163 - Bon... Il veut ou il veut pas?
J’avais attendu toute la semaine, toute la journée... Je ne me rappelle même pas ce que j’avais fais de la journée, à part attendre ce moment; le moment, de voir Pascal, enfin, en tête à tête.
Finalement, je n’avais pas pu me résoudre à annuler notre rendez-vous. Impossible. Même si j’avais la trouille, la gorge nouée, j’étais aussi super impatiente. J’allais enfin arrêter de me faire des films et savoir où on en était.
Je suis arrivée légèrement en retard. Pascal m’attendait, assis sur les marches qui menaient à son appartement
- J’ai pensé qu’on pourrait aller faire un tour?
Pascal préférait qu’on ne reste pas chez lui, trop tentant, on risquait de faire des bêtises au lieu de discuter. Ça m’a un peu titillé. C’était pour ça qu’il m’attendait dehors, il tenait tant que ça à éviter qu’on se retrouve seuls entre 4 murs? Ce n’était pas ce que j’espérais, alors j’ai essayé d’insister, mais il a eu le dernier mot. Alors on a été s’asseoir sur le muret au bout du parc qui fait face à son appartement. Maxou, après avoir pissé sur tous les arbustes au passage s’était couché en boule à nos pieds.
En apercevant ma voiture en rentrant mardi soir, Pascal avait compris pourquoi Thomas était filé comme une flèche après l’entraînement, et a pensé qu’il ne serait pas enchanté de le voir débarquer. Pascal avait traîner avec son équipe au bistrot du club, Vania et 2 de ses copines ont pris un verre avec eux. Vania, de l'équipe féminine de basket, celle qui venait de temps en temps se joindre à nous. Dire que je n'arrivais pas à me rappeler de son nom! J'avais cru, Sylvie ou Sylvia...
- Et non. Je n’étais pas avec Caroline.
Pascal avait anticipé la question qui me trottait dans la tête, que je ne pensais pas lui poser. J’étais quand même rassurée de connaître la réponse.
- Alors? Tu n’avais pas vraiment pris la fuite le week-end passé?
Assis à califourchon, on se faisait face et Pascal m’avait pris la main et jouait avec mes doigts. De le sentir si près me coupait le souffle.
- Oui et non, mais je ne te fuyais pas, ou plutôt... J’avais besoin d’un peu de temps pour remettre un peu d’ordre dans ma tête.
- Après que tu aies décidé de recommencer avec Layne, enfin... quant tu as choisi Layne...
- Je n’ai pas choisi. Si j’avais choisi, ça n’aurait pas été Layne.
Pascal a d’abord paru perplexe, puis il a souri. God que j’aime son sourire... Pascal s’était redressé et s’était assis de manière à avoir mes jambes entre les siennes. Mes genoux s’appuyaient sur ses cuisses musclés. J’avais tellement envie de lui sauter dessus, affff. Avec son pouce, il me caressait les lèvres. J’ai cru qu’il allait m’embrasser, mais non. Et zut. Il m’a juste pris par le menton et fait un petit bisou sur le nez.
- Alors quant tu es retournée avec Layne, ça m’a retourné. C’était difficile, je ne vais pas te mentir en te disant que je l’avais bien pris. Je l’ai très mal pris. J’avais décidé de te laisser tranquille et ne plus chercher à te revoir. Je voulais t’éviter le plus possible, éviter tous les endroits où je pouvais te croiser... Comme tu l’as remarqué, je n’ai pas tenu longtemps. Je me suis dis que ça ne pouvait pas faire de mal, de juste te voir de loin. De plus, avec tous les gens qui nous entouraient, ce n’était pas trop risqué. C’était dur. De ne pas te voir, c’était dur, te voir, aussi dur. Inutile de t’expliquer comme c’était difficile de résister aux milliers de fois où j’avais envi de t’appeler question de t’entendre, où chercher des excuses pour t’appeler. Mais je savais que je ne voulais entendre qu’une chose; que c’était terminé avec Layne et que tu ne pouvais pas te passer de moi. Fantasmes quoi!
Je le regardais parler, sans oser le toucher. Ciel, lui aussi avait un petit monde imaginaire, pleins de fantasmes du genre? Je croyais être la seule à voyager dans ma tête au pays des illusions! Je ne savais pas encore où il voulait en venir, ni si ce qu’il disait était bon signe ou pas.
- Ce que tu as pu me manquer, tu n’as pas idée...
Pascal me caressait le menton de temps en temps, distraitement tout en parlant. J’adorais ça. Comme s’il ne pouvait pas s’empêcher de me toucher, d’avoir un contact physique. Est-ce que ça voulait dire que “nous 2” c’était encore d’actualité?
- L’autre jour... J’ai compris que ça ne marchait pas d’essayer de t’effacer de ma mémoire. Je t’aimais toujours autant, malgré que tu m’aies jeté pour... j’allais dire; cet abruti de Layne... mais, il est plutôt sympa comme gars.
