130/15 - Nerveux Pascal?
Samedi - Dimanche - 10 mai 2015 - 130/15 - Nerveux Pascal?
En fait, j’ai profité que Pascal soit sous la douche pour aller m’installer sous la couverture, à l’arrière de son 4x4. Je le suivrais. Caroline de son côté, nous suivra de loin. Je l’informerais par sms de l’endroit où on se trouve, si jamais elle doit passer me chercher. Peut-être que Pascal va simplement rejoindre ses potes. Ce sera parfait.
Si d’aventure il filait ailleurs, ou appelait l’autre depuis sa voiture, je le saurais.
Me voilà donc prête pour l’action. Je priais secrètement pour qu’il aille rejoindre ses amis. J’espérais m’être faite de fausses idées. Hélas, le sixième sens n’est pas seulement chez les animaux. Ou plutôt, étant des mammifères, certains instincts restent profondément ancrés en nous.
Dès qu’il a pris sa voiture, il a appelé Manuella pour savoir où elle était... Dire qu’au début qu'on se connaissait, il avait mis 3 plombes et demi avant d’oser m’appeler!
Sans gêne, vu qu’il ne savait pas que j’avais les oreilles dans sa voiture, il lui a dit que je sortais de mon côté, et qu’il avait rendez-vous avec ses copains. Mais, il n’était pas obligé d’y aller. En rigolant, il lui a dit qu’il trouverait toujours quelque chose plus tard.
Pascal lui a dit où il avait rendez-vous avec ses potes. Elle a dû vouloir le rejoindre, il lui a dit qu’il préférait qu’ils aillent ailleurs. Elle devait probablement être de sortie avec ses copines, et aurait voulu jouer son petit jeu de lui tourner autour à distance, alors qu’il était avec ses copains. Question de continuer à mettre du piquant et garder le côté palpitations dans leur relation. Ça m’a fait monter la moutarde au nez. Que faire?
Après quelques palabres, Pascal lui a dit qu’il allait alors boire un verre avec ses potes, ensuite, il passerait la prendre. Mon coeur fondait sous la pression, comme si la gravité terrestre était devenue trop forte. Je lui en voulais un peu. En même temps, il faisait tout pour que ça reste discret... c’est ce que je lui avais demandé non? Alors pourquoi ça faisait quand même mal?
Je l’ai regardé se diriger innocemment vers le Baroque. J’ai aussitôt averti Caro où j’étais. Je me suis glissée hors de la voiture et je l’ai attendue. Elle n’était pas loin. Je l’ai rapidement mise au courant de ce qui c’était passé et on en entré dans le Bar.
Ha! On peut dire que Pascal ne s’attendait pas à me voir. Furax, mais jouant le jeu, Caro lui a dit qu’elle n’avait pas envie de sortir seule, alors elle m’avait forcée à me bouger pour l’accompagner.
Pour une fois, j’ai laissé ma réserve et timidité au vestiaire. J’ai collé Pascal. Passant mon bras autour de lui, le sien autour de moi, m’appuyant sur lui. Sollicitant des bisous, le prenant par la main pour qu’il n’aille nul part sans moi. Il était nerveux, je le sentais bien, et un peu raide aussi.
Rhahh, Pascal était incroyablement tendu. Il surveillant l’entrée. Il a voulu s’éclipser aux toilettes. Hum, j’étais certaine que c’était pour appeler l’autre et lui dire qu’il y avait un changement de programme. Alors, je lui ai demandé de me passer son téléphone, le mien était à plat. Hihihi...
Pascal a changé de couleur. Il a cherché désespérément comment dire non sans trouver. Il a alors baragouiné qu’il devait passer un coup de fils à un copain. Vicieusement, je lui ai demandé à qui. Qui est-ce qu’il pouvait appeler à cette heure-ci? Au hasard, il a dit Varios.
-Ah cool, je pourrais lui dire 2 mots. J’aimerai savoir s’il accepterait que je chante un truc la prochaine fois. Il faudrait bien sûr que je m’entraîne, sinon... et blabla, et blabla.
Pascal transpirait presque. il a compris qu’il ne pouvait pas se tirer pour appeler Varios sans moi. Et comme il n’avait pas l’intention d’appeler Varios, mais l’autre pouffe, il était sacrément emmerdé. Caroline souriait comme une chatte devant son bol de lait. Elle s’amusait de voir Pascal perdre pied, et devant la subtilité de ma manoeuvre. Elle m’a fait un clin d’oeil.
Pascal s’est penché vers la lumière, comme s’il en avait besoin pour chercher le numéro à Varios. J’ai fait comme si je ne savais pas que les écrans de natel sont éclairés. Je restais tout de même vigilante; s’il tentait de composer un sms, je me pencherai pour regarder. Là, il sera dans la merde.
Non, d’après ce que j’ai remarqué, il a simplement effacé son appel à cette garce. Puis, il m’a tendu son natel en mie disant qu’il allait finalement attendre que Varios l’appelle.
Son natel en main, je suis sortie du bar. Avant j’ai demandé à Caro de le surveiller pour qu’il n’emprunte pas le natel à quelqu’un pour sa basse besogne. Paniqué, Pascal m’a regardée m’éloigner et disparaître à l’extérieur.
Caro m’a dit qu’il était tendu et a continué à surveiller la porte, et a paru soulager de me voir revenir avec le sourire. Et non en colère ou fermée.
