061/2012 - Caro retourne sa veste...
Jeudi, 1er mars 2012 - (061nième jour / année 2012)
Les paroles de Thomas me poursuivaient; est-ce qu’il avait raison? « Tu sais Jane, à force de vouloir ne pas emmerder Pascal, de rester de côté, tu laisses les autres filles prendre le pas sur toi. Tu devrais un peu plus t’affirmer et imposer ton existence, revendiquer ta place. Ouais, je ne devrais pas dire ça, Jess est ma frangine, ha la la, mais tu es trop passive. »
Comme décidé, je ne voulais pas sortie ce soir, si Pascal avait envi de me voir, il n’avait qu’à se débrouiller pour me le faire savoir. Rhhh, mais si Thomas avait raison, j’aurai peut-être dû sortir, aller le retrouver et lui proposer qu’on aille ailleurs, tout normalement, sans faire la tête ou lui faire de reproches? Pfff, mais je suis timide, et vraiment, vraiment, je détesterais me transformer en pot-de-colle. Mince.
J’avais espéré un appel ou un message de Pascal dans la journée, mais toujours rien. Pourtant, sa femme n’était pas là d’après ce que j’avais entendu, alors pourquoi n’appelle-t-il pas? Je ne comprends rien, je ne sais pas quoi faire. Zut, j’ai l’impression qu’il commence à me traiter pire que Caroline? Peut-être qu’en ne me voyant pas, il finira par se décider à appeler?
Puis en fin de journée, enfin quelque chose; Pascal m’a envoyé un petit mot avec des fleurs; il disait regretter d’être si absent, Jess et son père l’avait à l’œil, que je lui manquais beaucoup, qu’il m’expliquerait si je n’étais pas déjà trop fâchée contre lui. Il espérait que non. Qu’il aimerait bien me voir, mais devait faire attention tant que sa femme était là (j’ai noté qu’il avait écrit "ma femme" et non Jess). Si je sortais ce soir, il sortira juste pour me croiser, sinon il ne sortait pas. Il me demandait de lui faire un appel en absence sans laisser de messages sur sa boîte vocale, ni de sms, là aussi il m’expliquera. Qu’il était content d’apprendre que j’allais mieux.
J’ai noté qu’il n’y avait pas de « I Love You ». A la fin de son message, il m’a demandé de faire attention à ce que je racontais à Caro, qu’elle et sa femme étaient devenues inséparables…
Hum, alors Caro avait tourné sa veste? Mince, même si je l’avais pensé, j’avais espéré que non. Ça m’a fait plaisir son petit message, et les fleurs aussi, mais tout de même, il aurait pu y penser plus tôt? Presqu’une semaine sans nouvelles, c’était intenable. J’étais contente qu’il se soit débrouillé quand même pour entrer en contact, mais voilà; est-ce que je devais courir dès qu’il me siffle? Ben oui… Puisqu’il avait fait un effort, la moindre des choses était de montrer que j’appréciais, et l’encourager, donc, je lui ai fait un appel en absence.
Pendant que je me préparais, je me suis rendue compte que j’étais légèrement nerveuse et impatiente aussi. Ma tête commençait déjà à imaginer comment ça se passerait, pourtant j’essayais de ne pas y penser sinon je risque d’être salement déçue. Mais rien à faire, ma tête fonctionnait sans moi.
Après mon appel en absence, j’ai reçu un sms d’un numéro que je ne connaissais pas, signé par Pascal; après le basket, il pensait être au Bleu vers 23h. Il ne fera pas long vu qu’il travaillait le lendemain et qu’il était assez fatigué ces temps. Quand il s’agit de moi, il est fatigué? Hein? Non, vraiment super!!! Peut-être que je ne devrais pas y aller, et lui dire que ça n’en valait pas la peine, autant qu’il rentre se reposer! Hum, ça me titillait grave de lui faire le coup et peut-être que la prochaine fois, il oubliera sa fatigue.
Chiant, je ne savais pas à qui demander de m’accompagner, et je ne voulais pas me pointer là-bas toute seule!
Comme je ne trouvais personne et que je ne voulais pas appeler Thomas juste pour ça, j’ai jeté mon dévolu sur Caro malgré les avertissements de Pascal. Et Pascal avait raison! Caro un peu gênée de m’accompagner a finalement fini par me dire que Jess et elle avaient déjà prévu autre chose. J’ai noté qu’elle n’avait pas dit quoi, ni où. D’habitude, elle m’aurait dit, mais là, elle a fait comme si elle ne savait pas. Ça m’a un peu fait mal au cœur, je sentais qu’elle voulait aussi mettre un peu de distance, étant donné que Jess ne m’aimait pas beaucoup.
