171 - Point Final
La journée du samedi, la plupart d’entre nous étions... crevé! Certains pour avoir fait la java toute la nuit, mais moi, de n’avoir pas trouvé le sommeil avant le retour de Layne.
Après quelques cafés et un bon petit déjeuner, les garçons étaient en formes et ont entamé une journée marathon entre les jeux de ballons et les jeux dans l’eau... Y avait pas à dire, moi j’étais naze.
Depuis notre dispute, Layne et moi n’avions pas eu l’occasion de se parler. Quant il s’était levé le matin, j’étais déjà installée sur ma chaise, cherchant comment aborder le sujet et... en profiter pour rompre. J’avais les boules, ce n’était pas ma tasse de thé, je suis trop lâche pour les ruptures. 1 larme ou 1 supplique et je suis foutue. La seule excuse que j’avais était sa gifle, je trouvais ça un peu mince.
Layne ne savait pas que j’étais au courant pour lui et Alexia et je me demandais si j’allais utiliser ça ou pas. Lâche comme je suis, j’espèrais que ce soit lui qui aborde le sujet. C’aurait été plus simple de le prendre sur le fait, mais sachant que je pouvais débarquer chez lui à tout moment, il avait eu la discrétion de ne plus ramener de filles chez lui. Layne semblait aussi m’éviter, et c’était tant mieux, ça me laissait du temps de réfléchir. Je n’aurais peut-être pas d’autres occasions.
En attendant, j’essayais d’avoir l’air de me concentrer sur mon bouquin, mais je suivais les va-et-vient autour de moi. Je ne quittais que rarement Pascal des yeux. J’adorais le regarder s’amuser, rire et faire le farfelu. De temps en temps, j’avais de la peine à réprimer un petit sourire.
C’était tout de même assez étrange de voir Pascal et Layne rigoler ensemble comme de vieux potes.
A la tombée du jour, Pascal m’avait accompagné balader le chien au bord du lac. Maxou est un super nounours, joueur et tout. Un chien qu’on peut prendre partout sans aucun risque qu’il s’attaque à quelqu’un. J’adore cette boule de poil et je l’ai adoré depuis sa naissance. Je suis si contente de l’avoir. Maxou adore l’eau, et même s’il y avait presque passé la journée, le voilà à nouveau, la queue frétillante, l’oeil aux aguets attendant de courir rechercher les batons que Pascal lui lancaient. A Pascal, il les rapportait, à moi, jamais!
Depuis qu’on s’était retrouvé et qu’on avait recommencé à se voir, les choses avaient changé. Pascal était avec Caroline et j’étais toujours avec Layne. Pascal m’avait dit qu’il serait patient, mais qu’il n’attendrait pas le déluge non plus. Mais il se rendait compte que ça n’allait pas être facile. Et là, alors que je donnais à manger à Maxou dans la cuisine, Pascal venait de me faire savoir qu’il préférait qu’il ne se passe plus rien entre nous tant que les choses étaient aussi embrouillées. Il m’a rappelé encore une fois que je ne pouvais pas les avoir les 2, je devais faire un choix.
Layne est arrivé là-dessus, et probablement parce qu’il y avait Pascal a voulu me rouler un patin, alors Pascal s’est éclipsé pour nous laisser seuls. De la journée, on avait pas eu l’occasion de parler, et parce qu’on était toujours entouré de monde, j’étais restée civile. Mais là, on était enfin seuls. J’avais une grosse boule à l’estomac, mais je ne pouvais plus reculer.
Layne avait remarqué que j’avais été froide avec lui toute la journée et que je ne m’adressais à lui que quant j’y étais obligée. En voyant son regard triste parce que je l’avais repoussé une fois de plus, j’ai failli faire marche arrière. Mais le souvenir des bras de Pascal m’a redonné de la force.
J’ai dit à Layne que je n’accepterais jamais d’être avec quelqu’un qui me lève la main dessus à tord ou à raison. Que je pouvais probablement trouvé au fond de mon coeur le courage de lui pardonner son geste, mais même pour ça, il me faudrait du temps. Ca me semblait un peu léger pour une rupture, et je me suis sentie mal quant il s’est aplati en excuses, à me demander pardon. En d’autres circonstances, je lui aurai sûrement pardonné.
C'était horrible de voir son expression et de l'entendre me dire que ce n'était pas la vrai raison. Il voulait savoir si je voyais quelqu'un d'autre, si je ne l'aimais plus, si j'avais juste besoin qu'il me laisse un peu d'espace... Arf!
Alors, j’en ai rajouté une couche...
Il y avait pas à dire, je déteste être l’initiatrice d’une rupture, j’ai pas l’estomac pour ça. Je lui ai dit que je savais pour Alexia. Layne s’est fâché, imaginant que je l’avais appris par Caroline qui en aurait parlé avec Pascal et que Pascal s’était sûrement précipité pour me le raconter. Mais non, ce n’était ni Caroline, ni Pascal, je les avait vu de mes yeux.
