascal d’être prête vers 13h. Pascal m’a emmenée en ville mardi matin, mais je ne me souviens plus très bien de ce qu’on a fait. Après avoir avalé quelque chose pour dîner, on est retourné à la maison pour déposer sa voiture. On avait déjà mis les valises dans son coffre, alors je ne m’attendais pas à retourner à la maison.
Après dîner, on a bu un verre au PALAPA, un bistrot à côté d’où on a mangé, tenu par des Canadiens. D’après ce que j’ai compris, ça appartient aussi à Pascal et il le loue à ces 2 jeunes. Ils ont des bungalows aussi et Pascal m’a dit que je pouvais venir là la prochaine fois si je voulais. Pendant qu’on buvait un café au bar, Pascal regardait le tennis. Je me souviens lui avoir dit que j’avais aimé regarder le tennis quand Yannick Noah jouait, depuis je trouve les joueurs ennuyeux, il ne se passe rien.
Pascal est fan de tennis, et en parlant de ça, Pascal m’a dit que ça fait plus de 20ans que Yannick Noah ne joue plus, qu’il était trop vieux. Puis tout à coup, il a eu une réflexion qui me trotte dans la tête depuis plusieurs jours ; qu’il ne nous restait plus beaucoup de temps, 10ans ? Après on entre dans le cercle des vieux si on tient jusque-là! Je n’ai pas rigolé, j’y pensais souvent ; 10ans, 20ans au plus d’une vie normale et bonne, après on ne sait pas ce que le reste nous réserve.
J’ai été surprise de l’entendre m’enlever les mots de la bouche!
Puis le taxi est arrivé, Pascal l’a aidé à transférer nos valises. 2ème fois, parce que ce matin, Pascal a dû m’aider à fermer la grosse valise, ça bloquait. Puis il avait porté la grosse valise à sa voiture. Là, je pensais qu’on partait pour la capitale, pour Saint-Domingue, mais non, Pascal ramenait sa voiture pour la parquer à la maison. Il m’a proposé de l’accompagner ce que j’ai accepté avec plaisir, j’aimais être en sa compagnie.
Une fois la voiture parquée, on est donc partie, cette fois c’était pour de bon, je ne reverrais plus jamais cet endroit je crois.
Je n’étais pas très bavarde, j’avais une petite attaque de chagrin. Ces 10 jours avaient passé si vite et demain je rentrais en Suisse… Mais aussi, j’avais le cœur soulagé, j’avais revu celui que j’avais croisé dans un bus il y a plus de 20ans, un type avec qui je n’avais jamais échangé un mot avant de chercher à m’installer sur cette petite île, et il était assis là à quelques centimètres!
Le chauffeur de taxi parlait français et connaissait lui et sa femme, alors je ne pouvais pas lui parler…
Ce soir, je dormirais à Saint-Domingue et demain, après avoir fait un tour en ville, je partirais pour l’aéroport où je retrouverais Alain et Christian. J’essayais de contrôler les pensées qui se bousculaient dans ma tête, je ne voulais pas trop penser sinon je risquais bien de me sentir triste et pleurer.
A l’aéroport, Pascal m’a dit au revoir 3 fois au moins, et les 3 fois il m’a serré contre lui en me faisant la bise la 1ère fois, la 2ème c’était un gros hug et la 3ème un peu plus fort après m’avoir dévisagée un moment. La 3ème fois, je lui ai fait un bisou sur le torse, j’espère que le chauffeur n’a pas remarqué. Puis, j’ai vu sa grande silhouette disparaître en direction de l’entrée.
Je ne le reverrai sans doute jamais, ne reverrai plus jamais ses beaux yeux bleus vifs… On mourra chacun dans notre coin sans jamais se revoir… Comme c’est triste… Mais au moins, je l’avais revu, alors je pouvais être heureuse pour ça. Alors adieu mon amour, adieu celui qui a fait battre mon coeur si fort pendant si longtemps, adieu amour, c'était bon de t'avoir vu, t'avoir parlé, touché, d'avoir été si proche de toi. Merci à la vie de m'avoir fait un si beau cadeau.