152/11 - Echec et Mat ! (1)
Echec et mat! (1)
(mercredi.01.juin.2011 - 152/11)
Pascal m’attendait debout face au lac. Je pense qu’il préparait ce qu’il allait devoir me dire, les excuses qu’il allait inventer pour justifier qu’il partait en vacances avec Caro. Il s’attendait sûrement à ce que je lui fasse une petite scène et il s’y préparait sans doute, ou peut-être pas, mon message de tout à l’heure ne montrait aucune colère et il pouvait aussi bien penser que je ne voulais seulement le voir.
Me connaissant, il pouvait aussi penser que je voulais le voir pour lui balancer quelques excuses pour ne pas partir avec eux?
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Hey!
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Hey! Je suis contente que tu aies pu te libérer... Est-ce que tu veux bien me serrer très fort... stp?
Il souriait, mais il avait l’air quelque peu inquiet. Après le petit bonjour rituel, je lui ai tendu mon visage pour lui faire un bisou. C'est débile, pourquoi est-ce que j'étais toujours aussi nerveuse en sa présence?
On est resté comme ça un moment sans rien dire. Je sais bien qu’il attendait que je me jette à l’eau, j’allais le faire, mais je voulais d’abord sentir ses bras, entendre son cœur battre, sentir sa chaleur, me rassurer. J’hésitais encore sur ce que j’allais dire. D’abord son bisou avait été tout en douceur, puis plus pressant. Tant mieux, c’était ce que j’espérais.
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Pascal... Tu m’avais dit que tu me laissais tout le temps du monde pour me séparer de Thomas, tu as dit que tu attendrais le temps qu’il faudra...
J’ai fait exprès de laisser une pause, j’avais senti une petite réaction; un sursaut peut-être? Je voulais le déstabilisé, lui faire mesurer ses mots, ses promesses.
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Je n’ai pas voulu te faire attendre, et... je t’aime, je ne voulais être avec personne d’autre que toi! Alors tu peux imaginer ma surprise de te retrouver au chalet avec Caroline? Encore maintenant, je ne comprends pas bien?
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Mais... Alors pourquoi t’étais fâchée avec moi? Pourquoi tu m’évitais tout le temps? Pourquoi tu as refusé de passer le week-end avec moi? Et ce n’est pas vrai que tu as rompu avec Thomas, il m’a dit que ce n’était pas fini entre vous, vous avez juste décidé qu’il était préférable de vous voir en secret... D’ailleurs,, d’après ce que j’ai pu voir, tu l’as vu 2 fois la semaine passée?
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Thomas a dit ça? C’est pas vrai, on ne se voit pas en cachette, on est juste ami, c’est normal qu’on se voit de temps en temps... Surtout que toi, tu ne me donne aucune nouvelle!
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Avec toi, les choses sont toujours hyper compliquées! 1 ou 2 jours, tout va bien, puis paf, je me retrouve en terrain vague, inconnu, rien ne va plus, retour case départ... Tu n’imagines pas comme ça peut être déstabilisant. J’aurai peut.être dû me douter que Thomas me mentait, mais en même temps, tu faisais tout pour m’éviter, alors comment savoir!
J'avais l'impression qu'il me fallait lui rappeler quelques petits détails, ouf que je m'en rappelle, d'habitude, j'ai toujours la tête vide quant je suis avec lui; la vraie petite idiote de service!!! Relax ma fille!
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Hééé! Tu ne te rappelle pas le coup que ta femme nous a fait?
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Oh merde! C’est quand même pas de ma faute... Heu...
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Heu oui! Quand même un peu de ta faute.
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C’était pour ça que tu m’évitais?
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J’avais besoin de digérer tout ça...
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Pfff, j’aurai dû m’en douter!
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Ouais, t’aurai dû...
Glups, du calme! je ne devais pas prendre ce ton de pimbêche sarcastique! Je me suis assise sur le bord du muret. Je regardais le lac et je faisais attention que mon ton soit celui de la conversation, je ne voulais pas que Pascal puisse avoir l’impression qu’on se disputait.