Evidemment, Pascal a voulu récupérer son natel, mais je lui ai dis que je l’avais mis en sécurité dans mon sac. Comme il n’avait plus l’excuse de devoir appeler Varios, il ne pouvait pas insister pour le récupérer, sans que cela éveille mes soupçons. Mais il était tendu et nerveux tout au long de la soirée.
A l’heure prévu pour aller rejoindre l’autre pouffe, Pascal a dit qu’il était fatigué, qu’il voulait rentrer. J’ai donc averti Caro qu’on rentrait. C’était tant mieux, parce que c’était dur de le surveiller toute la soirée au bar, et c’aurait été pire en boîte.
Stressé, Pascal n’avait pas pensé que j’étais venue sans voiture, même s’il avait constaté que ma voiture était toujours chez lui quant il est parti. Je pense que ça bousillait ses plans. Quels étaient-ils? Aller chez l’autre en me laissant poireauter chez lui? Ou juste passer l’avertir? Je n’en savais rien.
Dans la voiture, il est resté silencieux, plongé en pleine réflexion. J’imagine qu’il cherchait comment avertir la miss, ou comment faire pour aller la rejoindre. Ou peut-être cherchait-il une explication pour excuser le lapin qu’il lui plantait. Bon, clairement, il allait lui dire que j’étais apparue d’on-ne-sait-où. C’était le plus simple.
Elle allait quand même être furax. Si elle était maligne, elle ne le lui montrerait pas. Mais, j’imagine qu’elle pensera que c’était mauvais et risquait de lui donner de mauvaise habitude si elle acceptait ça sans broncher. M’en fou! Bien fait pour elle!
A la maison, j’ai vu qu’il avait quelques appels en absence. Pour l’emmerder, je lui ai demandé si je pouvais regarder de qui ça venait, que c’était peut-être Vania. Paniqué, il a regardé son natel comme si ça c’était transformé en bombe. En essayant d’avoir l’air détendu, il m’a dit que c’était peut-être plus simple de les couper si on voulait pas être dérangé.
Comme si je n’avais pas fait exprès, je l’ai re-fichu dans mon sac après l’avoir éteint, et fouillé pour sortir le mien et le mettre à charger sur ma table de nuit. Comme je lui parlais, je l’ai vu me regarder poser mon sac près du lit. Hum, il devait se demander comment me réclamer son natel!!! Difficile après m’avoir dit de l’éteindre...
Clairement, Pascal n’était pas d’humeur à faire des galipettes. Alors c’est moi qui ait pris les devants. Comme on dit; "l’appétit vient en mangeant!". La tension a vite passé, mais au début, il s’était forcé, ce qui m’a fait mal. Jai attendu qu’il s’endorme avant d’oser m’endormir à mon tour.
Mais avant, j’ai débranché mon natel et pris les 2 pour les planquer dans le premier tiroir de la cuisine. J’ai remarqué qu’il avait posé ses clés sur le meuble près de la porte d’entrée et non dans le tiroir. Donc, demain, je pourrais toujours les mettre dans le tiroir et lui dire que comme on ne voulait pas être dérangé, j’ai pensé que c’était préférable de les laisser là.
Il fallait quand même que je m’arrange pour me lever en même temps que lui. Je ne voulais pas qu’il cherche à filer chez elle, ou à l’appeler d’une cabine. Je devais rester sur mes gardes. Vigilante.
J’étais collée à lui, alors quant il a voulu s’extirper du lit, je me suis réveillée. D’habitude, il me fait un bisou et me dit de continuer à dormir, qu’il part faire un jogging et qu’il me réveillera au retour si je dors toujours. Mais, ce matin, j’ai sauté du lit avec lui. Ce qui l’a surpris. J’étais pourtant raide.
J’ai tout fait pour qu’il n’aille pas faire son jogging en susurrant que je n’avais pas envie de le voir partir, qu’il me manquerait. Qu’aujourd’hui, j’étais en manque de lui. Tristement, il était encore tendu comme une hélice, mais il s’est détendu peu à peu, se laissant aller à redevenir le Pascal que j’adore; câlin, doux et tendre.
C’était facile de croire qu’il avait oublié l’autre pétasse... mais inutile de me leurrer.
Il a cherché son natel. Pendant qu’il prenait sa douche, je l’avais mise dans le meuble comme je l’avais prévu. Quant il l’a rallumé, je me suis aussitôt collée à lui, passant son bras autour de mes épaules. Et bien sûr, je me suis montrée curieuse de savoir qui l’avait appelé hier soir. Alors une fois son natel rallumé, il l’a jeté sur la table, comme si ça ne l’intéressait pas.
On s’est déplacé à la cuisine pour boire notre café. Le natel a Pascal s’est remis en branle. Sonnerie, message. Il a fait celui que ça énervait, et il l’a éteint sans regarder de qui ça venait. Mais... lui et moi savions de qui il s’agissait. Sauf que lui ne se doutait pas que je le savais aussi.
On a passé un journée calme en amoureux. On aurait dit que Pascal regrettait ce qu’il me cachait, son attitude et était encore plus gentil et tendre. Je savais bien que ce n’était qu’une question de temps, demain lundi, il allait pouvoir lui parler et régler le malentendu. Là, je ne pouvais rien y faire, et ça me fendait le coeur.
Ça a mis un voile sur le bonheur de passer la journée ensemble. Même quant on a été se promener et manger une glace au bord du lac, l’impression d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête ne me quittait pas. Dommage. Pourtant, j’étais décidée à faire tout ce que je pouvais pour protéger mon bonheur.