125/2013 - A contre courant???
Dimanche, 5 mai 2013 - 125/2013 - A contre courant?
Vers 2h du matin, on a fait une petite pause. J’ai donné un coup de main à Thomas pour préparer des trucs à grignoter et à boire. Moi, c’était du café, pour ne pas changer. On avait 3 heures de films dans les yeux. Il fallait une pause, sinon nos rétines auraient surement explosé. Enfin, pas les miennes, j’ai l’habitude, et j’aime passer des soirées entières à regarder films sur films.
Thomas m’a chuchoté à l’oreille; “Je sais bien que Pascal va le prendre mal si tu restais dormir chez moi, alors tu sais, je comprendrais que tu choisisses de rentrer chez toi.”. J’ai voulu protester, mais, comme j’avais passé toute la soirée, depuis l’arrivée à Pascal, à ne penser qu’à ça, j’ai préféré être honnête.
- Ben, j’y pensais justement… Du coup, je ne sais pas quoi faire. Je n’aimerai pas laisser Pascal avoir ce genre d’emprise sur moi. Après tout, il ne fait pas attention à ce que je peux penser, et on n’est plus ensemble. Mais, en même temps, ça me perturbe.
- T’inquiète pas pour moi, je comprends.
Thomas était vraiment adorable. Il venait de me soulager d’un énorme poids. Mais quand même, pourquoi est-ce que j’agirais en fonction de Pascal, hein? Est-ce qu’il pensait à moi hier soir quant il est reparti après avoir vu ma voiture? Sans Thomas, j’aurai passé une triste soirée chez moi, toute seule, à me morfondre, alors que Pascal serait sorti s’amuser avec Caroline! Non, même si j’étais tentée de choisir la facilité, je ne devrais pas me laisser commander par Pascal.
Pascal nous observait. Il ne semblait pas apprécier de nous voir si complice, se chuchotant à l’oreille. Il est donc venu nous demander ce qu’on se racontait. Caroline s’est précipitée derrière lui. Gêné, on s’est tu pour bafouiller quelques platitudes, comme quoi la bouffe, etc. Pascal m’a tirée sur la terrasse pour discuter. C’était encore plus gênant. Je me suis sentie assez mal à l’aise.
Pascal m’a demandé de rester dormir… Ça c’était le comble! Je ne pouvais tout de même pas accepter? C’était prévu que je reste chez Thomas, et maintenant, il pensait que j’allais abandonner Thomas pour m’engouffrer chez lui? C’était juste pas possible. L’empêche, ça me déchirait le coeur de me retrouver à devoir refuser.
- T’es gonflé!
- Pourquoi tu dis ça?
J’ai rigolé, mais c’était de l’amertume.
- Hier soir, dès que tu as vu ma voiture devant la maison, tu prends la fuite, et ce soir, alors que tu sais que Thomas m’a proposé de passer le week-end ici, tu me demandes de dormir chez toi? T’appelles ça comment toi? Hier soir, tu as dormi où? J’étais pourtant ici? Tu ne m’as pas appelée de la semaine malgré le petit mot que je t’ai laissé… Ce qui veut dire que tu ne tiens pas à me voir! Et ce soir, tu avais rendez-vous avec Caroline, non? Pas avec moi! Donc, tu te fiches pas mal de ce que je fais, pour autant que je reste toute seule dans mon coin, c’est ça? Ou est-ce que c’est juste pour faire la nique à Thomas? Qui n’a été qu’un amour avec moi, qui s’inquiète pour moi…
Pascal regardait ses pompes, la mine boudeuse. Je n’aurai peut-être pas dû dire tout ça, mais c’était sorti tout seul.
- Tu me mets dans une mauvaise position là! Tu sais bien que ça toucherait Thomas. Tu apparaît subitement, comme ça… Puis, même si je le voulais, même si je crève d’envie de dire oui, je ne peux décemment pas… S’il n’y avait pas eu Thomas, je serais toute seule chez moi, peut-être à pleurer parce que tu n’as même pas pensé à m’appeler… Comme tu me l’as si bien rappelé la dernière fois, on n’est plus ensemble, alors j’ai accepté l’invitation de Thomas, je ne peux pas suivre un autre juste parce que, tout à coup, il a envi de me voir, ou juste montrer à son pote, qu’il peut faire de moi ce qu’il veut! On va voir si tu ne va pas toi, de ton côté dormir ailleurs, ou inviter une autre fille à dormir chez toi… Après tout, c’est de ta faute si on en est là!
- Ce n’est pas ça… Je fais des efforts pour ne pas t’appeler, ne pas te donner de faux espoirs… Parce que, dès que je te vois, j’ai juste envi d’être avec toi…
- Bla-bla-bla… Ce ne sont que des mots tout ça! Que des mots! Si tu regarde bien, c’est en contradiction total avec ta façon d’agir. Comme hier soir…
- Donc, tu restes dormir chez Thomas?
- Pourquoi pas? Tu as bien dormi ailleurs hier, non? Et je pense qu’il se passait bien plus qu’entre Thomas et moi! D'après ce que tu fera, je saurais comment réagir la prochaine fois.
