109/2013 - Elle s'appelle Elody...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 19 avril 2013  - 109/2013 - Elle s’appelle Elody

Je déteste laisser voir mes sentiments et pleurer devant qui que ce soit. J’ai l’impression de jouer les victimes, ou de faire semblant. Et pourtant, même là, je me retiens pas mal. Sinon, je hurlerais comme une louve.

Pascal m’a demandé ce que j’avais envie de faire ce week-end. Comme s’il était certain que je n’avais rien d’autre à faire, que passer mon temps avec lui. Si j’avais été dans un de mes jours normaux, j’aurai prétendu avoir quelque chose. Bon, je n’avais rien prévu de mieux. Et oui, j’avais envie de lui coller aux basques. Mieux, de me transformer en justaucorps, pour lui coller encore plus à la peau, et l’habiller avec.

Il m’avait voulu que je me repose, que je reste tranquille, en me proposant de rester chez lui. Pour lui rappeler de bons souvenirs, je voulais lui faire la surprise de préparer quelque chose à manger. Je l’ai supplié de passer le week-end avec moi.

Je ne comprends pas bien pourquoi il m’avait proposé de rester chez lui, parce que ce soir, il jouait avec le groupe. Et sincèrement, je ne crois pas qu’il voulait que je l’accompagne. Mais, j’ai fait comme si. Il a bien essayé de me dire que ça me ferait du bien de rester tranquille ce soir. Toute l’équipe de copains étaient au chalet. C’était les dernières fois avant l’été. Pascal n’avait pas envi de monter. Et je ne sais pas si c’est parce que ça impliquait qu’on monte ensemble.

Je l’ai accompagné au concert, et comme je l’avais imaginé, l’autre nana était là. Je me suis félicitée d’être venue. Si j’avais été absente, Dieu sait, il en aurait profité pour s’expliquer, et peut-être même que Pascal ne serait pas rentré de la nuit. Elle a fait la moue en me voyant, surtout en voyant qu’on se tenait par la main.

Pendant la pause, Pascal a été vers elle, me plantant au milieu de gens que je ne connaissais pas. C’était les membres du groupe et quelques fans, je les connaissais de vue, mais sans plus. J’aurai pu aller vers lui, mais, je n’ai pas osé. De toute façon, ils trouveraient bien le moyen de se parler une fois ou l’autre, ne serait-ce que par téléphone, alors autant que ce soit en ma présence. Je les ai vu se diriger vers la sortie, paniquée, je les ai suivi.

Je n’avais pas de quoi paniquer de toute façon, Pascal n’allait pas disparaître au milieu du concert. Il ne ferait jamais une chose pareille à un copain. Et il ne me laisserait pas là comme ça. Jamais. J’ai eu beaucoup de mal à traverser la foule, à la sortie, je ne les voyais pas. Mon coeur a commencé à battre de plus en plus rapidement. Je crois que je les ai tout de suite imaginé dans un coin à s’embrasser!!!

Puis, je les ai repéré un peu à l’écart. D’après l’expression de la nana, elle lui demandait des explications. Pascal n’a pas eu le temps de répondre, j’étais déjà à côté d’eux. En me voyant, l’autre m’a scruté de la tête aux pieds, d’un air hautain et méprisant. M’en fou. Par contre, je n’ai pas aimé que Pascal croise les bras. C’était comme s’il voulait m’empêcher de lui prendre la main.

Je lui ai demandé un clope pour me donner une contenance, et j’étais tellement nerveuse, que la première bouffée m’a fait tousser. Pascal n’a même pas cherché à nous présenter. Puis, il devait retourner à l’intérieur. Et moi, je venais à peine de commencer ma clope. Je me suis trouvée conne. Depuis mon arrivée, ils n’avaient rien trouvé à se dire. J’avais dû jeter un froid.

J’ai balancé ma clope pour le suivre, et là, je lui ai pris la main. Sa main d’habitude si chaude, était toute froide. J’ai senti qu’il a cherché à me la faire lâcher, mais je tenais fermement.

