060/2012 - Fu..uuu..rax malgré ses yeux menthe à l'eau...
Mercredi, 29 février 2012 - (060/2012) - Chaud – froid
Pas mal de balades avec la chienne aujourd’hui, ça m’a fait du bien. Je crois que c’est le fait de devoir m’occuper de quelqu’un d’autre et de ne pas passer mon temps à écouter et analyser mes petits bobos qui me fait du bien. J’ai hésité à la garder encore pour la nuit, mais finalement, je l’ai ramené. J’avais dans l’idée d’aller pleurer dans le gilet de Thomas ce soir… C’est ce que j’ai fait.
Toutes mes histoires le gavaient, mais il m’a écouté. De temps à autre il me demandait à quoi je m’attendais, je connaissais la situation, c’est en pleine connaissance de causes que j’ai sauté à pieds joints dedans, alors je devais arrêter de me plaindre. Glups, il avait bien sûr raison, mais ça fait du bien de se plaindre…
Pascal est passé et je ne voulais pas qu’il sache que j’étais là, alors je suis restée planquée dans la chambre à Thomas. La porte était restée entre-ouverte pour ne pas donner de soupçons sur la présence de quelqu’un. Pascal rentrait après avoir déposé sa femme je ne sais où. Apparemment, Caroline était au courant parce qu’elle l’a appelé, il a convenu avec elle qu’il passait après. La rage, c’est incroyable, alors que je n’avais pas de nouvelles, avec Caroline, ils se fixaient de petits rendez-vous? Ça m’a retourné l’estomac.
- Caro hein?
- Oui, j’ai promis de faire un saut chez elle tout à l’heure. On ne sait pas beaucoup vu ces derniers temps.
- Et Jane alors?
Gros soupir et le regard dans le vague. Je suivais chacune de ses expressions, de ses mouvements, jusqu’à la formation des mots sur ses lèvres. L’empêche que je fulminais.
- Rhhh, je ne veux pas parler d’elle…
Pascal s’était assis sur le coin de la table du salon, tassé sur lui-même, la tête basse, il a continué…
Pascal a demandé comment est-ce qu’il pouvait mettre de la distance entre nous si on lui parlait tout le temps de moi. Sympa! Puis j’ai compris que lors de son séjour aux Etats-Unis, il avait menti en disant qu’on était juste amis, qu’on ne se voyait pas tant que ça (ça c’était hyper cryper vrai). Pascal avait eu la stupidité de promettre à sa femme de m'éviter, apparemment ça risquait de me faire croire qu’il y avait encore une chance. Pfff. Jess s’attendait à me voir répliquer dès que Pascal rentrerait, il savait qu’elle surveillait son téléphone, alors il a évité tout contact.
Thomas a rigolé, il pensait que c’était de fausses excuses, parce qu’enfin, il aurait pu m’appeler avec son téléphone, celui de Paul ou autre, depuis le bureau de quelqu’un d’autre ou même d’une cabine. Pour Thomas ce n’était que des foutaises, s’il voulait vraiment m’avertir, il aurait eu milles occasions de le faire.
Je ne sais pas si Thomas le mettait au pied du mur de ses bêtises parce que j’étais là et qu’il savait que j’entendais tout…
Pascal s’est très mal défendu en disant qu’il n’aurait pas su quoi me dire, puis qu’il avait peur que le simple fait d’entendre ma voix lui aurait donné envie de me voir. Dans le ton de la voix de Thomas, on pouvait entendre son scepticisme. Pascal était toujours tassé sur lui-même. Thomas lui a fait remarquer que comme il arrivait si facilement à ne pas entrer en contact avec moi, mais par contre sans problème avec Caroline, je pourrais me sentir blesser, mais aussi, il n’avait qu’à le faire une bonne fois pour toute et arrêter de tourner autour du pot. Thomas pensait que s’il était sincère et qu’il tenait vraiment à moi (j’ai noté qu’il n’avait pas utilisé le mot "aimer" mais "tenir à"), il me devait bien ça.
