158/2012 - Je me torture...
Mercredi, 6 juin 2012 - (158/2012) - Je me torture!
Mince, je me trimballe avec une grosse boule dans le ventre qui me paralyse d’angoisse. J’attendais que Pascal m’appelle. Je ne savais pas très bien comment réagir une fois que je l’aurai en ligne. Heureuse? Gaie? Renfrognée? Pffff. Quoi dire aussi ? Lui poser des questions ou attendre qu’il me raconte de lui-même?
La vie est une sacrée emmerdeuse. Chaque fois que les choses semblent aller pour le mieux, il faut toujours qu’un stupide grain de sable vienne tout embrouiller. Pourtant, j’étais sûre de me monter la tête pour rien, je n’avais aucune raison de m’inquiéter. Ou oui? Afff, je ne voulais pas me laisser aller à imaginer n’importe quoi, mais ma tête n’était pas du même avis. Ça foisonnait à fond sous mon chapeau! Et pourquoi ne m’appelait-il pas?
Et Caroline qu’est-ce qu’elle me veut elle aussi ? Ce matin, elle m’a envoyé un message pour me dire que mon amitié lui manquait cruellement. Que nos petits têtes à têtes, nos discussions et notre complicité lui manquait. Je ne répondais pas à ses appels, alors elle s’est résolue à m’envoyer un sms. Grrr. Est-ce que je devais lui répondre? Et pour lui dire quoi? Je ne savais pas si je voulais renouer avec elle. Pourtant, on n’était pas en froid, pas vraiment fâché, on avait discuté depuis, mais son attitude avec Jess me revenait sans arrêt en mémoire. Je n’arrivais pas à passer dessus.
L’empêche, quelque part, sa compagnie me manquait. C’était la seule avec qui je pouvais parler librement de Pascal en long et en large sans risquer de la gonfler. Mais pour l’heure, je n’avais pas envie qu’elle sache que je me rongeais les sangs parce que Pascal était en Allemagne avec cette pouffe. La honte. Je préférais garder mon calvaire pour moi toute seule. Mais peut-être que Caro savait des choses que je ne savais pas??? Puis zut, non, je ne vais pas m’abaisser à l’appeler.
Mais, je ne suis pas aussi dur que je le voudrais… Je lui ai répondu par sms qu’elle me manquait aussi.
Thomas m’a rappelé pour me proposer de passer chez lui ce soir. J’ai prétendu que j’avais quelque chose. En fait, l’idée de croiser Jess, ou de m’effondrer devant lui à propos de Pascal ne m’enchantait guère. Puis, peut-être que l’autre allait passer chercher ses affaires, et en attendant, je voulais profiter encore d’une soirée tranquille en solitaire. Merde, je suis vraiment une ermite!
L’appel tant attendu est enfin arrivé en fin de journée. Je suis carrément tordue, évidemment, j’ai commencé à me demander pourquoi il m’appelait avant de partir du boulot et pas dans la soirée. Est-ce qu’il avait prévu autre chose et liquidait d’abord la corvée qui était de m’appeler? Et pourquoi n’avait-il pas appelé plus tôt dans la journée?
Les battements de mon cœur me faisaient souffrir. Entendre sa voix était une douce torture et me rappelait combien il me manquait, combien j’avais tout le temps peur de le perdre. Ça me rappelait aussi que cette frayeur n’était pas bonne et que je devais le fuir au plus vite si je ne voulais pas souffrir encore pire plus tard. Mais, malgré tout, je n’étais pas prête à baisser les bras et à laisser tomber. Je l’aimais trop fort.
Pascal ne savait pas quant il rentrerait. Si le projet avançait bien, il serait rentré ce week-end, mais sinon, il ne rentrerait pas avant mercredi. J’ai fait bonne figure au téléphone, mais franchement, l’idée qu’il passe la semaine là-bas, et le week-end en plus, me déprimait complètement. Je ne voulais pas qu’il soit là-bas le week-end, en plus avec l’autre dans les pattes. Il ne me restait plus qu’à prier pour que le travail avance vite et qu’il puisse rentrer vendredi.
Zut, il fallait que je trouve le moyen de me libérer la tête, je ne pouvais pas continuer à me torturer mentalement comme ça. Après tout, Pascal était là-bas pour le boulot. Rien d’autre. Et puis, il n’en a rien à foutre de Nina. Mais… Mais bon, ce n’est qu’un mec et on sait comme ils sont faibles devant une petite minette qui se branle le derrière devant leurs nez!!! Wahhh, franchement, je suis à la masse! Rhhh, j’suis tarée!
Malgré ma tentative lamentable pour faire semblant que tout baignait, Pascal a bien senti que je n’étais pas en forme. Il a essayé de savoir pourquoi, mais je n’allais pas lui dire que je me morfondais et que j’avais la trouille qu’il tombe encore une fois dans les bras de l’autre. Même si ce n’était que 5mn ou 1h, je sais que ça me fera mal à crever.