079/11 - Règlement de compte (1)
Règlement de compte (1)
Dim-20.mars.11 - (079/11)
Oublié, zappée!!! Pascal avait l’air de passer une bonne soirée, il ne pensait pas à moi du tout. J’ai eu envie de voir la tête qu’il ferait si je l’appelais. Surprenant, mais il a pris mon appel, mais comme je n’avais pas prévu ça et que je ne savais pas quoi lui dire, j’ai raccroché. N’ayant personne au bout, il a essayé aussitôt de me rappeler, alors j’ai éteins mon natel. Ça a dû passer directement sur ma boîte vocale.
Curieuse, j’ai été immédiatement écouter son message; "Afff Jane dommage, je n’ai pas été assez rapide pour répondre! J’espère que tu es bien arrivée. Tu sais, j’aurai peut-être dû te demander de rester encore un peu, mais bon, c’est trop tard. je te fais pleins de bisous Jane, appelle moi dès que t’as un moment demain ok?". Miammmm, que j’aime le timbre de sa voix, qu’il était adorable au téléphone!! Si je ne voyais pas ce qu’il faisait, j’aurai même cru que je lui manquais!!
Hum! Donc, avec le recul il pensait me demander de rester? Pfff, il croyait que j’étais en Suisse, alors il pouvait dire n’importe quoi, ça ne portait pas à conséquence, hein? Que je reste hein? Le rat des bois, il va en avoir une belle surprise! En attendant, je prenais plaisir à l’observer.
Pour répondre au téléphone, il s’était éloigné du groupe, de retour, il a repris le cours de sa soirée comme de rien. Comme j’étais idiote, il arrivait à me berner si facilement. Je me faisais certainement encore des illusions, mais je voulais y croire. Ou était-ce un léger regret que j’avais cru remarqué dans sa manière d’être? Nina lui avait chuchoté quelque chose à l’oreille et il avait secoué la tête.
Chaque fois qu’il discutait avec une fille, de petites piqûres d’envies me parcourait tout le corps et il y en avait une qui n’arrêtait pas de le toucher en lui parlant. En plus, elle était pas mal du tout; c’était une pulpeuse blonde germanique, qui me faisait assez penser à Barbie. Nina aussi avait remarqué le cirque et les observait sans rien dire. Elles étaient 2 à monopoliser son attention, l’autre avait les cheveux courts et était noiraude, mais c’était la blonde la plus offensive avec ses mimiques et à lui effleurer le bras de sa poitrine. Elles le draguaient, c’était assez évident. Pouffiasses. Non, ce n’était peut-être pas des pouffiasses, mais j’étais un peu jalouse.
Nina restait à l’écart, elle et Pascal se comportaient comme s’il ne s’était jamais rien passé entre eux. Ils jouaient bien le jeu tous les 2! Le spectacle s’est interrompu pour Caro et moi quant ils sont retournés à l’intérieur. On aurait probablement pu les voir à travers les grandes vitres du pub, mais il aurait fallu approcher, mais c’était trop risqué.
Caroline insistait pour qu’on aille aussi prendre un verre dans le pub, alors j’ai dû lui rappeler que j’étais sensée être à Lausanne et pas en train de l’espionner en plein Munich!!!
L’empêche que je me demande ce que j’aurai fait sans elle! Caroline, malgré son côté colle-aux-fesses, m’était indispensable, je n’aurai pas pu me débrouiller à travers la ville et je n’aurai jamais retrouver Pascal sans elle. Et aussi, malgré le fait qu’elle savait que je cherchais à le voir, elle m’avait accompagnée et aidée. Elle aurait pu tout aussi bien prétendre ne pas savoir où le trouver? Mais non!
Puis peu après minuit, on a vu une partie du groupe quitter le pub. Pascal était parmi eux. Il est parti de son côté, comme pour rentrer, et Nina est partie avec un autre groupe de la bande. Fol espoir, on a pensé qu’il allait rentrer. Il a pris un taxi avec la petite noiraude qui était avec eux plus tôt.
Glups, mon moral est tombé direct au fond de mes pompes.
