063/11 - Je veux aussi être ta maîtresse
Je veux aussi être ta maitresse
Vendredi - 4.mars.2011 - (063/11)
J’étais presque sûre que vendredi soir, Pascal passerait la soirée et même la nuit avec sa chère Caroline, donc je me suis arrangée pour qu’elle m’invite à la place de Marilou. D’une certaine façon, j’ai été contente d’apprendre que Pascal n’avait pas voulu de Marilou, et qu’il était parti en laissant à Caro le soin de se débarrasser d’elle.
Donc, hier soir, je me suis fait un sang d’encre en les imaginant tous les 3, en fait, il n’y avait que Caro. C’est moche à dire, mais je suis contente que son plan ait foiré. D’un autre côté, c’était dérangeant de penser qu’il avait préféré être seul avec elle.
J’ai beaucoup insisté et Caroline a fini par accepter a contre-cœur. Elle pensait que ça ne ferait pas très plaisir à Pascal après hier soir. Elle pensait qu’il préférerait qu’ils restent en tête à tête. Ça m’a un poil énervé qu’elle décide à sa place. Non mais! De toute façon, je ne lui laissais pas le choix, ou elle m'invite, ou je m'invite!
Avant de raccrocher, elle m’a fait promettre de ne pas faire de scène et de ne pas m’incruster si Pascal voulait que je m’en aille. Aïe, ça fait mal d’entendre une “outsider” parler comme si elle était l’élue!
Je suis sortie prendre un verre avec Rozanna, puis j’ai été rejoindre Thomas au Tiger. Pascal n’était pas avec eux. Ni Caro d’ailleurs. Dire que j’avais piaffé d’impatience pour arriver au plus tôt, parce que j’avais pensé le trouver là, mais niet. J’avais pensé que ce serait lui qui se demanderait où je pouvais être! Je me demande où il était et ce qu’il faisait? Je me suis ennuyée comme un rat mort, jusqu’à ce que je le vois pointer le bout de son nez.
Pascal avait sûrement avalé un verre de trop, parce que le sourire scotché d’un bout à l’autre de son visage. Ses yeux étaient rieurs, il avait l’air de passer une bonne soirée.
Ça m’a un peu foutu sur les rotules de le voir se pointer avec Marilou. Caro était bien sûr avec lui. Bon, après ce qu’elle m’avait raconté, je ne pense pas avoir de soucis à me faire la concernant, mais pour Caro, c’était de plus en plus évident qu’ils étaient ensemble!!! Mince, est-ce qu’ils s’étaient tous les 2 foutu de ma gueule?
Dès qu’ils sont arrivés, on est parti en boîte. Thomas restait distant, il tirait un peu la gueule... Ce matin juste avant de partir, j'ai fait semblant de renifler sa chemise, quant j'étais sûre qu'il avait remarqué, je le lui ai lancé à la figure. Je lui ai dit que ce n'était pas mon parfum, ni le sien non plus. Il n'a rien osé répondre et n'avait pas eu le temps de chercher à s'expliquer. Je suis partie comme une fusée. C'était lamentable d'être aussi lâche, de chercher tous les prétextes pour rompre et de ne même pas avoir le courage de le faire comme une adulte. Mais je voulais que ça vienne de lui, pas de moi!
C’était peut-être normal, mais je me sentais bien seule sans sa “protection”!
Je ne pense même pas que Pascal se soit rendu compte du léger froid qu’il y avait entre Thomas et moi, il s’amusait bien trop et était bien trop occupé à danser avec Caro. Ils dansaient les yeux plongés dans les yeux l’un de l’autre, ses bras l'entouraient et ils lui faisait de petits bisous au coin des lèvres, sous l'oreille, j'étais verte, ça aurait dû être moi! Puis comme ça devenait chaud, ils ont décidés de partir.
Pour que ce ne soit pas trop évident, ils ne sont pas partis ensemble. Caro a été la 1ère à lever le camp.