Mon cœur battait à mes tempes et j’ai trouvé que Pascal avait mis long à répondre, chaque seconde d’attente était une torture. Que pouvait-il bien répondre à ça? Et, mais non, je ne veux pas qu’il me plaque sous prétexte qu’il tient à moi? C’est quoi ce délire? Puis, mes muscles se sont relâchés et mon cœur a palpité d’amour pour cet adorable idiot, de ce beau mec avec des yeux verts menthe à l’eau, de sa voix suave un peu rauque sous l’émotion; Il n’arrivait pas à se détacher, qu’il ne pouvait pas me quitter.
Pascal lui a demandé comment s’éloigner si on lui parlait tout le temps de moi, Jess n’avait pas arrêté de le cuisiner à mon sujet chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Surprise, j’ai appris que Jess avait invité Caroline a passer la nuit chez eux l’autre soir (quel soir??? Vendredi??? Ah bon ???). Il a dit qu’il ne s’était rien passé et Thomas s’est un peu moqué. Il lui a demandé s’il n’avait pas peut-être plus de respect et de sentiments pour sa femme que pour moi, puisqu’il arrivait très bien à coucher avec Caroline quant j’étais là, mais pas devant Jess? (Hum… Tiens, je me demande aussi?
Pascal a reconnu que c’était peut-être bizarre, mais il ne pouvait pas. Il ne voulait ou ne pouvait pas partager nos trips avec elle, elle ne faisait pas parti de notre équipe, de nos jeux… (Bizarre en effet!)
Etrangement, Pascal a dit qu’il ne savait pas pourquoi, mais voir Caro lui faisait penser à moi, alors si Jess l’avait invitée en pensant qu’il m’oublierait ou ne penserait pas à moi, c’était pire. D’ailleurs vendredi soir, il n’a pensà qu’à ça; ce que je pouvais bien être en train de faire, sûrement rigoler, mais avec qui, est-ce qu’il me manquait ou est-ce que j’étais définitivement fâchée?
Bref, je n’avais pas quitté ses pensées… Tant mieux, parce qu’il a rongé les miennes…
Thomas ne lui a fait aucun cadeau; il lui a posé la question de ce qu’il avait fait samedi soir, il n’était rentré qu’après 4h du matin ? Alors comment pouvait-il avoir le culot de dire que je lui manque et passer la nuit avec une autre?
Là Pascal s’est défendu en disant qu’ils s’entendaient bien, et que c’était tout naturellement qu’il a accepté d’aller prendre un verre chez elle. Mais, une fois en haut, il a presque immédiatement regretté, pris au piège. Il a réalisé un peu tard qu’il aurait dû refuser, apparemment, la fille s’attendait à autre chose.
- Tsss, alors toi… Tu t’attendais à quoi? Tu as passé toute la soirée à boire ses mots comme du petit lait, ensuite tu acceptes comme un grand de monter chez elle??? Tu plaisantes ou quoi? Ça voulait bien sûr dire ce que ça voulait dire! Tu voulais la sauter, point final. Tu n’es quand même pas aussi naïf??? Et si tu t’en ai rendu compte presque immédiatement, tu as fait quoi pendant plus de 3h??? Tu as été chez Caroline ou Jane pour baisser la température?
- Non… On a continué à discuter. C’était juste… un petit peu embarrassant…
- Mouais… A d’autre…
Pascal a assuré qu’il n’y a rien eu. Il aurait pu, il y avait des moments où il se demandait pourquoi il essayait d’être aussi sage, il n’avait de compte à rendre à personne, et même pas spécialement à Jess, elle n’en aurait rien su, mais même s’il y avait des moments où il en avait envie, il avait l’impression de faire quelque chose de mal. Thomas l’a un peu titillé pour savoir s’il n’y avait pas eu un petit bisou, mais Pascal a assuré que non, il avait réussi à éviter toutes les petites tentatives; il n’avait pas été là-bas pour ça, mais juste pour ne pas penser à Jess, Caro ou moi pendant quelques instants. Mais c’était raté, quand il a senti qu’elle voulait tenter une approche, aussi bizarre que ça puisse paraître, il n’a fait que penser à moi et comment je risquais de réagir si j’apprenais un truc pareil.