On a essayé tant bien que mal de suivre ce foutu taxi, mais on les a perdu. On était complètement dépitée. Je crois bien que Caro était aussi nerveuse que moi à voir le tremblements de ses mains autour du volant. Après avoir tourné en rond dans le coin où le taxi avait disparu, on a décidé d’aller attendre chez Pascal. Merde, on l’avait perdu. 1/2h après, toujours pas de Pascal.
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Alors, qu’est-ce qu’on fait? On attend encore un peu ou on retourne voir au pub? Peut-être le reste de l’équipe nous conduira où ils vont? Je pense qu’ils vont aller en boîte.
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Pfffffouh, je sais pas... Tu crois? Ils seront sûrement déjà parti, tu crois pas? Ca fait bien 1h que Pascal a quitté le pub, non?
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Oui, mais qu’est-ce que tu proposes? On peut pas rester ici sans savoir s’il va rentrer? Et s’il est rentré avec l’autre là, alors c’est foutu!! Il était pas en voiture, alors on a aucune chance de retrouver sa trace! Ou peut-être si on demande au taxi?
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Au Taxi? Mais ils ne vont pas nous dire, de plus, comment savoir quel taxi?
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642...
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T’es dingue! Et dire que je me croyais dingue! (rire, malgré que je me sentais down) Ils ne vont jamais vouloir nous renseigner ça j’en suis sûre!
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Qu’elle merde... Alors on fait quoi?
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Il est peut-être rentré, on l’a juste raté!
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Peut-être... Pfff!
Puis Caroline a pensé qu’on pouvait toujours aller voir chez Nina. Ça me faisait royalement chier de l’avoir raté. On ne savait pas du coup s’il était chez lui, chez Nina ou chez l’autre pouffe. Horrible de se sentir si impuissants. On aurait dû savoir que ce n’était pas aussi simple de tracer quelqu’un dans une ville aussi énorme et tentaculaire.
Chez Nina, on a déposé la voiture dans un coin à l’écart de l’immeuble et on est revenu sur nos pas. On allait sortir de l’ombre pour se diriger vers l’immeuble quant on a vu Pascal dans l’entrée, sortir une main jeter sa cigarette. Rhhho! Heureusement que la lumière s’était allumée quant il a bougé, sinon on se serait retrouvé nez à nez avec lui. Mince, on aurait eu l’air malin!!!! Piiiiouh! on s’est accroupie derrière une voiture et on a failli partir dans un fou rire nerveux. Rhhhohhh! On avait eu vraiment du bol de ne pas se faire prendre! Heureusement aussi qu’on ne soit pas resté trop longtemps à poireauter chez Pascal et qu’on soit venu ici, sinon, on l’aurait raté! Quel bol de chez bol.!!!
2 à 3 min après, Nina est arrivée à son tour en taxi. Pascal lui a ouvert la porte et a passé son bras autour de ses épaules et elle le bras autour de sa taille et ils se sont dirigés vers l'ascenseur. Ça se voyait qu'il se sentait chez lui, qu'il avait l'habitude de venir là!
Mince, impossible de décrire l’état, le coup de chaleur, la tension, jalousie et le reste qui m’est tombé dessus. J’avais le souffle coupé, tremblante je manquais d’air. Avec Caro on s’est regardé. Je crois qu’on avait toutes les 2 le regard hagard. Je crois que, tout comme moi, elle avait des palpitations nerveuses, je crois bien qu’elle tremblait aussi.
Si je ne voulais rien faire, malgré l’avertissement que Pascal lui avait fait, Caroline voulait foncer sonner chez Nina. Il fallait que j’intervienne, moi non plus, je ne pouvais pas rester là sans réagir. Je tremblais si fort que j’avais de la peine à mettre un pied devant l’autre, mais je devais. Je ne pouvais pas attendre qu’ils soient bien trop occupé pour ouvrir, j’avais des fourmis dans les jambes tellement j’avais envie de courir jusqu’à la porte de Nina.
