174/14 - Donne lui une chance!

Publié le par JaneDo


Lundi, 23 juin 2014 - 174/14 - Donne lui une chance!

En arrivant chez Steven, on a pris un verre. Lui, une vodka orange, moi un café, comme d’hab. Steven a mis un film qu’on avait tous les 2 déjà vu, comme ambiance de fond. On avait plus envi de discuter que de regarder la télé. Il était déjà tard. Je l’avais averti que je comptais rentrer. Lundi, j’avais une très longue journée; ma soeur et mon frère partent au Liberia. Et il y avait sans doute encore quelques derniers courriers à préparer pour eux.

Cela faisait une petite heure qu’on était là, et Steven s’est levé pour me préparer encore un café. Il a sifflé entre ses dents;

  • Shit, devine… Pascal est dans la rue, les yeux rivés sur mes fenêtres, à fumer clope sur clope?

C’était comme si j’avais enfilé les doigts dans une prise. Une décharge électrique m’a traversé de la tête aux pieds. J’aurai voulu courir regarder par la fenêtre, mais mes jambes avaient mollis. Impossible de bouger. Et puis, j’aurai eu l’air d’une conne non? Alors j’ai fait la sourde oreille, celle qui n’en avait rien à cirer. J’ai avalé quelques gorgée de mon café pour me réchauffer. J’avais eu tout à coup froid.

  • Fais pas semblant que tu t’en fou… Tu caches mal le fait que tu trembles. Ta voix tremble.
  • Je m’en fou pas. Mais, je ne comprends pas pourquoi il fait ça. Je veux dire… Si c’était moi dehors, devant la fenêtre d’une de ces pouffes, est-ce qu’il la quitterait pour passer le reste de la soirée avec moi, à se prendre la tête? Non. alors pourquoi je devrais moi, partir parce qu’il est là.
  • Tu pensais partir de toute façon. Non?
  • Oui… Disons que c’est tard. Mais sortir maintenant, il croira que c’est à cause de son stratagème.
  • Je ne crois pas que c’est un stratagème. Je pense que ça le rend dingue que tu sois là. Donne lui une chance?

Malgré tout, je ne voulais pas lui donner le plaisir de capituler.

  • Dès qu’il en aura marre de faire le pied de grue, ça ne m’étonnerait pas qu’il vienne frapper à la porte, ou…
  • Non. Il n’osera pas.
  • Bien sûr qu’il osera. C’est ce que font les mecs ça. On fera tout pour empêcher notre “chose” de nous échapper.
  • Chose?

Steven a ri. Bien sûr que j’avais compris. J’étais seulement surprise qu’il utilise ce terme. Décidément, je l’aimais bien. Seulement, je ne le comprends pas toujours. Je ne sais pas pourquoi il semblait apprécier ma compagnie. Je me suis décidée à sortir voir ce que Pascal foutait là. Et l’envoyer balader par la même occasion.

Pascal était appuyé à l’avant de sa voiture, dès que je suis sortie, il s’est redressé et a jeté sa cigarette. Mon coeur s’est serré, je détestais le traiter comme ça. Je l’adore tellement. Quant il aime, il aime, il est doux, tendre. Puis, je n’étais plus à chaud, je ne lui en voulais plus tellement. C’était peut-être le fait qu’il soit venu jusque là? Juste pour moi? Ou peut-être parce que le fait de le voir me rendait coton?

Pascal s’est avancé de quelques pas; “Rentrons… Rentre avec moi Jane, STP?”. La voix légèrement étranglée, je lui ai demandé; “Qu’est-ce que tu fais ici? Et pourquoi m’as-tu suivi?”. Il voulait qu’on aille chez lui en parler. Il ne voulait pas rester là, dans la rue. Devant les fenêtres de Steven. Il était persuadé qu’il nous observait. Justement, à cause de ça, pour ne pas entrer dans la catégorie des filles-serpillière, je ne pouvais pas m’en aller avec lui.