Pas très sympa. Je lui en voulais un peu, et je sais que le mot « vengeance » a traversé mon esprit.
Donc, j’ai fini par appeler Thomas pour lui dire que je sortais un petit moment. Je n’ai pas eu besoin de lui demander où ils allaient, spontanément, il m’a dit qu’il pensait qu’ils iraient prendre un verre au Bleu avec les copains du basket vers 22h-22h30. Je lui ai dis que je ferais un saut, si mes copines ne voulaient pas aller là-bas, je viendrais seule. Hum, il n’y avait pas de copines, mais je ne voulais pas qu’il pense; « oh, la pauvre, elle est toute seule! ». Avant de raccrocher, il m’a averti que Pascal serait peut-être là.
Le soir, comme Pascal m’avait dit pas avant 23h, je suis arrivée vers 23h10. J’ai cherché où était parqué sa voiture pour être sûre qu’il était déjà arrivé là avant de me pointer là-bas comme une mordue. J’ai tout de suite trouvé la voiture à Thomas et bien sûr, celle à Pascal n’était pas loin. Donc, comme une grande, l’air complètement à l’aise, je suis descendue dans le puits du gouffre. J’avais peur que ma timidité bloque ma vision et que je passe à côté d’eux sans les voir, mais, je reconnais toujours immédiatement Pascal, et mon coeur se met à faire des flip-flap. Piouhhh, j’ai eu de la chance qu’il ne soit pas au petit coin ou assis à une table, sinon, je ne l’aurai pas vu.
Je sais que Jess a reproché à son frère de m’avoir dit où ils allaient. Un peu gêné d’avoir commis un impair, Thomas m’a averti qu’il avait, par mégarde répété à Jess que je m’étais plainte de ne pas avoir de nouvelles de Pascal. Donc, Jess savait qu’on s’était vu, mais je pense qu’elle devait danser de joie de savoir que Pascal m’avait en quelque sorte, laissé de côté. J’ai eu une petite pincée au cœur en voyant Caro faire semblant de ne pas me voir. Elle était avec Jess et ses copines accoudée au bar. J’ai aussi remarqué la petite expression du chat qui vient d’avaler un canari de miss Jess parce qu’elle pensait m’avoir volé l’amitié de Caro. Pfff, rien à cirer, rira bien qui rira le dernier.
J’ai fait comme si je n’avais pas remarqué l’attitude de Caro et j’ai été les saluer. J’ai aussi salué Jess, puis j’ai salué les garçons avec Pascal dans le tas. La copine à Thomas était là, et je suis restée avec eux, tout en me rapprochant de Pascal. Il m’avait vu descendre les escaliers et m’avait fait un petit signe de la main en souriant. Il discutait avec ses potes de basket. L’horrible petit rouquin était là aussi, lui, j’ai fait celle qui ne l’avait pas vu et salué tous les autres.
Je m’étais assise sur un des tabourets du bar et dès que le tabouret à côté de moi s’est libéré, Pascal est venu s’y asseoir. Immédiatement, Jess et Caro sont venu vers nous, et Jess s’est s’installé entre les jambes de son mari. Elle suivait notre conversation.
On parlait normalement, sans que ce soit une conversation privée. Je lui ai raconté que le lendemain, je devais rendre un boulot et je n’avais pas fait grand-chose, que j’avais un peu le trac. Thomas était debout devant moi, le bras autour de la taille de Maeva et participait à la conversation. Malgré la présence de Jess et Caro, je lui ai reproché de ne pas donner de nouvelles. Dans le cours de la discussion, Pascal m’a appris que Jess repartait dimanche et je peux avouer que j’ai ressenti une immense joie. Bon débarras, asta la vista ma grande!
Puis, décidée à partir avant que Pascal et sa femme, et aussi pour continuer dans la lancée de celle qui avait juste fait un passage pour dire bonjour mais qui avait d’autres plans. Digne et la tête haute, j’ai quitté le champ de bataille. Jess n’avait pas ouvert la bouche, elle s’était juste contentée de nous écouter. Elle surveillait. Caro, un peu gênée, est restée là à essayer d’éviter de me parler, gloussant et rigolant des plaisanteries de Jess. Quant nos regards se croisaient, elle se dépêchait de détourner le regard ou la tête. Pas très cool. Ça fait un peu mal quand même.
Au moins, j’avais vu Pascal... Quelque chose dans son sourire, dans son regard, me faisait croire qu’il ne se foutait pas de ma gueule. Ou est-ce que je me la raconte?