03/2013 - Retour surprise de Caroline!
Jeudi - 03 Janvier 2012 - (03/2013) - Retour surprise de Caro!
Agréable fin de soirée avec Paul et Michael. Ils nous ont fait rire jusqu’au larmes. Je suis allée à la cuisine pour pour chercher du café. Malgré les rires et la bonne humeur, je me demandais comment allait se passer la fin de cette soirée. J’étais presque sûr que Caroline allait demander à dormir avec nous et je ne savais pas comment lui dire non. Je réfléchissais aux mots, au ton à utiliser.
Comment ne pas avoir l’air de la méchante ou de la nana qui manque d’assurance. Qui ne peut pas assumer la concurrence. Pascal était surement très content de la voir. Pourtant, il m’avait en quelque sorte fait penser qu’il voulait passer ces prochains jours de vacances avec moi. Est-ce qu’ils avaient concoctés ce petit retour surprise ensemble? C’était possible! Pascal n’avait pas eu l’air très surpris de la voir. S’ils avaient planifié ça ensemble, évidemment j’aurai l’air stupide et deviendrait une chieuse si je m’y opposais!
Pascal m’a suivi. Penché, les bras sur l’îlot central de la cuisine, Pascal m’observait me servir mon café. Sentant ses yeux sur moi, me détaillant de la tête aux pieds, j’avais peur de ne pas pouvoir contrôler le tremblement nerveux de mes mains.
Je faisais mon mélange, la tête pleine de contradiction. Comment réagir? Garder le sourire? Voir venir? M’y opposer catégoriquement? Faire la tête? Peut-être que je devrais parler à Caroline, face à face, et lui dire franchement que ça m’embêtait qu’elle soit revenu. Qu’elle aurait peut-être dû me demander mon avis je pense.
J’ai très vite ressenti un petit soulagement quant il m’a demandé ce qu’on allait faire de Caro. En même temps, j’avais l’impression qu’il me testait. Ou qu’il me mettait au pied du mur. Pascal s’attendait peut-être, ou espérait me voir toute guillerette, ravie. Quoi faire? J’avais envie d’arrêter le temps, juste pour avoir assez de temps pour réfléchir à la bonne attitude à avoir. Comme c’était pas possible, j’ai opté pour la plus simple; la vérité.
J’ai fait la grimace pour dire que ça m’embêtait "un peu", je m’attendais à l’avoir pour moi toute seule.
Il a jeté un coup de d’oeil à Caro au salon, ce qui a fait plonger mon coeur dans les chiottes. J’ai pensé à ce moment là que c’était bien lui qui lui avait demandé de remonter. C’était peut-être ce qu’il faisait quant je l’avais surpris au téléphone. Je l’avais laissé pensant qu’il parlait à Jess. Mais Pascal s’est retourné et ses yeux verts se sont concentrés sur mon visage. Ouf, il lui avait dit la même chose. Ça l’embêtait aussi.
Tout un tas d’émotions m'ont traversées de la tête aux pieds; incrédulité, bonheur, gêne… Je pourrais même pas dire à quel point j’étais contente. Rassurée tout à coup, je me suis sentie molle. Toute la tension s’était évaporée.
Pascal a continué à me raconter sa conversation avec Caroline. Il pensait qu'elle aurait dû prévenir et pas débarquer comme ça. Surtout qu'elle savait qu'il voulait passer du temps avec moi, sans avoir à faire attention à chaque geste de peur de la blesser. Il aurait préféré qu’elle s’en aille, qu’elle rentre. Mais Caro a prétendu qu’elle était certaine que ça ne me dérangerait pas moi. Alors, il lui aurait dit que ça l’embêtait lui. Il ne se sentait pas à l’aise avec elle dans les pattes.
Caroline a semblé comprendre. Elle lui a dit qu’elle ne demandait rien, elle resterait à sa place, se ferait toute petite pour ne pas gêner. Pascal n’avait qu’à faire comme si elle n’était pas là. Ce qui l’a encore plus dérangé. Il ne voyait pas comment il pourrait complètement l’ignorer. Pascal lui aurait aussi dit qu’on avait besoin de temps ensemble, on avait besoin de se parler, de se retrouver un peu à l’écart.
Pascal ne la croyait pas vraiment…
Je sais ce qu’il voulait dire. J’imagine que même si elle fait semblant de se faire toute petite, elle ne va pas lui épargner les petites larmes de temps en temps. Puis, il se sentira obligé d’aller vers elle, la consoler, lui parler. Caro en profitera pour en avoir plus. Et je sais que je me sentirais flouée.
Soudain, je me suis dit que ce serait l’occasion de le tester un peu. Alors, je lui ai demandé de la prendre au mot, qu’effectivement je me sentirais délaissée s’il lui accordait la moindre attention.
