141/11 - Je ne me laisserais pas faire!

Publié le par JaneDo

Je ne me laisserais pas faire! - (samedi.21.mai.2011 . 141/11)

Pascal n’avait pas franchement proposé qu’on se voit, alors je n’avais pas l’intention cette fois de lui courir après, ni de l’appeler. Je ne savais pas si j’allais lui parler ou non s’il appelait. Bizarrement, j’avais bien dormi sans me torturer la tête.

J’avais décidé de ne pas chercher à savoir ce qu’il faisait, avec qui, quoi, je lui poserais directement la question. S’il avait le malheur de me mentir, j’espère qu’il le fera comme il faut, parce que la vérité avait une manière bien à elle de se faire connaître. Je savais que je finirais par savoir.

Samedi, Layne m’a invitée à manger avec lui en début de soirée, j’avais accepté sans me poser trop de questions. Après tout, la vie continue. Pascal avait essayé de m’appeler, sans pour autant me laisser de textos, je ne l’ai pas rappeler. Après tout, il n’avait qu’à se montrer plus persistant ou inventif, puis, je verrai aussi combien de temps il tiendrait sans réaction de ma part.

J’ai l’étrange faculté de zapper ce qui ne me plaît pas, éviter les désagréments, ou ne pas aller au devant de crève cœur, avec Pascal j’avais souvent la fâcheuse tendance à oublier d’y faire appel. Mon côté distant et froid me coupait assez facilement de tout et je ne souffrais pas. J’arrivais aussi assez facilement à ne pas penser à ce qui risquait de me contrarier, et pour ça, il me suffisait juste de ne pas chercher à tout analyser.

J’avais aussi un côté sombre, assez mazot, un côté qui aimait plonger au fond du gouffre de la souffrance pour voir si j’arrive à en sortir, encore et encore, mais je crois que ces derniers temps, j’avais trop fleurté avec le danger.

J’avais retrouvé le plaisir de quelques petites habitudes; en rentrant hier soir vers les 1h du matin, j’avais mis un film en VO, que j’avais envie de voir depuis un moment, tout en le regardant, j’ai fait de la peinture. Quant je peins, je nage dans le bonheur parfait et je ne pense à rien d’autre. Le pieds quoi. Après la soirée à jouer aux cartes, et tout, c’était comme si j’avais construit un petit mur infranchissable autour de moi et je me sentais d’attaque. Rien ne pouvait m’atteindre... pour le moment!

Je ne savais pas combien de temps j’allais me cacher derrière mon armure, mais autant en profiter à mort. En tous cas, dans ces moment là, c’est comme si j’étais sous, je ne sais quelle drogue, mais personne ne me manque, je ne pense à personne, ne ressent ni tristesse, ni rien, juste un plaisir immense d’être tranquille, et aussi, hihihi, d’être la Reine de mon Château.

Pascal seul avait la faculté de me faire perdre pied, alors il s’agissait de l’éviter!

A mon réveil, j’ai passé quelques heures au téléphone avec des cops, puis j’avais quelques petites courses à faire, ensuite j’ai foncé chez moi pour me plonger dans un bon bain où j’avais l’intention de traîner 1 bonne heure ou 2. J’ai vu les appels de Pascal, et ceux de Thomas. Thomas avait la bonne idée de me laisser tout plein de sms, c’était chou. Je les ai lu et j’ai répondu à un de ses messages, immédiatement après avoir reçu mon sms, il m’en envoyait un autre. Ils allaient faire du motocross et il aurait aimé que je fasse un saut. Je n’en avais aucune envie. J’avais l’intention de profiter de ma journée de farniente.

J’avais failli oublié que j’avais rendez-vous avec une copine vers 18h30. Rhhh, 18h30, c’était un peu tôt, puis j’avais accepté d’aller prendre un verre avec miss Caroline aussi, vers 17h. Je regrettais d’avoir à sortir de mon trou, j’aurai bien voulu pour une fois rester tranquille, avec moi! Courir à droite et à gauche, quelle poisse!

Caroline m’a raconté qu’hier soir, Pascal avait un truc avec sa femme et qu’elle avait réussi à le voir après. J’avais déconnecté ma sensibilité, alors elle aurait pu aussi bien me parler du Pape. Je n’ai pas collé le Pascal de qui elle me parlait avec l’autre Pascal, donc je ne ressentais rien. Tout était compartimenter dans ma tête, un bout ici, l'autre là-bas, rien à voir entre eux. Mais c’était toujours bon à savoir.

