158..2/2 - Comment réussir à le quitter?
Glups, j’avais avalé ma langue, aucun son ne réussissait à franchir mes lèvres, alors j’ai fait “oui” de la tête.
- J’ai reçu ton message... alors... je suis venu tout de suite. Et non, je ne cherchais pas à te fuir, ou... peut-être un tout petit peu.
Pascal était apuyé contre le cadran de la porte avec un petit air de gamin boudeur, suvi d’un de ses sourire qui me fait perdre les pédales et la parole. J’étais muette de surprise.
- Est-ce que tu me laisse entrer ou on discute sur le pas de la porte?
Discuter, comme si j’avais envie de discuter!
- Non. Peut-être mieux si on fillait d’ici avant que ton cerber ne décide de se pointer? Heum... Peut-être que tu devrais enfiler quelque chose?
J’étais restée tétanisée à le regarder, tout bronzé, tout “trop mignon”, trop surprise aussi qu’il soit là devant moi que, je n’avais pas réalisé de quoi j’avais l’air, avec mon grand t-shirt bleu et mes grosses chaussettes. Pas une de mes tenues des plus glamour! Crap, shoot me! (la traduction la plus juste est; “Zut, qu’on me flingue ou flingue moi”), pensée que j’ai eu quant il m’a dit d’enfiler quelque chose!!! Aussi, que je devrais prendre l’habitude d’utiliser le petit trou dans la porte fait pour voir qui se trouve derrière. grrrrrr.
C’était vrai que Layne pouvait débarquer à tout moment, alors je n’avais pas traîner pour enfiler le 1er training que j’avais sous la main et je l’ai suivi. Tendre douceur quant il m’a pris par la main... iiiiahhhh! Heureusement qu’on arrive à ne pas montrer ce qui se passe intérieurement, sinon; il aurait eu une espèce de mollasse, qui le regardait avec des yeux rempli de petits coeurs, la langue pendant et un sourire bêbête à mort, qu’il aurait traîné jusqu’à sa voiture.
- On va chez moi?
- Ha... heu... Je peux pas (j’étais mortifiée de devoir lui rappeler Layne)... Si Layne...
- C’est bon.
- Suis désolée, je voulais pas...
- Chuuuut... c’est bon, j’ai compris, on ne peut pas se voir longtemps.
Pascal s’était arrêté et m’avait empêchée de continuer à parler en me couvrant la bouche de sa main. J’avais voulu m’excuser d’avoir mentionné Layne.
- Il va falloir qu’on prenne le temps, parce qu’il faut que je te parle...
Ben, il ne me restait plus qu’à faire “oui-oui” de la tête. Je n’avais pas envie de le laisser continuer, au cas où, me dire des choses que je n’avais pas envie d’entendre, et j’avais trop envie de le toucher, alors je l’ai embrassé.
D’abord surpris, Pascal m’a ensuite collée à lui. Même si ça n’a duré qu’un instant, je retrouvais sa passion. J’aime tellement quant il me serrait comme ça dans ses bras, que j’étais au bord de la crise cardiaque, après avoir frôlé le désespoir en pensant ne plus jamais avoir l’occasion de ressentir un tel bonheur. Ca a l’air bêbête quant je l’écris et j’ai même l’impression que les mots manquent de substances, mais j’aime tellement son geste de me tirer à lui, ou celui de me caresser les lèvres quant il les embrasse, comme s’il les étudiait ou les enregistrait. C’est difficile à décrire le plaisir qu’on peut éprouver d’être avec quelqu’un de particulier.
- Attends Jane... Faut qu’on parle d’abord...
Pascal a essayé de me détaché de lui, mais j’étais bien ancrée, hihihi, je ne l’ai pas laissé finir sa phrase. Que dalle que j’avais envie de parler!!! Il a flanché, et on a oublié l’heure, la discussion, etc.
Mais, il me fallait rentrer. Layne, calmé entre-temps, m’attendait en effet à la maison. Ayant trouvé porte close, il avait essayé de me joindre sur mon natel. J’allais devoir trouvé une bonne excuse et voilà.
Pascal m’a déposé à quelques mètres de la maison et j’ai filé le coeur en fête. On allait se revoir très vite, même si le fait qu’il voulait parler me faisait un peu flipper. Pendant les quelques mètres qui me séparaient de Layne, j’ai fait une rapide comptabilité; il a dit qu’il m’aimait il y avait à peine une semaine, jeudi soir, il m’avait embrassée et j’ai ressenti de la passion, je ne pouvais pas me tromper à ce point quand même... et ce soir, aussi, même s’il avait voulu garder un semblant de distance, je l’avais encore ressenti... Donc ça m’appasait et me donnait du courage en attendant de le voir et faisait taire un peu ma frousse.
Une grosse vague de culpabilité m’a encore frappé en voyant Layne assis avec son regard de chien battu en haut des marches. Pour ce genre de choses, je suis un peu... molle? fragile? mais je ne peux pas m’empêchée d’être touchée. Je n’ai pas eu le temps de lui servir mon excuse d’avoir été acheté des cigarettes, qu’il m’attrapait et me serrait tellement fort, qu’un peu plus et je me brisais en milles morçeaux..
- Je suis tellement désolé. Je sais bien que parfois, suis le roi des cons. Ne m’en veut pas, je t’en prie. Je comprends que tu n’en ai pas tout le temps envie, et je n’ai pas à essayer de te forcer. C’est juste que je me sens parfois en danger face à Pascal... Je te promets de faire un effort et essayer de ne pas me conduire comme un piêtre idiot, d’accord? Tu m’en veux pas?
Plaffff. Comment avoir le courage de rompre après ça? Même demain? J’étais profondément dans la merde.
Layne avait l’art de me prendre par les sentiments et de m’impressionner. Du coup, une partie de moi, se sentait hyper honteuse d’avoir filé avec Pascal, le sentiment d’être une horrible femme infidèle. Et, pendant une seconde, je me suis même dit; qu’il faudrait que j’arrête de voir Pascal, parce que j’adorais quand même cet espèce de tête de noeud, avant de me souvenir que, question infidélité, il ne n’avait rien à m’envier!!!
Je comprenais le dilenme de certains, qui ont des sentiments pour quelqu’un d’autre, mais également pour leurs conjoints et ne peuvent pas se résourdre, malgré tout, à leurs briser le coeur.
Rhhhh, j’étais vraiment dans la “M”.
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Comment réussir à le quitter! (158..2/2-dim-07.juin.09)