Glups! J’ai vu Pascal tiquer. Un peu surpris sans doute. Peut-être que j’avais été trop loin? Toute façon, c’était trop tard. Les mots étaient sortis tout seul. A lui de gérer maintenant. J’ai quand même emballé la fin de ma phrase avec un sourire mi-figue, mi-raison.
Pascal s’était rapproché pour me passer les bras autour. Il me faisait de petits bisous dans la nuque qui faisait monter ma température de manière vertigineuse. Je le sentais tout contre moi, tout dur. Caroline s’est pointée dans la cuisine alors que Pascal me demandait si j’avais envie d’aller me coucher ou si je voulais regarder un film; “Sinister”. Sa façon de nous coller me faisait penser qu’elle n’avait pas l’intention de se faire discrète. Bien au contraire.
- Qu’est-ce que vous faites? Vous venez regarder le film aussi? C’est une film qui fout les boules, il paraît.
Pascal continuait ses bisous et je sentais les pointes de mes seins se durcir. La honte. Même avec tout ce monde autour, il arrivait à me faire réagir. Mon corps me trahissait lamentablement. A voir le petit sourire moqueur sur son visage quant je me suis retournée vers lui, je savais qu’il savait. Il faisait comme s’il n’avait pas entendu Caro ou qu’il n’avait pas entendu sa question. Alors j’ai répondu à sa place, qu’on arrivait.
Dès qu’elle est partie, son sourire s’est accentué, il a demandé si je voulais vraiment voir le film ou si on montait? En accord, on a décidé de regarder un bout du film avant de filer. Mais le film était terrifiant et aussi assez passionnant. Je n’ai pas vu le temps passer et même si j’ai senti Pascal me faire de petits signes, je voulais voir la fin.
A la fin du film, on a salué tout le monde, sans rester pour les discussions qu’on avait généralement après une séance ciné. Je sentais l’impatience de Pascal, c’était amusant, mais aussi stimulant pour moi. Qu’il ait toujours autant envi de moi, ou simplement de faire l’amour avec moi, après toutes ces années, était des plus rassurant. Son envie me donnait envie.
Pascal a fermé la porte à clé. Ça ne lui arrivait pas souvent. On ne voulait pas être dérangé.
Le jeudi après-midi, les garçons sont sortis entre mecs. Caro est restée au chalet avec moi. On a un peu discuté. J’ai fait semblant de ne pas remarqué ses mimiques tristes quant elle me questionnait ou me parlait de Pascal. Elle a essayé d’attirer mon attention pour que je puisse voir la petite larme qui menaçait de tomber. Même quant je la regardait, je faisais semblant de ne pas remarquer de tristesse. Je savais que c'était du cinoche. Bon, je pouvais comprendre qu'elle essaie le tout pour le tout. Je devrais essayer de temps en temps, sauf que je n'y arrive pas. Après tout, c'était une question d'entraînement non!?!
Pour finir, elle a carrément dit qu’elle s’était sentie seule hier soir après qu’on soit monté. Qu’elle aurait aimé qu’on reste encore un peu, qu’elle n’avait pas réussi à trouver le sommeil avant le matin. Je lui ai suggéré d’aller faire une sieste.
Les garçons nous ont appelé pour savoir si on voulait aller les rejoindre au pub pour manger. C’était une bonne idée. Ça nous a pris plus d’1h pour nous préparer. J’espérais rentrer au chalet après avoir dîner, je n’avais pas très envie de traîner dans les pubs, les bars ou les boîtes ce soir. Mais, si je sentais que Pascal en avait envie, alors je suivrais le mouvement. J'étais pas très contente de les voir entouré de filles! C'est énervant. Mais, c'était surement l'oeuvre de Michael.
En fait, après ma 2ème vodka, c’est moi qui scotchait au bar!
Vers minuit, Paul est reparti sur Lausanne. Il devait passer au boulot le lendemain matin, donc il ne pouvait pas dormir au chalet. On est rentré après son départ. J’étais légèrement cuite, alors je suis allée prendre une douche, tandis que Pascal est resté au salon en bas avec Caro et Michael. Après ma douche, j'étais crevée, alors je suis juste descendue pour dire bonne nuit.
Je sais pas, mais je m’attendais à ce que Pascal traîne encore un peu en bas avec Caroline et Michael, alors j’ai été surprise de le voir monter juste après moi. Il a pris une douche éclair avant de se coucher. J’étais contente, parce que c’était comme si Caroline n’était pas là.
J’ai eu quand même un petit pincement au coeur, un sentiment de culpabilité pour Caro. Je n’aurai pas aimé être à sa place. Je me suis demandé si je devais dire à Pascal de la laisser venir… Mais ce soir, je ne voulais pas le partager… Est-ce que c’était tellement égoïste? Elle devait se sentir si mal, tellement seule...