100 - Pas de répits
S a m e d i..... 1 0 a v r i l 2010
Pascal s'est levé tôt pour son rendez-vous avec son équipe. Lui et Thomas ne prenaient qu'une seule voiture, et ils m'ont déposés avant de ramasser Paul au passage. Ciel, comme j'aime sa bouche, et son sourire, et ses mains chaudes sur mon visage.
Snif, je ne le verrais pas du week-end. Ils ont une sortie, un camp d'entraînement ou une truc barge du genre. Je me sentais déjà déprimée, mais aussi très excitée à l'idée de passer un week-end sans rien au programme. J'avais prévu de ne pas bouger de la maison et de me larver dans un vieux training tout le week-end; peindre, me taper de longs bains, lire, faire de petites siestes. Le pieds quoi. La vie autour de Pascal n'était pas de tout repos, j'avais besoin de solitude et de récupérer après ses longues semaines de tensions. J'étais claquée.
Dans l'après-midi, Marie m'a proposé un café. Ça faisait plus d'une semaine qu'on ne s'était pas vue. En remontant, j'ai viré mes fringues pour mettre un de mes trainings défoncés et je me suis jetée sur la toile que j'avais commencé pour ma frangine. J'aurai pu mettre un des DVDs que Pascal avait loué, mais je ne voulais pas les regarder sans lui.
Jusqu'à 3h du matin, j'avais passé une soirée délicieuse. J'adore. J'étais assise devant ma toile à étudier ce que j'avais fais quant DOL m'a appelée. Je savais qu'elle demanderait à passer et à la minute où j'ai répondu, j'ai regretté. Je l'ai ramenée chez elle vers 11h du matin. Grrr... ça m'a flingué la fin de soirée, mais au moins, j'ai réussi à oublier que Caroline était partie à la recherche de Pascal.
Samedi vers midi, Caro a débarqué chez moi. Elle avait besoin de parler. Enfin, disons que Pascal lui manquait, et j'étais, je pense, ce qui lui donnait l'impression d'être proche de lui, mais elle voulait aussi me dire quelque chose, face à face.
- Est-ce que toi aussi, de l'aimer si fort te fait mal? Si mal que parfois, tu as de la peine à respirer?
Oh oui, je savais de quoi elle parlait! Jeeez, elle l'aimait autant que moi? Surprise, je l'ai observée un moment. J'étais mal à l'aise, partagée entre l'envie de lui demander d'arrêter de tourner autour de mon homme et de partager mes sentiments avec quelqu'un qui savait de quoi je parlais. La raison l'a emporté.
- Caro, il faut que tu arrête. Je ne veux plus te voir lui tourner autour, ça commence à me porter sur le système.
Caro était étonnée, hum, moi aussi. Je me sentais mal de lui sortir ça, juste après qu'elle m'ait parlé de ce qu'elle ressentait, mais elle parlait quand même de celui que j'aimais. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais mal au bide, je ne me sentais pas très bien
- Je peux pas Jane... Je l'aimais depuis si longtemps, avant même que vous vous soyez rencontré. Ça m'a fait groumer quant j'ai su que vous sortiez ensemble. J'ai cru que j'allais mourir. On était amis, il m'avait tout de suite avertie qu'il avait quelqu'un et qu'ils allaient se marier. Alors tu pense bien que je ne m'attendais pas à le voir fréquenter quelqu'un... Je pensais bien devenir sa maîtresse un jour ou l'autre, marié ou pas. Je le connaissais avant toi, et je l'aimais déjà longtemps avant toi. Je peux pas me résoudre à laisser tomber.
On s'était assis côte à côte, et je me suis laissée aller à lui parler de ce que je ressentais. C'est vrai que même d'être près de lui était une souffrance constante, parce que je l'aimais à mort. Je passais mon temps à lui chercher des défauts, pour trouver quelque chose que je pourrais amplifier, pour en venir à l'aimer moins, mais je ne trouvais rien. C'était agréable de pouvoir rabâcher les oreilles à quelqu'un avec tous les petits détails le concernant, quelqu'un qui ne serait pas agacer. Ça fait drôlement du bien.
Mais j'avais la boule à l'estomac; je savais si bien ce qu'elle ressentait. Les rôles auraient pu être inversés.
Caro avait l'intention de suivre Pascal. Voilà, elle l'avait dit. Pascal serait peut-être ennuyé de la voir faire irruption comme ça, mais il ne pourrait pas l'ignorer, ni la laisser plantée dans un coin. Bizarrement, Caro m'a reprochée de ne pas assez m'intéresser à ce qu'il faisait, de ne pas me comporter comme une nana vraiment amoureuse de son mec; je n'allais pratiquement jamais à ses matchs, je pouvais passer la soirée dans la même pièce, sans même aller vers lui, c'était toujours lui qui venait vers moi.
Elle n'avait pas tord, mais c'était la timidité, ancrée en moi, qui me bloquait. Caro estimait que j'étais mieux placée qu'elle pour savoir où il était, et ce qu'il faisait.
Caro a proposé qu'on y aille ensemble et de partager la même chambre. Non mais, de quoi on aurait l'air? J'imagine déjà l'expression de ses copains; "Tiens, c'est pas ta nana là? Heu, tes nanas?". Non, je ne pouvais pas le suivre comme un toutou. J'aurai voulu avoir son cran pourtant!
Je ne voulais pas qu'elle dise à Pascal qu'elle m'avait parlé de ses plans... qu'il se demande pourquoi je n'avais pas eu l'idée de lui faire ce genre de surprise... parce qu'il adore ce genre de surprise! Arriver comme un cheveux sur la soupe? La honte. Son équipe se moquerait de lui, de moi. Je les imaginais se faire du coude; "Dis, c'est pas Jane là-bas?". Rhhhh. De plus, je suis sûre que ça agacerait son équipe.
Ce qui était mortel, c'est que Pascal m'avait dit où ils étaient, et moi, je ne me rappelais pas. Je n'ai pas osé le demander à Caro! J'aurai pu prétendre aller la rejoindre et du coup, elle me l'aurait dit. Mais, je n'allais quand même pas faire des heures de routes pour aller voir? J'aimerai bien que Pascal la vire et insiste pour qu'elle s'en aille, mais je savais qu'il ne le ferait pas.
C'était peut-être pour ça que j'avais accepté d'aller prendre un café avec Marie après le départ de Caro. Ça me changeait les idées et m'évitait de trop penser. Et probablement aussi pourquoi j'ai accepté de voir DOL. Maintenant, j'étais rongée... Je voulais savoir ce qui s'était passé? Si Caro l'avait trouvé? S'il avait passé la nuit avec elle...
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------ Pas de répits - 10.avril.10.sam - (100) -----