- Ha oui, c’est quoi cette amitié soudaine?
Pascal m’a dévisagé un petit moment en plissant les yeux.
- Il ne t’a pas raconté?
- Si... petite dîner à 4... en couple...
- Ouais... On s’était senti plutôt mal barré. Mais, si ça te gêne pas, j’ai pas vraiment envi de parler de ça pour l’instant... tu veux bien?
- Ok. Excuse moi.
Jiiiaaahh, ça me faisait mal au bide, mais je voulais ignoré cette petite rage qui risquait de tout gâché avec Pascal. Pascal m’a embrassé au coin des lèvres, lentement, tout doucement. Affff, j’aurai eu envie qu’il remonte juste un centimètre de plus à gauche. Qu’importe ce qu’il raconte, tout ce que je voulais savoir, c’était; si j’avais une chance encore ou s’il ne voulait plus de moi. Qu’il me le dise que je puisse courir m’enfermer chez moi et verser des torrents de larmes. Si, au contraire, il voulait encore de moi, je m’en bats l’oeil de tout le reste. Mais, j’ai rien osé dire. Je ne voulais pas trop m’avancer. Il faisait durer le suspens, et ça me déstabilisait à mort.
- Donc, après l’autre soir, j’ai préféré m’éloigner un peu avant de faire une bêtise...
Glups!!! C’était donc une bêtise? Il voyait ça comme une bêtise? J’étais une bêtise? Pas bon du tout. J’ai ouvert la bouche pour me lancer dans un de mes blablas sans fin pour ne pas entendre la suite.
- Chuuuut... Laisse moi finir...
Aïe. Les larmes menaçaient de venir écrabouiller le peu de dignité qui me restait, et... j’avais terriblement envie de prendre la fuite. C’était bon, il n’avait pas besoin de continuer, j’avais compris.
Je pouvais peut-être me jeter à ses pieds, m'accrocher à sa jambe en le suppliant de ne pas me laisser tomber. Mais tout ça n’était que dans ma tête, jamais je n’oserais faire un truc pareil, même si j’en mourrais d’envie. Alors, il ne me restait plus qu’à partir. J’ai tenté de me lever, mais Pascal m’a fait me rasseoir et il a souri.
- Après l’autre soir, où j’avais carrément échoué à démontrer mon indifférence, j’avais l’intention de te demander de choisir séance tenante, c’était Layne ou moi... Je voulais te poser un ultimatum. Pas question d’attendre. Si tu restais avec lui, on ne se verrait plus. Parce que... j’avais cru comprendre que tu ressentais la même chose que moi, et il n’était pas question que je te laisse jouer avec moi. Que tu ne pouvais pas nous avoir les 2, alors tu devais te décider... Mais ça, c’était avant de partir...
- Avant? Avant que tu partes avec Paul? Après être passé chez moi?
- Ouais... Je ne voulais plus attendre... Je me serais risqué à te poser un ultimatum si je n’avais pas eu le temps de prendre un peu de recul et essayer de comprendre ce qui pouvait se passer là haut, dans cette petite tête hyper compliquée et surchargée!
- Ok. Et ça veut dire quoi?
- Jane... Ça veut dire que je t’aime. Tu ne m’as pas écouté quant je te l’ai dit. Je t’aime et ne plus te voir, insupportable. J’en ai un peu parlé avec Paul, mais je n’ai besoin de personne pour prendre les décisions à ma place. Je suis seul à savoir ce qui me fait du bien et ce qui me rend heureux. Mais j’ai aussi réalisé une chose...
Pascal me faisait basculer du chaud au froid. Je n’en pouvais plus. J’aurai eu envi de le tondre. Ha mais non! Il n’y avait plus rien à tondre!
- Je voulais t’avoir à moi tout seul, que tu quittes Layne. Pour être sur que c’était vraiment fini, je voulais être présent quant tu lui règle son compte. Mais, les choses ont un peu changé depuis...
Jeeeez, ça y était, il allait me régler mon compte. Les choses avaient changés? Qu’est-ce qui avait changé? Flûte, Caroline? Je me sentais mal. C’était donc ça, il tenait vraiment à Caroline. Qu'il arrête de me torturer, qu'il me liquide tout de suite. Pourvu qu’il ne prononce pas des mots comme; Je l’aime, sinon, je ne pourrais pas me retenir de pleurer. Même si j’aurai préféré m’arracher la langue, c’était trop tard, malgré la peur, les mots son sortis tout seul,
- Caroline... c’est ça?
Pascal m’a observé un moment, comme s’il hésitait, ce qui a fait chuter ma température de plusieurs degrés. J’avais la chair de poule. Que je meurs sur place s’il dit qu’il l’aime. Pitié.
- Justement Caroline...
Ça y est. Il allait m’asséner le coup final. Je me suis ramollie de partout, mes muscles étaient complètement ankylosés. Je ne pouvais que rester là à regarder ses lèvres remuer, ces lèvres que j’adorais, qui allaient prononcer des mots qui allaient me briser en milles morceaux. J’étais fichue.
