139 - Trahison; Pascal lui a dit qu'il l'aimait
Mercredi..... 19 mai 2010
Caro m'a demandé encore une fois si je voulais me joindre à eux; elle et Pascal, jeudi soir. Elle proposait même de changer de jour et le faire vendredi soir, comme ça on pouvait même dormir chez elle. Caro s'était arrangée pour qu'Alexia ne soit pas là. Elle insistait et ne comprenait pas mon refus.
Pascal avait-il refusé? Avait-il accepté à condition que je sois là?
Alors j'ai posé la question à Pascal; il avait accepté. J'ai un peu tiqué de savoir que Pascal avait presque tout de suite dit oui. Il préférait vendredi soir. Mais vendredi soir, moi ça m'étonnerait, ils allaient tous au chalet pour le long week-end!!! Il savait que Caro me l'avait proposé aussi et voulait que j'accepte. J'ai dit que j'allais réfléchir.
Pascal avait un match jeudi soir et ce soir, j'avais envie de le voir, alors j'ai lourdement insisté et il a fini par accepté. Je voulais en profiter pour essayer de lui faire abandonner l'idée de la soirée du vendredi soir chez Caro.
On s'est retrouvé dans notre petit coin de forêt. Cela faisait un bail qu'on avait plus mis les pieds à notre petit refuge dans les bois. Ça me rappelait des tonnes de souvenirs agréables. Pascal était un peu nerveux, il ne pouvait pas rester et cherchait une excuse pour partir. Mortifiée, les larmes sont enfin sortis, je voulais qu'il reste.
Il faisait les 100 pas, cherchant probablement un moyen de se tirer de ce mauvais pas, et se demandait sûrement pourquoi il avait accepté de venir. Ça me tétanisait, je savais que d'une minute à l'autre, il allait me tourner le dos et partir.
Après m'avoir juste serré contre lui, il a reculé pour partir, je ne sais pas ce qui l'a retenu, mais finalement, il est revenu s'asseoir sur le banc en poussant un gros soupir et posé son natel sur la table. Il restait. Hahhh? Oui? Je me sentais tellement soulagée, je me suis collée contre lui. Ciel, j'avais été tellement sûre qu'il allait partir et m'abandonner ici, et non, il avait décidé finalement de rester? Oh, je l'aime lui. Mais, quant il m'a demandé si on pouvait aller chez moi, j'ai réalisé que ce n'était pas la peine qu'il reste. On ne pouvait pas aller chez moi, et chez lui non plus! Mais bon, c'était l'intention qui comptait.
On est resté collé collé en silence un long moment. Pleins de bisous et de câlins. On était toujours aussi proche, même si je ne comprenais pas tout, il n'y avait apparemment pas de raison pour que je me fasse tout un tas d'idées noires.
Pascal a essayé de me convaincre pour vendredi soir. Après tout, on ne pouvait aller ni chez lui, ni chez moi, le seul moyen de passer la soirée et la nuit ensemble, c'était avec Caro. Depuis que Jess était là, Pascal ne savait pas très bien quoi faire, il se sentait un peu pris de court. Il préférait qu'on ne se croise pas trop souvent en boîte et autres, parce que c'était compliqué. Puis sans s'en rendre compte Pascal a un peu vendu la mèche, parce que j'ai compris que Jess n'était probablement pas à la maison ce soir, alors pourquoi avait-il été si pressé de partir?
Quant Pascal est parti, je l'ai suivi. Je n'avais pas besoin de prendre le risque qu'il me remarque, je savais qu'il rentrait probablement chez lui, alors je n'avais qu'à prendre un autre chemin. J'ai su que j'avais bien fait de faire confiance à mon intuition, de le suivre et surtout de parquer bien avant sa maison et d'attendre dans la voiture. Ciel, si j'avais eu la mauvaise idée d'aller prendre position dans son jardin, j'aurai passé la nuit à attendre pour rien.
Il n'était pas seul quant je l'ai vu se pointer dans le chemin qui menait chez lui, et j'ai su que Caro était avec lui, quant il a tourné en direction de chez elle. Avait-il rendez-vous? Comment se faisait-il qu'elle soit avec lui si peu après avoir passé un moment avec moi? D'où venaient-ils? Le cœur battant dans les oreilles, tremblante, j'ai couru comme une dératée pour aller voir chez Caro.
Pascal et Caroline ont discutés un moment debout à côté de sa voiture. Caro lui proposait de passer un moment chez elle, Alexia n'était pas là. Pascal refusait gentiment. Une ou deux fois, elle a posé la main sur lui, mais rien de compromettant. Elle ne s'est pas collée à lui, ni rien de ce genre. Puis, ils se sont fait la bise et Pascal est parti. J'ai filé en direction de ma voiture. J'ai été prudente, je ne voulais pas prendre le risque de me faire surprendre. C'était un environnement assez calme, il n'y avait pas beaucoup de circulation et personne dehors. J'ai attendu cachée derrière un bosquet que Pascal sorte du chemin qui menait chez Caro et tourne chez lui avant de filer à ma voiture. Surprise, j'ai vu Pascal prendre une autre direction que chez lui!!! Il ne rentrait pas chez lui, mais au moins, il n'était pas resté chez Caro.
Huh... je n'allais pas tarder à avoir une grosse surprise!!!