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Disons que, je me suis rendue compte que je connaissais une des filles de vue! Tu étais rentré avec elle en taxi, ça devait être en janvier, ou février je crois.
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Je me rappelle pas...
Jeeez! Là, il se foutait de ma gueule. J’ai failli péter un câble. Il n’allait quand même pas avoir l’audace de me jouer le coup de la mauvaise foi? Du calme ma fille!
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Hm! Alors ça t’arrive souvent d’aller dormir chez des nanas, et en taxi de surcroit?
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Non... (gros soupir), je préférais ne pas me souvenir de ça... C’était même pas bien...
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Aouuuuuutch! Alors tu as couché avec elle! Même si je m’en doutais, ça fait mal. C’était laquelle, elle s’appelle comment?
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Ambre.
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Comment est-ce que tu as pu... Aoutch...
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On était plus ensemble, je devais rester encore en Allemagne, et tu semblais nager dans le bonheur avec Thomas, j’étais mort de jalousie...
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C’était comment? Ça c’est passé comment? Qui a initialisé... Puis non, je veux pas le savoir... Pas aujourd’hui, ça va me torturer. Une autre fois peut-être...
Pascal s’est approché pour me prendre dans ses bras. Ma 1ère réaction aurait été de lui dire de ne pas me toucher avec ses sales pattes, de disparaître de ma vue, je l’avais assez vu, mais j’avais vu sa femme en faire autant ce soir, et à contrario, Caro elle, l’avait accepté à bras ouvert. J’ai serré les dents et je l’ai laissé me prendre dans ses bras.
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Voilà pourquoi je suis obligée de te fuir... quant quelque chose ne va pas... dès que je suis dans tes bras, j’oubli trop facilement... Just hold me...
Pascal me serrait fort, encore plus fort et ça calmait mon angoisse et mes peurs. J’aimais être comme ça, entourée de ses bras, en sécurité. Son natel était en train de buzzer à fond, mais hihihi, il ne pouvait pas répondre. Caroline se demandait sûrement ce qu’il faisait, pourquoi ça traînait tellement.
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Après toutes ces histoires, je te retrouve à partir avec une autre fille au chalet juste parce que je t’ai dit non? Pas cool... Ça m’a drôlement déçue...
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Mais... Tu avais l’air... Enfin, je croyais que... Tu avais l’air contente, je n’aurai jamais imaginé que tu étais encore fâchée! Je comprends pas?
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J’avais seulement l’air. Je suis montée parce que je n’arrivais pas à croire que tu aurai fait un truc pareil, pas toi! J’étais sûre que Caro inventait... Une fois sur place, ben, je ne voulais pas flinguer le week-end. Après tout, tu étais là, on était ensemble, c’est tout ce qui comptait... Que Caro soit là, c’était pas top, pas voulu, mais tant pis, elle ne me dérangeait pas trop, après tout, on s’entend bien toutes les 2...
Fallait pas que j’oublie qu’ils étaient ensemble, mais je devais continuer à faire semblant de l’ignorer et surtout, éviter d’obliger Pascal à me le dire. J’ai changé de place pour me mettre à califourchon sur lui, et je lui faisais de petits bisous tout en parlant.
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...Ce week-end, j’ai envie de le passer avec toi, sans avoir une autre dans les pattes... Je ne pouvais pas dire ça devant Caro, c’est pour ça que je voulais te voir... Je m’en fou si on reste ici ou qu’on parte quelque part, mais j’avais envie qu’on soit que les 2, je ne veux te partager avec personne...
Pascal ne savait pas quoi dire. Je l’avais piégé, il était mal. Le pauvre! Puis non, pas le pauvre! C’était sa faute, il n’avait qu’à pas se retrouver dans cette situation! Bien fait! Je dis ça, mais afff, je pensais toujours; “oh, le pauvre”. Il a essayé de me dire que c’était un peu râpé, il avait déjà fait les réservations, qu’avec les fêtes, il avait dû s’en occuper lundi matin, dès son retour au boulot, sinon, il n’y aurait plus eu de places. Il avait d’ailleurs essayé de me joindre avant de le faire, mais je n’avais ni répondu, ni rappelé et que ça avait été difficile de trouver ces places.
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