Pascal m’observait. Il a dit qu’il n’arrivait pas à croire que je vais dormir chez Thomas, juste au-dessus de sa tête. Il m’a encore demandé si je ne voulais vraiment pas venir dormir chez lui. Que se serait pareil, je verrais Thomas le lendemain. J’ai répété que je ne pouvais pas. Ça ne se faisait pas des trucs pareils, que je lui en voulais de me mettre dans une telle situation.
Pour couper court, j’ai dit que les autres nous attendait pour regarder le film. Alors, je suis rentrée. Pascal me suivait, la tête basse, les mains enfoncé dans les poches.
Ciel, j’avais drôlement envie de dormir avec lui, malgré tout ce que je venais de lui balancer. Mais, franchement, je ne pouvais pas! Je n’osais pas traiter Thomas de manière aussi légère alors qu’il n’avait fait que chercher à me remonter le moral. Contrairement à Pascal.
Après le film, on était un peu tous crevé. C’est clair que je n’abandonnerais pas Thomas, après tout ce qu'il a fait pour moi. Pas encore une fois. Je restais. Pascal cherchait mon regard, cherchait un signe que j’avais changé d’avis. J’ai évité de le regarder dans les yeux, même quant je lui ai fais la bise. Bien sûr, intérieurement, je tremblais à l’idée que Pascal file dormir ailleurs ou chez Caroline. Je n’allais pas passer la soirée derrière la fenêtre, donc je ne saurais rien. Pour ce soir, je ne pouvais rien faire. Je ne voulais pas m’inquiéter, ni continuer à me détruire à petit feu, alors tant pis.
Suivant ce qu’il fera, j’aviserai… Je ne pouvais pas faire plus…
Dimanche, j’ai accompagné Thomas pour les croissants, etc, pour le petit dèj. Au retour, Pascal était déjà en haut et préparait le café. J’étais assez surprise de le voir. Thomas a avalé un café en vitesse, et voulait aller prendre une douche avant le déjeuner. Je le soupçonne d’avoir juste voulu nous laisser un moment pour qu’on puisse discuter.
J’avais reçu aussi un message de Caro, qui m’apprenait que Pascal avait refusé qu’elle vienne déjeuner avec nous. Je pense que Caroline espérait que, je passe par-dessus Pascal, et l’invite. J’ai préféré ne pas le faire. Simplement parce que, je ne voulais pas que Pascal sache qu’on se racontait pleins de choses, même tout. Hum, ça n’aurait fait que lui confirmer qu’on se relayait pour l’occuper et l’empêcher de voir la miss Elodie.
J’ai été plutôt calme et silencieuse pendant le déjeuner. Pour finir, après, Pascal s’est adressé directement à Thomas, pour lui demander s’il pouvait me kidnapper le reste de la journée. Comme si je n’avais pas mon mot à dire? Je suis quoi moi? Un pion? Une écervelée? Ça m’a piquée au vif. J’ai répliqué qu’avec Thomas, on avait prévu de se larver toute la journée devant la télé. Notre mot d’ordre de la journée; rien foutre, repos total.
Je sais que ça a vexé Pascal. Il est reparti chez lui, et Thomas m’a fait une grimace; “Waouh, Jane, il a dû mal le prendre!”. Qu’importe, je n’étais pas le petit jouet de Monsieur Pascal. Quand même, ça m’a serré le coeur. J’avais peut-être été trop loin. Que pouvais-je faire d’autre? Juste descendre chez Pascal? Comme si de rien n’était, laissant Thomas tout seul en haut? Non!
On était déjà larver devant la série “Person of Interest, season 2”, quant Pascal, après avoir boudé un moment est remonté s’asseoir devant la télé avec nous. Entre temps, j’avais invité Caroline. Donc, on a passé le reste de la journée, avachi dans le canapé, à bavarder et regarder la télé.
On aurait dû sortir un peu, il faisait beau par moment, mais on était tout aussi bien, tranquillement au chaud…
L’empêche, c’était bien de voir Pascal, même si j’ai fini par l’engueuler en quelque sorte. C’était agréable de passer la journée, sans être envahi par des potes dans tous les sens, de pouvoir discuter, rigoler ensemble comme avant. J’aurai bien aimé un peu plus de tendresse de la part de Pascal, mais c’était juste pas possible. Chaque fois qu’il approchait trop, j’évitais de laisser traîner ma main, de peur de devoir le repousser, ou lui arracher ma main.
Après avoir dîner tous les 4 ensembles, je suis rentrée. Mince, j’étais vannée, limée, crevée. Mal au dos, à la tête, et touti quanti. Toute la tension impliquée avec l’arrivée imprévue de Pascal, dans le petit week-end tranquille prévu avec Thomas, m’avait littéralement vidée.
Zut, Pascal a essayé de m’appeler une dizaine de fois! Je pense qu’il a dû croire que je ne voulais pas lui répondre d’après les messages qu’il m’a laissé… Encore un malentendu… C’est fou, on marche à contre courant ou quoi!