J’avais averti ma cops que j’aurai du retard. Je pensais être chez elle vers 19h, mais j’y suis arrivée vers 19h30. Pas top parce que je pensais me tirer vers les 21h30. Finalement, je suis repartie vers 23h. Je suis rentrée directement.

J’avais croisé quelques potes à moi quant j’avais été prendre un verre avec Caro, et ils m’avaient proposé de les rejoindre pour prendre un verre. Ça ne me tentait pas trop, parce que ça voulait dire, croiser Pascal et ça, ça risquait de me faire replonger dans les affres des doutes et le voir risquait de me faire fléchir.

Mais, je les avais tellement souvent, même tout le temps planté pour être avec Pascal et sa clique que je ne pouvais pas, une fois de plus refuser! Après m’être soigneusement préparée à l’affrontement, je me suis pointée au Tiger vers les 1h du matin.

Bien sûr mon regard à tout de suite capté la silhouette de Pascal debout au bar. Ciel, mon cœur a fait un bond, j’avais la gorge serrée, les battements de mon cœur se sont affolés et j’ai dû faire un gros effort pour ne pas repartir illico presto en courant.

Le sourire aux lèvres, l’air sûr de moi, j’ai fait semblant de n’avoir pas vu celui qui me faisait transpirer rien qu’en sentant sa présence, et je me suis dirigée vers mes potes.

J’ai délibérément tourné le dos à l’endroit où se trouvait Pascal et les autres. Malheureusement, par ma faute, la plupart du temps, nos 2 groupes finissent par se mêler, et j’avais bien peur de finir par me retrouver face à Pascal. Mais pour l’heure, je ne voulais pas y penser.

Après 1/4h à peu près, j’ai senti un bras se glisser autour de ma taille, les yeux révolvers, je me suis retournée pour fusiller celui qui avait le culot de se permettre autant de familiarité... ce n’était que Thomas. Souriante, je lui ai fais la bise et on a discuté un peu, aussi avec mes potes bien sûr. Je ne voulais pas le laisser m’entraîner vers son groupe et lâcher les miens.

Thomas m’a montré où il se trouvait, et en regardant dans la direction indiquée, comme Pascal nous observait, je lui ai fais un signe en souriant, l’air à l’aise Blaise, détendue, comme si tout était normal. Glups, mais je tremblais intérieurement, je n'étais pas si détendue. J’ai fait croire à Thomas que je passerais vers eux dans un moment, mais je n’en avais aucune intention. Autant me jeter sous un train!

J’ai passé 1 bonne heure avec mes potes et quant ils ont décidés d’aller en boîte, j’ai prétendu avoir quelque chose tôt le lendemain matin et je me suis discrètement éclipsée, sans dire au revoir à Thomas, ou les autres. Qu’ils aillent se faire voir chez les grecques.

A la maison, ravie de n’avoir pas flanché plus que ça, je me suis détendue devant un petit film, tout en bidulant sur mon ordi. En face de moi, j’avais posé les 2 peintures que j’avais commencé pour déterminer la direction à suivre. Pour l’une, j’ai eu une idée, alors je l’ai terminé.

Vers 3h du matin, Thomas a essayé de me joindre, je n’ai pas répondu. Puis, il m’a envoyé un message pour dire qu’il avait l’intention de passer... Oups, non! J’avais tout fait pour qu’il se remette avec son ex, qu’est-ce qu’elle penserait si elle savait qu’on se tournait toujours autour. Non, il ne pouvait pas passer chez moi.

Je l’ai appelé pour lui dire que je n’étais pas à la maison, mais Thomas était derrière ma porte, il m’entendait lui débiter des excuses bidons, alors il m’a demandé d’ouvrir, qu’on en parle face à face. Poisse!

Je lui ai dit franchement que je me sentais mal vis à vis de son ex, je ne voulais pas qu’il me mette dans cette situation, qu’après ce qui c’était passé, je ne me sentais pas à l’aise qu’il passe comme ça chez moi. Mais, j’avoue que ça me faisait quand même plaisir de le voir.

On a donc passé des heures à discuter, évitant de parler de son ex, de Pascal et du reste. Thomas m’a raconté ses tracas de boulot, les trucs qu’il avait fait, le basket et le reste. Il m’a fait pouffé de rire plus d’une fois. Vers les 5h-5h30 du matin, j’ai dû lui demander de partir. Je savais bien qu’il espérait passer la nuit chez moi.

Sa petite visite m’avait fait du bien et surtout très plaisir. C’est drôle, mais il m’avait manqué. C’était dur de faire semblant de lui en vouloir ou de lui faire la tête.


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