Clairement, ça gênait que l’autre fille. Comment un homme pouvait-il être aussi cruel avec une fille avec qui il est sortis pendant plus de 4ans, et la traiter comme une gêneuse, pour une nana qu’il ne connaissait que depuis quelques jours? Mais, je me suis accrochée, m’interdisant de lui montrer ma douleur.

Caroline était arrivée entre-temps. J’étais contente de la voir. Au lieu de retourner à l’arrière pendant le concert, je suis restée vers elle. Et pendant toute la 2ème partie, je lui ai raconté les évènements de ces derniers jours dans les moindre détails. En omettant quelques séances de larmes. Je lui ai montré la fille. Caro l’avait déjà aperçue. Elle semblait avoir une meilleure mémoire que moi!

A la fin du concert, la nana a attendu Pascal pour lui faire la bise. Enfin, elle était partie. J’étais plus calme. Soulagée même.
J’avais tendance à être trop confiante, trop vite rassurée. Ça m’a fait oublier d’être sur mes gardes…!!! Grave erreur !

Pascal m’a dit qu’il devait ranger le matériel avec le groupe et m’a demandé de rentrer avec Caro, qu’il me rejoindrait chez lui dès qu’ils en auraient terminé. Il a aussi dit qu’ils devaient aller les déposer au local. Là, j’aurai dû me méfier!!! J’aurai dû! Chez Pascal, j’ai proposé un verre à Caro. 1h plus tard, Pascal n’était toujours pas rentré. Là, Caro m’a fait remarqué qu’il aurait dû être de retour. Pourquoi est-ce qu’il a fallu qu’il court chez cette fille???

Caroline avait oublié d’être bête, en rigolant, d’un rire jaune, elle a dit qu’elle n’allait pas seulement au concert pour regarder Pascal jouer, mais aussi pour nouer des relations avec les membres du groupe. D’ailleurs, elle a aussitôt appelé un des joueurs, pour lui demander s’il savait où habitait cette fille. Au début, il n’a rien voulu dire, puis lui a fait promettre de ne jamais dire que ça venait de lui.

Elle s’appelle Elody et elle habitait sur les hauteurs de Morges. Puis, Pascal n’a pas rangé le matériel avec le groupe, il était parti tout de suite après nous. Pas de doute, il était avec elle. Caro voulait aller là-bas. Elle voulait le chercher et même aller le chercher chez cette Elody. Pascal risquait de s’énerver. Moi, je n’en avais pas le courage.

Puis, Caroline a eu un éclair de génie. Elle a décidé de commencer à envoyer des messages de détresses à Pascal et  retourner sur ses pas pour lui faire croire qu’elle était en panne au beau milieu de la campagne. Elle prétendait ne pas avoir beaucoup de batterie, qu’elle avait peur et lui demandait d’aller la chercher. Hihihi.

L’empêche, elle est courageuse, pour aller s’enfermer dans sa voiture, dans la nuit noire, au beau milieu de nul part. De mon côté, je lui avais aussi envoyé une demi douzaine de messages. Je m'inquiètais de ne pas le voir arriver.

Grâce à elle, Pascal a dû se bouger. Il l’a d’abord appelé, et elle lui a rapidement expliqué à peu près où elle se trouvait. Puis, quant il a voulu lui dire qu’elle aurait très bien pu m’appeler, elle a raccroché. Elle m’a vite appelée pour me tenir au courant, avant de se dépêcher de décharger au max son natel. L’empêche, c’était dangereux. Et si elle se faisait agresser? Comment fera-t-elle pour appeler à l’aide sans batteries???

1h plus tard, Pascal est rentré avec une Caroline frigorifiée. Il m’a laissé comprendre que sa panne était la raison de son retard. Pfff, mais nous, on savait. Après avoir bu un thé pour se réchauffé, Caroline est rentrée. Pascal lui a fait comprendre qu’elle était de trop. L’empêche, je lui devais une fière chandelle. Sans elle, je serais encore là à attendre Pascal.

Pascal était de mauvais poil. On savait aussi pourquoi!!!! On avait foutu en l’air ses petits projets de la soirée… Bien fait.


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