Quant elle a voulu me faire la bise, j’ai tenu à partir avec elle. Et oui, je savais aussi être collante comme une limace géante!
Je ne voulais pas prendre le risque qu’elle ne m’appelle pas, pour me dire ensuite que Pascal ne voulait pas. Elle n’avait pas à prendre le taxi comme ça. Ça l’a un peu déstabilisée, parce que, je crois qu’elle allait seulement attendre Pascal vers sa voiture, mais elle n’a pas osé me le dire. Devinant qu’elle allait envoyer un message à Pascal, je ne voulais pas qu’elle puisse le prévenir, alors, dès qu’on a quitté la boîte, j'ai prétendu avoir changé d’avis pour son plan à 3. Rusée, je lui ai demandé de ne pas être fâchée et de ne pas m’en vouloir.
Au contraire, ça a paru la soulager et lui faire très plaisir. J’ai fait semblant d’ignorer m’en être aperçu. Dès qu’on est arrivé dans ma voiture, elle lui a envoyé un message pour lui dire qu’elle partait déjà et qu’elle l’attendrait à la maison (chez elle). Après son message, je suis revenue sur le sujet, en prétendant avoir peur qu’il me renvoi comme il l'avait fait avec Marilou, pour la forcer à me dire le contraire. Ça n’a pas manqué. J’ai fait semblant d’y réfléchir, j’ai changé de sujet, puis quant on est arrivé chez elle, je lui ai dit qu’on verra bien, je voulais bien tenter le coup. J’ai réussi à la faire accepter que je reste en retrait pour faire la surprise à Pascal. Intérieurement, je fulminais de rage.
En arrivant chez elle, la 1ère chose qu’a fait Caro, était de tirer tous les rideaux, de fermer les fenêtres de sa chambre, puis de foncer prendre une douche. 1/2h après, Pascal est arrivé. Nerveuse, j’ai sursauté en entendant sa voiture, et j’ai essayé de rester en retrait en restant vers la cuisine. Pascal ne pouvait pas deviner que j’étais là. J'avais parqué plus haut, sous prétexte que si jamais Thomas pensait à me chercher chez elle, il ne fallait pas qu'il trouve ma voiture!!!
Dès qu’il a passé la porte, elle s’est jetée à son cou et ils se sont embrassés langoureusement. De les voir comme ça, le voir lui si... c'était comme des tonnes de coups de matraque dans la gueule et des tonnes de coups de poignards dans le cœur. C'est fou ce que ça peut faire mal. Presque aussitôt, Pascal l’a soulevée pour l’emporter dans la chambre. Je me suis avancée timidement dans le salon. Dès qu’il m’a vu, son sourire a disparu.
J’ai eu peur... Peur qu’il veuille que je m’en aille. Je ne sais pas pourquoi j’ai ressenti ça.
Ciel, dire qu’il faisait la même chose avec moi! Il fût un temps où c'était moi qu'il embrassait de cette manière, impatient et passionné!! Et moi qui croyait qu’il n’y avait que moi qui créait cette impatience chez lui. Je m’étais lourdement trompée. Il n'y avait pas si longtemps, c'était moi qu'il l'offrait à lui et pas le contraire, comment les choses avaient pu changer si rapidement? Je pouvais voir ce qu’il pensait refléter sur son visage; surprise, perplexité, interrogation avec son petit froncement de sourcils, puis il a dû décidé de jouer le jeu.
Mince, qu’est-ce que je pouvais être coincée parfois...
Caro a proposé à boire et Pascal s’est assis à côté de moi. Ses doigts ont emprisonnés les miens quelques instants, alors que Caro naviguait entre la cuisine et le salon, puis Pascal a passé son bras autour de ma taille pour me tirer près de lui. J’ai failli prendre la fuite.
Comment est-ce qu'il pouvait prendre tout ça tellement à la légère? Il ne devinait pas ce que ça pouvait me faire?