Layne semblait sceptique. Puis, je lui ai dit que je savais aussi pour la petite brunette de l’autre soir. Et je lui ai raconté comment, sans donner de nom. Là, il a un peu perdu ses couleurs.
Layne disait que ces filles ne comptaient pas, que c’était peut-être une connerie, mais il s’amusait seulement, mais qu’il n’avait couché avec aucune de ces nanas. Heum, là, c’était exagéré, je n’allais pas avaler de si grosses couleuvres. Malgré les “je t’aime”, les “je ne recommencerais plus”, je me suis cramponée pour lui dire que j’en avais assez, que c’était fini. Il pouvait toujours continuer son petit jeu, mais avec une autre. Il ne voulait rien savoir, et restait persuadé que j'avais juste besoin d'espace... J'ai dû insister et lui répéter que c'était OVER, je ne voulais plus continuer comme ça.
Ciel, je n’en pensais pas un mot, mais je n’avais pas le choix. Je l’ai planté au milieu de la cuisine, et j'ai pris mes jambes à mon cou et j'ai filé en vitesse avant de flancher.
Une fois dehors, je me suis sentie triste, mais aussi, soulagée. C’était fait.
Tout de même, j’avais envie de retourner sur mes pas et aller le consoler s’il avait de la peine, lui promettre d’essayer de lui pardonner tout ça, que j’en avais rien à faire qu’il voyait Alexia parce qu’il était resté le même avec moi... Mais, mes yeux sont tombés sur le petit groupe autour d’un feu où Pascal et Thomas jouaient de la guitare et chantaient. Ouais... je ne pouvais pas faire marche arrière. Le grand mec à la tête rasée là-bas ne me pardonnerait pas une nouvelle faiblesse!
Le sourire de Pascal en me voyant arriver pour me joindre au groupe m’a remise du baume au coeur. Je me suis assise dans un coin et je les ai admiré.
Ouais, je pensais que c’était fini, mais ça n’est pas aussi simple! J’étais venue avec Layne, et jusqu’à la fin du week-end, je partageais sa tente...
Je ne voulais rien dire à Pascal pour le moment, je crois que je voulais voir s’il craquerait encore, hihihi. Et après avoir dû, moi, pour la 1ère fois de ma vie, rompre avec quelqu’un, je ne voulais pas lui imposer un tel calvaire.
J’allais laisser les choses se faire naturellement. Je ne l’avais pas perdu, Pascal m’aimait toujours. Je pouvais bien être patiente à mon tour. Et je préférais que personne ne soit au courant si on était à nouveau ensemble. La 1ère fois, on avait assez souffert, je ne voulais pas que ça recommence. Cette fois, je serais aussi discrètement qu’une porte d’église.
J’avais aussi un peu les boules de devoir partager un espace clos avec Layne, et si j’avais de la chance... il irait se faire consoler auprès d’Alexia!!! Je devais juste ne pas craquer!
Layne avait préféré quitter la fête et s’était éclipsé avec Alexia. Il m’avait juste envoyé un texto pour me dire qu’il partait, que ce serait moins embarrassant pour tous les 2. Il avait raison, je me sentais soulagée.
Thomas, le seul à qui il en avait parlé, est venu me demander s’il s’était passé quelque chose. Je n’avais pas envie de lui en parler non plus, alors j’ai dit qu’on s’était disputé et je lui ai demandé de n’en parler à personne. Mais je pensais, surtout pas à Pascal.
J’appréciais tous les petits moments où Pascal s’arrangeait pour être avec moi. Tous ses sourires, ses clins d’oeil. je me sentais libérée d’un grand poids.
Comme Layne n’était plus là, je pouvais coller Pascal comme une glue et je l’ai collé. Hihihi, surtout sachant qu’il adorait ça, j’allais pas me priver. De plus, la mine déconfite de Caroline me motivait à fond. Ce qui fait, que j’ai passé pratiquement toute la soirée avec Pascal. Quant elle réussissait à me l’enlever, je m’arrangeais pour me repointer vers eux, même quant ils avaient l’air d’avoir un tête à tête.
Pauvre Pascal... Je suis sûre que par moment, il devait être hyper mal à l’aise.
Très tard dans la nuit, après avoir dit à 2 ou 3 reprises qu’elle était crevée et qu’elle allait bientôt aller se coucher, Caroline a fini par jeter l’éponge. Hihihi, et toc. Pascal était fatigué aussi, mais il est resté. Il avait aussi remarqué l’absence de Layne, alors je lui ai dit qu’il avait dû partir. Pascal n’a pas osé me faire remarquer qu’Alexia aussi avait subitement disparue, moi non plus.
Quant il ne restait presque plus personne, on a fini par aller s’allonger dans ma tente, tout habillé, les pans relevés et on a continué à bavarder en chuchottant. On a fini par s’endormir ensemble...
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Point final (171-sam-20.juin.09)