147 - Rien à se dire!

Publié le par JaneDo


Oh la la... j’aurai dû m’en douter, suis trop nulle!

Jess avait voulu qu’on prenne un verre ensemble ce soir, mais j’avais annulé pour passer la soirée avec Thomas. Cela faisait un petit moment que je ne l’avais pas vu en tête à tête, il y avait toujours pleins de monde autour. Il me faisait penser à un garde du corps discret, se pointant toujours au bon moment pour me sortir de situations épiques. Je l’adorais et j’aimais passer du temps avec lui.

J’avais promis de le voir, ça me stressait, puis j’étais fatiguée, je n’avais pas envie de bouger. J’avais encore les yeux dans les pompes et un manque total d’énergie.

Le soir, après avoir avalé plusieurs cafés, je n’avais toujours pas envie de quitter mon sanctuaire, mais je me suis préparée quand même, sans envie. Je n’avais pas faim. Manger me couperait les pattes et je me sentirais somnolente. En fait, c’était plutôt la déprime!!!

Thomas devinait sûrement pourquoi j’étais dans cet état, alors inutile de revenir là-dessus, inutile non plus de faire semblant. Ca c’était reposant, je pouvais tomber le masque. Je savais que Pascal ne passerait pas chez Thomas s’il savait que j’étais là... Et oui, je n’existait plus pour lui.

Je n’aurais pas dû aller chez Thomas, j’aurai dû lui proposer plutôt chez moi. Je suis zéro.

Tout se passait bien, et j’avais réussi finalement à ranger mon masque de tristesse dans un coin quant Pascal a déboulé chez Thomas. Ma vue l’a surpris, on est resté bête un petit moment. C’est Thomas qui a brisé la glace. Pascal s’est ressaisi et il est venu me faire la bise. Ça m’a fichu en l’air le moral. Je me suis excusée pour les laisser et j’ai filé sans demander mon reste. Je les ai bien entendu dire quelque chose comme; "Reste et non, c’est moi qui ne veut pas déranger", mais je ne pouvais pas rester.

Pascal m’a rattrapée vers ma voiture.

  • Jane, attend...

Se parler était devenu difficile, ni l’un, ni l’autre ne trouvions de phrases pour lancer la discussion. Thomas se tenait sur sa terrasse et nous observait. Ouais, il allait me falloir retourner vers lui, sinon, j’aurai l’air d’être venue que pour voir Pascal. Pas terrible.

Pascal cherchait ses mots pour essayer de me dire qu’il voyait quelqu’un d’autre. Ciel, ce que c’était dur d’être en face de lui et d’avoir l’impression d’être étrangère dans son monde. Et franchement, je n’avais pas envie qu’il me dise qu’il voyait Caroline.

  • C’est bon de te voir.

 Ça c’était gentil et ça me faisait plaisir mais, je me demandais si c’était le miel avant le vinaigre.

  • Faudrait qu’on se parle mais je sens les yeux de Thomas me transpercer le dos. Je me demande si c’est le bon moment ou le bon endroit pour ça?
  • Bah, tu connais mon numéro, si tu voulais me parler, je pense que tu aurais téléphoné.
  • Si tu crois que c’est aussi simple.

Qu’est-ce qui m’arrive, pourquoi j’suis aussi agressive. Ferme la ma fille, ne parle pas trop. Qu’est-ce qu’il espérait, que je lui donne rendez-vous plus tard?

  • C’est aussi simple. Mais tu as raison, Thomas nous observe, il faut que j’y retourne.

Comme on restait bêtement sans savoir quoi dire, j’ai tourné les talons pour partir.

  • Attends...

Je me suis retournée vers lui, soulagée qu’il me rappelle, mais... il ne savait pas quoi dire.

  • On peut se voir plus tard?
  • Aïe, je ne crois pas non.

Aïe? Il n’avait pas envi de me voir? Ciel, ce que ça peut faire hyper mal.

  • Ou peut-être... je ne sais pas. Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. C’est dur de te voir.

Très bien. Inutile de retourner le couteau dans la plaie. Je n’allais pas me mettre à le supplier en plus et Thomas m’attendait.

Thomas avait beau faire des efforts pour me dérider et faire la conversation, c’était sans effet, alors je suis rentrée. Je me suis effondrée dans mon lit, le coussin sur la tête. Rien ne s’était passé comme je l’avais espéré et j’étais encore plus triste.

Après avoir bien pleuré, je me suis endormie. Je n’arrivais pas à me remettre de cette rupture, c’était horrible. Ça faisait trop mal.


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Rien à se dire !  (147-mer-28.mai.09)

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Publié dans jane's diary

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