Il a senti mon petit mouvement de recul et ça l’a fait sourire. Il s’est mis à me faire des petits bisous dans le cou tout en me chuchotant des trucs à l’oreille. Je restais raide comme un bout de bois. Ça le faisait sourire encore plus. Caro est venu s’asseoir sur ses genoux sans aucune gêne. Ça se voyait qu’elle avait pris confiance au cours des mois passés et qu’elle avait l’habitude d’être sur ses genoux, d’être dans ses bras.
Ciel, je n’arrivais pas à me détendre. La pensée de tout le temps qu’ils devaient passer ensemble me torturait de jalousie et je luttais pour ne pas fondre en larmes. Je souffrais le martyre et je crois que Pascal le sentait et il a essayé de me mettre à l’aise. Il m’a accordé beaucoup d’attentions et je ne savais pas s’il le voulait vraiment ou si c’était juste pour me détendre.
Il se passait pleins de choses dans ma tête, je me posais pleins de questions. Ils étaient ensemble? Depuis quant? Ils s'étaient foutu de ma gueule depuis le début? Est-ce qu'il tenait plus à elle qu'à moi? C'était la folie, ça n'allait pas!
Puis, au moment le plus inapproprié, j’ai craqué et j’ai fondu en larmes comme une idiote... Arf! J’ai repoussé Pascal sans le vouloir, je n’arrivais pas à stopper le flot et pourtant j’ai essayé. C’était comme si j’avais fait exprès de fondre en larmes parce que je ne voulais pas qu’il ne se tourne pas vers Caro. Je me sentais mal, mais rien à faire pour récupérer, impossible de m’arrêter.
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Jane? Qu’est-ce que tu as? Parle moi...
Pascal s’est levé presque aussitôt et s’est habillé. J’ai pensé qu’il allait nous planter là ou me demander de rentrer...
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Je crois qu’il faut qu’on parle. Allé, viens... On va chez moi, d’accord?
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Non. Non, non, restez. Je vous laisse, je vais aller au salon et dès que vous aurez fini de discuter...
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Non. On va aller chez moi.
Pascal m’a aidé à m’habiller avant de me prendre par la main pour qu’on s’en aille. Je ne sais pas si Caro regrettait ou non que je sois là ou si elle était fâchée, je n’entendais rien. Elle a tout essayé pour qu’on ne parte pas, et ça coulait, ça coulait sans que je puisse rien faire. J’essayais de me cacher le visage et d’étouffer mes pleurs, mais niet. J’avais honte de pleurer comme une madeleine, et je voulais que ça cesse, mais rien à faire. J’ai pleuré pendant presque tout le chemin à pieds jusqu’à son appartement. Je suis sûre que Caro doit être très très fâchée contre moi et je la comprenais.
Pascal m’a donné à boire, mais je n’avais pas soif. Je voulais juste qu’il me laisse tranquille un moment, ce qu’il a fait. Je ne voulais pas qu’on me touche, juste rester dans mon coin, pas qu’on me regarde, juste me laisser. Il m’a préparé un café, puis quant il a senti que je me calmais, il m’a tendu une cigarette et un mouchoir. Ça m’a calmé de le sentir si calme et la cigarette. Il s’était assis sur la table basse du salon et essayait de capter mon regard. Pfff, j’avais les yeux rouges, le nez qui coulait, non, je n’avais pas envie de croiser son regard. Après un long moment de silence, d’une voix tendre qui a fait chavirer mon pauvre cœur meurtri, il m’a demandé si ça allait mieux, en séchant mes yeux du doigt. Ça m’a fait du bien.
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Tu veux me raconter ce qui t’arrive?
Gentiment Pascal me caressait la joue, tout en continuant à essayer de sécher mes larmes. C’était inutile, mes nerfs avaient lâché et je n’avais aucun contrôle sur le trop plein qui sortait. J’avais honte de pleurer comme une gamine. Honte de pleurer devant lui. Je ne pleurais jamais devant personne.