Après lui avoir demandé de s’en aller, j’ai tourné les talons pour retourner chez Steven.

  • Est-ce que je te ferais ça moi?

Ça m’a coupé net. Probablement que non, Pascal ne me tournerait pas le dos pour retourner auprès de quelqu’un d’autre, comme ça, aussi froidement. Mais peut-être aussi que j’étais trop troublée de le voir et que je n’avais pas l’esprit très clair. Pour me défendre, j’ai contre-attaqué.

  • Pire!
  • STP Jane… Rentrons.

J’ai continué ma route. Non, je ne pouvais pas rentrer avec lui. Je sais très bien que je lui pardonnerais tout, et que je perdrais jusqu’à la mémoire, rien que parce qu’il était venu jusqu’ici. Rien que d’être dans ses bras. Le coeur gros, je ne me suis pas retournée. Pascal continuait à m’appeler, me demandant de lui pardonner, de rentrer à la maison avec lui. Ciel, j’en avais tellement envie que ça faisait presque trop mal.

Steven était toujours près de la fenêtre, les bras croisé, ses yeux allaient de la rue à moi; “Tu devrais y aller… Je sais que tu en as envie. Et je ne crois pas qu’il s’en ira sans toi. Il va finir par réveiller tout le voisinage.”.

  • Je n’ai pas l’intention de lui rendre la tâche aussi facile. De toute façon, j’ai bien trop de truc à faire lundi, pour sacrifier mon dimanche à me prendre la tête avec lui. J’ai besoin de repos, beaucoup de repos, et j’ai bien l’intention de passer tout mon dimanche sur mon canapé à me larver comme une carpe.
  • Jolie carpe… oups, tu ferais mieux d’y aller, Pascal vient par ici, je crois qu’il a décidé de sacrifier ma porte!

C’était chou. J’aimais bien ses expressions. Puis, je crois qu’il devinais qu’il était temps pour moi de partir. Je l’ai embrassé sur la jouer. Il souriait encore quant j’ai passé la porte. Je me suis trouvée nez à nez avec Pascal. Il avait le poing levé, il s’apprêtait à cogner sur la sonnette.

  • Va-t-en Pascal, je n’ai pas l’intention d’aller chez toi. Ah, au fait, pourquoi tu n’irai pas te consoler vers Elodie!

J’ai traversé et tourné au coin de l’immeuble voisin, j’ai rapidement contourné l’immeuble par le jardin, pour revenir sur mes pas, et aller prendre ma voiture dans le parking. Pascal me cherchait à pied. Il regardait dans la rue où j’avais disparue, et regardait les voitures. Il ne m’a pas vue passer plus bas et m’enfiler dans les sous-sols de l’immeuble. Même si ça me faisait un détour, j’ai tourné dans le sens inverse. Il me cherchait toujours, et tentait aussi de me joindre sur mon natel.

“Bonne nuit mon coeur… Je t’aime quand même malgré tout”.

Une fois à la maison, j’étais trop surchargée, énervée pour réussir à m’endormir. J’ai donc traîner devant la télé, mais 15 minutes plus tard, je baillais à m’en décrocher la mâchoire. Je me suis résolue à aller me coucher. Avant de m’endormir, je me cherchais des tas d’excuses pour courir chez Pascal. Heureusement, avant d’en trouver une crédible, qui ne me faisait pas perdre la face, je me suis endormie.

Tout le dimanche, j’ai été une larve. Fatiguée comme jamais, je n’avais même pas la force de lire. Alors je me suis abrutie devant la télé. J’avais laissé mon natel sur silence à la tête de mon lit, pour éviter d’être tentée de faire une bêtise. L’empêche, je me demandais ce que Pascal pouvait bien faire. S’il pensait à moi, si je lui manquais. J’espérais qu’il n’ait pas la mauvaise idée de retourner chez Elodie, parce que, cette fois, je ne le lui pardonnerais pas.


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