Il n’y avait pas encore de la lumière aux fenêtres de son appartement au 7è, quant je suis entrée dans l’immeuble. Hyper nerveuse et folle d'angoisse, j’avais dû m’y reprendre à 2 fois pour faire le code de l’entrée tellement mes mains tremblaient.
J’étais dans le brouillard, ma tête était en feu, mais j’ai quand même entendu Caro me dire qu’elle allait attendre jusqu’à ce que je sorte de là. Elle ne partirait pas sans moi. Il était évident qu’elle savait, comme moi, que j'allais me faire expédier plus vite qu’un DHL!
Le cœur dans la gorge, encore dans un état de transe, j’étais devant la porte, le doigt sur la sonnette sans même avoir repris mon souffle. J’ai essayé de calmer les tremblements qui me secouaient de la tête aux pieds avant que la porte ne s’ouvre. Sans succès. C’est elle, Nina, qui a ouvert. Elle m’a détaillée de la tête aux pieds d’un air narquois. Je me sentais minable, mais tant pis. Mes oreilles étaient en feu, je pense que j’avais toute la tête rouge!

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Pascal? ... Je crois que c’est pour toi!
Nina restait à la porte et me regardait très sûre d’elle, je crois bien qu’il y avait une lueur d’amusement dans son regard et aussi un peu de mépris. Elle avait l’air de savoir que Pascal lui appartenait désormais et que personne ne pouvais rien y faire. Ça a accéléré mon malaise et mes tremblements.
Je crois que j’étais au bord de l’évanouissement. Ma tension était au maximum, j’avais le cœur qui battait si fort dans mes oreilles et un si gros nœud à l’estomac que j’entendais à travers un brouillard épais. Je crois que j’avais le cerveau noyé ou creux.
En tous cas, je n’oublierais jamais ce regard là, il fait mal. Pas besoin d’insultes, de taper, il fait encore plus mal que ça. J’avais envie de le lui faire avaler à sec.
Je n’avais même pas réussi à articuler un mot, ni demander Pascal. Rien. Les sourcils froncés, il est venu vers la porte et je l’ai vu changer de couleur. Je pense qu’il s’attendait peut-être à voir Caro, mais surement pas moi. Interloqué, je crois que c’est l’expression de son visage, ou halluciné!
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Je croyais que t’étais rentrée? Qu’est-ce que...?
Nina qui tenait toujours devant la porte a jeté un regard interrogateur à Pascal, puis elle a froncé les sourcils à son tour.
- Rentrée? Tu savais qu’elle était ici? Attend, tu ne veux pas me dire qu’hier soir??? Pascal, tu m'expliques?
En tous cas, déstabilisée, son fort accent allemand s’accentuait quant elle parlait anglais, c’était pas joli. Méchamment, ça m’a fait plaisir de la voir perdre la face. Pascal me dévisageait toujours sans comprendre. Puis, je pense qu’il a dû réaliser qu’il avait trop parlé ou laisser échapper une info de trop. Il s’est passé nerveusement les mains sur la figure et dans les cheveux avant de se tourner vers celle qui venait de lui poser une question. C’était facile de lire sur sa figure que la réponse à sa question était évidente.
Nina a pâlit et un pli amer s’est dessiné au coin de sa bouche, et son visage s’est transformé en masque de cire.
Pascal a poussé un soupir et il lui a répondu qu’effectivement, il savait que j’étais là. Mais c’était inutile, elle l’avait déjà compris. Mes tremblements par contre semblaient se calmer, je n’avais plus l’impression que mes genoux jouaient aux claquettes, mais je ne pouvais toujours pas articuler un mot. Pascal a voulu m’embarquer par le bras pour sortir discuter sur le pas de la porte, mais Nina ne voulait pas que les voisins puissent nous voir ou nous entendre. Elle préférait qu’on reste à l’intérieur. Pascal m’a donc fait entrer, Nina semblait prête à exploser ou à pleurer.
En chuchotant, Pascal m’a demandé comment j’étais entrée dans l’immeuble, pourquoi j’étais venue, que je le mettais dans une situation embarrassante, et qu’est-ce que je lui voulais?