Une fois en sécurité derrière mon volant, j'ai appuyé la tête contre le volant pour attendre que les tremblements cessent. Toujours tremblante, je regardais dans le vide la rue déserte endormie, quant j'ai remarqué la silhouette athlétique à Pascal se faufiler entre les maisons pour reprendre, cette fois à pieds, la direction de chez Caro. Les tremblements qui se calmaient ont repris de plus belle. Alors il avait simplement été parquer sa voiture ailleurs que chez lui? Au milieu de mon désarroi et des battements affolés de mon cœur, je me suis félicitée d'avoir caché ma voiture sur une place privée devant une maison endormie et remerciait la chance qui a fait que je n'étais pas partie tout de suite après les avoir vu. Était-ce vraiment une chance finalement?
Une fois de plus, affolée, je me suis précipitée discrètement derrière lui en faisant attention de ne pas me faire remarquer. J'ai perdu une chaussure en route, mais qu'importe.
Pascal n'a pas eu besoin de sonner, Caro lui a ouvert tout de suite. Donc, elle l'attendait. Les rideaux étaient tirés, alors je ne pouvais rien voir, mais je n'avais pas besoin qu'on me fasse un dessin pour deviner ce qui se passait. Au bord de la folie, complètement à la masse, j'ai pris la direction de la petite lumière qui éclairait une des fenêtres sur le côté de la maison. C'était la chambre de Caro.
Je ne sais pas pourquoi ça me faisait autant mal, j'avais pensé qu'ils se voyaient toujours. Caro était en quelque sorte, l'autre petite amie. J'avais accepté tout ça, alors pourquoi mon cœur se serrait autant? Pourquoi est-ce que je tremblais autant? Pourquoi est-ce que ça me faisait aussi mal? J'avais accepté l'idée qu'ils se voient, je ne voulais juste pas qu'ils me le disent ouvertement, alors pourquoi je souffrais? Pourquoi être venue me frotter le nez dedans?
La fenêtre de la chambre était entrebâillée, je pouvais les entendre faire l'amour... Je ne sais pas pourquoi ça me faisait autant de mal, je les avais déjà vu le faire plus d'une fois, alors je ne savais pas pourquoi je pleurais.
Entendre la voix de Pascal si douce, l'entendre lui parler avec autant de tendresses, c'était difficile à supporter, mais je n'arrivais pas à être une grande fille et partir. J'avais l'habitude d'entendre les gémissements de Caro, alors pourquoi ça me soulevait le coeur? J'avais aussi l'habitude de l'entendre lui murmurer des mots d'amours, mais je ne m'attendais pas à l'entendre lui, lui dire; "je t'aime". Non, je ne m'attendais pas à celle-là!
Mais, rien à faire, je ne pouvais pas quitter les lieux même si ça me faisait mourir à petit feu.
Rassasiés, au milieu de leurs bisous-bisous, je les ai entendu parler de vendredi. Ils savaient que l'équipe montait au chalet, et comme Jess ne semblait pas prête à quitter la Suisse, Pascal pensait aller au chalet avec Jess, et revenir nous rejoindre, si pour autant j'acceptais de passer la soirée avec eux (EUX! Iiiiiah, ça m'énerve d'entendre ces "NOUS"). Caro lui a demandé ce qu'il ferait si j'allais au chalet et que je refusais de passer la soirée chez elle? Pascal a hésité, puis il lui a dit qu'il serait embêté. Finalement, il lui a dit qu'il viendrait la rejoindre quand même, parce qu'au chalet, il ne pourrait pas m'approcher de toute façon, alors il espérait que je finirais par accepté de passer la soirée avec eux.
Ça m'a assommée, comme si j'avais reçu des coups; même si j'allais au chalet, Pascal irait rejoindre Caro, j'étais coincée... Si je voulais le voir, ce serait avec Caro ou pas du tout... C'était horrible, la douleur dans ma poitrine était insoutenable, je ne sentais plus mes jambes. J'étais même surprise d'arriver encore à me tenir debout. Quant est-ce qu'il avait commencé à l'aimer plus que moi? Quant avait-il commencé à lui dire qu'il l'aimait? Ou est-ce que je sautais à des conclusions hâtives? j'étais paumée!
Après ce qui m'a semblé être des heures, Pascal est enfin parti. Il s'est faufilé entre les maisons sur le chemin qu'il avait pris pour venir. Discrètement, les jambes en compotes, j'ai pris la même direction et j'ai attendu qu'il disparaisse au coin de la rue pour courir à ma voiture. Je ne sais pas comment j'ai réussi ce tour de force parce que mes jambes ne me portaient plus.
Dans ma voiture, en attendant de le voir passer pour rentrer chez lui, je me suis demandée pourquoi je n'avais pas pensé l'appeler sur son natel? J'aurai bien aimé savoir ce qu'il aurait fait. M'aurait-il répondu ou pas? J'aurai bien aimé savoir ce qu'ils se seront dit après mon appel???
Une fois dans mon lit, j'ai pleuré des heures en silence jusqu'à ce que le néant m'accueille à bras ouvert. Pourquoi? Peut-être parce que ça soulage? Peut-être pour évacuer le trop plein de souffrance?
Au milieu de mes pleurs, j'avais décidé d'accepter de passer la soirée chez Caro, avec eux. Pas question que je me retranche derrière ma timidité. Pas question que je lui laisse la place, et qu'elle passe encore la soirée avec Pascal. Je me suis aussi rappelée son impatience quant je l'avais vu en début de soirée; Pascal devait avoir rendez-vous avec Caro, c'est pourquoi il cherchait à partir. Mes larmes ont redoublés et la douleur aussi.
Il fallait que je trouve le moyen de le récupérer, de changer la donne, de reprendre les choses en main. Je ne voulais pas perdre!
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------ Il a dit à Caro; "Je t'aime" - 19.mai.10.mer - (139) ------