-
Je te vois te tasser sur place... Regarde moi... Hey? Tu devrais avoir plus confiance en moi... J’ai entendu Layne te dire hier soir qu’il ne voulait être avec personne d’autre... Ben, moi non plus!
Hein? Espoir? Ou illusion? Ou Pascal s’amusait à jouer avec mes sentiments?
- Je veux juste t’expliquer sincèrement ce que je pense, et tu n’as pas à avoir peur... Allez, viens plus près.
Il m’a attiré contre lui en me serrant fort. Ça m’a redonné un peu de force, mais, j’avais quand même peur.
- Pascal?
- Oui!
- On peut reprendre la discussion une autre fois si tu veux bien... Tout ce que je veux savoir, c’est... est-ce que je suis “IN” ou “OUT de ta vie? Si...
- Tu ne veux plus parler?
- Je ne veux plus parler, je ne veux rien savoir d’autre... si tu dois m’assassiner... fait le tout de suite...
- Wowhhh, t'assassiner hein? (Il a ri). Tu y va un peu fort! Je disais, justement Caroline... On a juste commencé à se fréquenter...
Jeeez, d’entendre parler d’elle me torturait.
- Je ne veux pas entendre parler d’elle!
- Ok. J’ai compris que je ne pouvais pas te demander de plaquer Layne comme ça. J’ai réalisé que ce n’était pas aussi simple...
- Pascal... Accouche STP...
Il a souri, et mon monde s’est un peu éclairé.
- Tout ça pour dire que... Je t’aime et je serais patient. Mais, ne fait pas durer trop longtemps non plus... Je ne veux pas et ne peux pas te rayer de ma vie.
- Ça veut dire quoi? Qu’est-ce que tu veux dire par “je serais patient”?
- Que je t’aime et je ne veux pas te perdre. Je suis rentré en me disant que j’allais te dire ça. Te dire que je n’allais plus me fermer, que j’allais être là, que ce sera comme tu le voudras...
Il m'aime? Comme je voudrais? Hahhh... Je me sentais complètement épuisée, et pourtant, ce n’était pas moi qui venait de vider mon coeur. Je le regardais avec de grand yeux rempli de petits coeurs emflammés. Ciel, ce que je pouvais l’aimer lui. J’aurai dû trouver quelque chose d’intelligent à dire, quelque chose de super smart, mais rien ne venait. J’avais trop envie de l’embrasser, alors je l’ai fais en le goûtant avec passion. Pascal m’a tendrement prise dans ses bras si solide et je me suis laissé fondre.
- Pascal, je t’aime. Je t’aime tant.
- Je t’aime encore plus.
J’étais épuisée d’avoir eu tellement peur, aussi d’avoir perdu tout ce temps, que ç’en était douloureux. On fera comme je voudrais, hein?
- Est-ce qu’on peut aller chez toi maintenant?
- Héééé... Je sais pas... Tu crois pas qu'on devrait attendre un peu? Finir cette discussion? Attendre de régler un peu les choses...
- Pas envie d'attendre. Alors, pitié, je demande une pause, une sorte de trêve... Appelle ça comme tu veux...
Pascal avait été surpris. Évidemment, j’avais les oreilles en feu et il me regardait en souriant, amusé par mon embarras à oser lui faire des avances aussi ouvertement.
- J’ai plus envie de parler... Si tu me dis non, je penserais que tu ne veux pas la tromper...
Je ne voulais pas prononcer son nom. Il sentait mes mains trembler dans les siennes, il les a embrassé. God, j’étais vraiment folle de lui. Peut-être encore un peu la trouille qu’il refuse? Mais j’en doutais.
- Et si on rentrait?
Pascal... Ciel, comme je l’aime ce mec, c’était vraiment de la folie. J’aimais tous ses gestes, sa manière de sourire, ses yeux, la douceur et le goût de ses baisers... Tout. Je le laissais me couvrir de ses baisers enflammées, doux, chaud, et mon coeur battait dans tous les sens.
Comme il savait dire ce qu’il fallait...
Pascal avait un match le lendemain matin, mais tant pis. Il allait sûrement être sur les rotules, parce qu’on avait pas fermé l’oeil de la nuit. Enfin... jusqu’aux premières lueurs du jour! J’ai été la 1ère à capituler. Soulagée, heureuse de le retrouver, je n’arrivais pas à être rassasiée de lui, mais crevée, j’ai fini par m’endormir, collée à lui comme une limace gluante.
Avant de plonger dans le coma, je crois l’avoir senti bouger, sortir du lit. Après m’avoir remonté les couvertures sur mes épaules, j’ai dû marmonner un “merci” et “tu vas où?”, Pascal a sorti Maxou une dernière fois. J’étais déjà dans les bras de morphée quant il est revenu se coucher.
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Bon... Il veut ou il veut pas? (163-ven-12.juin.09)