Je ne voulais pas parler devant elle, je sentais que d’1minute à l’autre, il allait me demander de partir et je ne voulais pas. Aucune larmes, je ne pleurais pas, mais je n’arrivais toujours pas à parler, alors je me suis agrippée à lui pour qu’on s’en aille. J’étais trop sous le choc d’avoir osé venir jusque là. J’étais au bord de la nausée, pourtant je paraissais calme. Enfin, je crois.
Pascal m’a regardée au moment, puis enfin, ciel enfin, (merci à tous les anges du monde), il a décidé de me suivre, de partir avec moi. Il a dit à Nina qu’il l’appellerait plus tard ou demain et a pris sa veste, mais Nina s’est interposée. Elle n’était pas d’accord qu’il parte avec moi. Pascal lui a promis qu’il ne se passerait rien, qu’on allait juste discuter.
Nina ne voulait rien savoir, elle voulait qu’il me demande de m’en aller, de partir, de quitter son appart.
Heureusement, Pascal n’en a rien fait, il semblait ne pas savoir comment s’y prendre, ni quoi faire. Il restait là à me dévisager. Je ne pourrais pas dire s’il était énervé ou non, ni si ma présence l’agaçait, il ne montrait rien. Il semblait juste atterré et encore sous le coup de la surprise.
Puis Nina a explosé! Elle lui a reproché ce qui c’était passé à Gstaad, d’avoir osé dire devant sa face qu’elle n’était qu’une aventure, que c’était assez dégueulasse qu’il lui ait menti pour hier soir, qu’elle devinait maintenant qu’il devait être à l’appart avec moi quant il l’avait appelée pour lui dire de s’en aller, d’avoir osé prétendre qu’il était chez lui avec sa femme et qu’il ne pouvait pas se libérer, que ce n’était que des bobards. Elle avait les larmes dans la voix quant elle lui a dit qu’elle ne supportait pas l’idée qu’il ait osé l’envoyer balader devant moi, et à cause de moi.
Nina m’a ensuite pris à parti pour me dire que j’avais un sacré culot d’oser venir le relancer jusque chez elle, alors qu’il ne voulait plus de moi, que je n’avais aucune fierté d’avoir eu l’audace de venir sonner à sa porte (ce qui m’a fait penser à son regard dédaigneux). Que c’était seulement par pitié que Pascal n’osait pas m’envoyer promener, en souvenir du passé, mais que si j’avais une once de dignité, j’arrêterais de lui pourrir la vie et de lui courir après comme une pauvre débile. Elle ne tolérait pas que je vienne à Munich pour l’humilier.
Et elle m’a demandé de déguerpir.
Pendant qu’elle déversait son venin sur moi, devenu la pauvre victime, Pascal avait essayé de la faire taire, mais elle était lancée, rien ne semblait pouvoir lui fermer le clapet. Les froncements de sourcils de Pascal n’auguraient rien de bon, j’avais peur qu’il ne fasse équipe avec elle contre moi, et qu’il me demande aussi de partir. D’un côté, ç’aurait été normal, mais ça, je n’arriverais pas à le lui pardonner.
Puis le silence est tombé, un silence lourd comme du plomb, pesant et épais.
Je me suis demandée si tout ce qu’elle avait dit avait été des choses qu’il lui avait raconté sous le scaux de la confidence, si elle ne faisait que l’écho de ce qu’il pensait. Glups, je n’avais rien osé dire, je n’avais pas encore ouvert la bouche. Puis, de toute façon, pour dire quoi? Je n’étais pas à ma place, j’avais fait quelque chose que je n’aurais pas dû, je le savais bien, mais c’était trop tard pour m’enfuir. Je restais plantée là comme une cruche, le regard accroché au visage de Pascal. Je cherchais désespérément d’accrocher son regard pour qu’il puisse lire ma détresse.
Quant Nina s’était énervée, il avait tenté d’aller vers elle, mais je suis restée accrochée à sa chemise. Impossible de desserrer mes doigts. Je crois que j’aurai fondu en larmes si je l’avais lâché.
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