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Je ne sais pas ce que j’ai fait qui t’a fait pleurer, je le regrette, je m’en excuse, pardonne moi.
Ses yeux tous tristes, et sa voix chaude et tendre quant il dit “viens là” en me prenant dans ses bras, afff je fonds, ce qu’il était chou. Il m’a serré contre lui et c’est sorti tout seul, j’ai même été surprise de m’entendre le dire à haute voix!!!
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Est-ce que je peux aussi être une de tes maîtresses? Je veux être une de tes maîtresse, si tu le veux bien!
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T’es folle ou quoi? T’es sûre que c’est bien ce que tu veux?
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Certaine.
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Et tu fais quoi de Thomas? Alors arrête de raconter des bêtises... Tu ne sais pas ce que tu dis!
Pascal a froncé les sourcils, il ne comprenait pas. Moi si. C’était pas des bêtises, je voulais une petite place, une toute petite, et même celle-là me convenait. Je ferais n’importe quoi et tout pour faire partie de son univers.
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On devrait peut-être retourner chez Caro, sinon elle sera fâchée contre moi. Je ne veux pas qu’elle m’en veuille!
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Ça ira. T’en fais pas.
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Pourquoi? Pourquoi Caro? Est-ce que vous êtes ensemble? Depuis tout ce temps, vous avez toujours été ensemble, n’est-ce pas?
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Qu’est-ce que tu va imaginer? Qu’est-ce qui te fait dire un truc pareil?
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Tu la vois tout le temps! Je croyais que tu retournais auprès de ta femme, et c’était pas vrai. Je pensais que tu étais avec Nina, et je me rends compte qu’il y a Caro, qu’il y a toujours eu Caro, tout le temps! Vous n’avez jamais rompu, n’est-ce pas?
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N’importe quoi. Même si je suis avec Nina, je vois toujours Caro. Tu sais, Caroline est la seule chose constante dans ma vie! Puis soyons sérieux, d’ici fin mars, ce sera fini avec Nina!
Glups! Inutile de lui demander s’il aimait Caro après ça, l’entendre le dire à haute voix me ferait trop de mal.
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J’aurai voulu que ce soit vers moi que tu te tournes... J’espérais être la personne avec qui tu te sentais le mieux. Mais ce n’est jamais moi..
Pascal a eu un grand soupir. Pendant quelques instants, il a réfléchi avant de me répondre.
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Mais Jane, tu es avec Thomas... Je ne peux pas me tourner vers toi même si j’en avais envi.
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Tu en as eu envi?
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J’en ai eu envi.
On s’est retrouvé assis comme 2 idiots sur le canapé, séparé par des kilomètres. C’était fini les caresses sur la joue pour que j’arrête de pleurer, il ne m’approchait plus. Je me suis mise à rêver qu’il m’attrape encore par le bras pour me demander de rester... Désopilant!
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Merde Jane, tu devrais rentrer... Si Thomas te trouve ici, ça va mailler!
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Ha? Tu veux juste que je m’en aille pour que tu puisse courir chez Caro, c’est ça?
Puis, je me suis transformée en emmerdeuse de 1ère, toujours à ressasser les mêmes choses, je voulais tout savoir, je voulais savoir quant il avait commencé à voir cette Nina, ce qui se passait avec Caro, s’ils étaient ensemble et depuis combien de temps, pourquoi il avait prétendu vouloir redonner une chance à son mariage, etc etc. Pffff, la vraie pouffiasse casse-pieds!
Il n’y a que ses bisous qui ont réussi à me faire taire. J’adore trop être dans ses bras. Je lui ai dis à nouveau que je voulais être une de ses maîtresses, je me foutais du reste, je voulais juste être avec lui. Ça l’a fait sourire. Je crois qu’il pensait que je racontais encore des conneries, mais j’étais sérieuse.