Thomas a éclaté de rire, il trouvait assez faramineux que Pascal pense à mes réactions au lieu de celle de sa femme ou de son autre maitresse en titre. Pascal n’appréciait pas vraiment ses moqueries et il s’est renfrogné encore un peu plus. Dans des moments comme ça, ce qu’il pouvait être chou, les sourcils tout froncés, ça me donnait envie de le prendre dans mes bras et de lui faire des câlins, mais… il ne fallait pas que j’oublie qu’il avait eu des idées, qu’il n’était pas tout innocent là-dedans, ce serait un peu trop facile!
Je pense que Pascal trouvait que Thomas avait un peu la dent dur ce soir, il s’est donc levé pour partir. Thomas lui a encore demandé si c’était pour rentrer ou pour aller chez Caro, et… il allait chez Caro. Le rat.
Pourtant, je ne lui en voulais plus autant que les jours précédents. J’étais contente que les tentatives de sa femme ou autre finissaient toujours par le ramener vers moi. Peut-être que je pardonne un peu trop facilement… malgré tout, j’avais une petite boule qui me rongeait un peu l’estomac… Malgré ce qu’il avait dit, il cherchait à mettre de la distance entre nous, il allait chez Caro ce soir, et elle avait passé la nuit chez eux vendredi… Rien de très rassurant en fait!
J’ai couru à la fenêtre pour le regarder traverser le jardin la tête basse et les mains dans les poches. Je me demande combien de temps il passerait chez Caro? Et qu’est-ce qu’ils allaient se dire ou faire? C’est là, accroché aux fenêtres que Thomas m’a retrouvée, il avait sa tête des mauvais jours.
Thomas s’est plaint qu’il ne voulait pas être pris au milieu de nous 2, 3 même, et pourtant, il n’arrivait pas à se défaire de toutes nos histoires. Il en avait un peu plein les bottes.
Je ne suis pas restée très longtemps après le départ de Pascal. Déjà, parce que Thomas était persuadé que je voulais rester pour savoir quant son adorable frérot allait rentrer, et ensuite, parce qu’une fois que Pascal serait rentré, je pouvais difficilement m’éclipser sans me faire voir. Puis, je crois que Thomas n’appréciait pas non plus qu’il ne soit pas autorisé à dire que j’étais chez lui, il n’a pas aimé que je me cache comme si on faisait quelque chose de mal.
Hum, si je m’étais montrée, déjà, ils n’auraient pas autant parlé, puis ensuite, Thomas aurait pensé que j’étais venue que pour le voir… Faudrait savoir!
L’empêche, j’étais un peu verte, Jess n’était pas là et Pascal n’a pas pensé qu’il aurait pu essayer de m’appeler? Tous les téléphones qu’il approche tombent en panne ou quoi? Dans la voiture, j’ai appelé Layne. Ah oui, encore. J’étais mal dans ma peau, d’ailleurs ma peau me faisait mal, tout comme la boule de billard au fond de l’estomac. Layne était inatteignable, la poisse.
Je ne voulais pas courir chez Caro parce que, même s’ils ont seulement l’air de discuter, je ne pourrais pas me décider à partir, persuadée qu’il se passerait quelque chose. S’il ne se passait rien, je me serais gelé le cul pour rien, en plus, j’avais une furieuse envie de tousser, je m’étais retenue tout le temps que Pascal était chez Thomas. Heureusement qu’il avait de la musique de fond, je pouvais discrètement me racler la gorge.
C’était à Pascal de m’appeler, en tous cas moi, je ne bougerais pas le petit doigt… Mince, ce que je pouvais passer de l’amour aveugle à la rage tout aussi aveugle…