187/2012 - 4ans déjà!
Jeudi, 05 juillet 2012 - (187/2012) - 4ans déjà!
Je me sens si mal et je regrette tellement de ne pas avoir le courage, ni la force de voir Pascal. 4ans déjà et je l’aime toujours autant, sinon plus, mais je suis incapable de fêter ça avec lui aujourd’hui. J’espère qu’il me pardonnera. Je n’ai pas répondu à ses appels et je n’ai même pas eu le courage de lire ses sms. Je crois que j’avais peur d’y voir des reproches, et je savais que je ne pourrais rien y faire.
En fin de matinée, adorable, il m’a fait livrer une énorme gerbe de fleurs aux couleurs du pays. Faut dire que le drapeau américain et le libérien sont pareils, sauf pour le nombre d’étoile. C’est chou. Un mélange de roses rouges, de fleurs bleus, des bleuets ou fleurs de sauges bleues, et différentes fleurs blanches. L’attention était délicate.
Il y avait aussi un petit mot, j’ai traîné toute la journée avant de trouver le courage de le lire. J’aurai peut-être dû commencer par là…
Pascal me disait en gros qu’on ne connaissait pas l’échéance de notre vie et qu’on ne pouvait pas se cacher de vivre, qu’on en avait le droit et même le devoir, pour les nôtres, pour ceux qui sont encore là, comme pour ceux qui ne le sont plus. Et si tout devait s’arrêter brusquement, on regretterait de n’avoir pas profiter de chaque instant. A la fin, il mettait que; pourtant, il comprenait et respectait mon chagrin et que je pouvais prendre le temps dont j’avais besoin, mais il me demandait de ne pas le fuir. Il aurait aimé savoir quoi faire pour soulager ma peine.
C’était mignon et je me suis sentie honteuse. J’avais envie d’aller vers lui, mais en même temps, j’étais complètement bloquée.
Après des heures d’hésitation, j’ai voulu aller faire un saut chez eux. Je savais qu’ils avaient sûrement du monde chez eux ce soir aussi. Mais, en chemin, j’ai fait demi-tour. Je manquais de courage. Je ne pouvais pas affronter tout ce monde tout joyeux. Pfff, j’étais lamentable. A force, je finirais par éviter tout contact avec tout le monde, c’était nul. Après m’être mentalement donné des coups de pieds, j’ai résolu d’appeler Pascal. Petit coup de canif dans ma boîte de courage, il ne répondait pas. Forcément, il avait laissé son natel à l’appart.
Quant je suis arrivée chez eux, j’ai vu qu’ils étaient au bord du lac vers le ponton. Mes pieds refusaient d’avancer et comme personne ne m’avait vu, j’ai failli repartir en courant. Mais, j’étais là, alors autant y aller. Si je n’avais pas été si préoccupée par mes terreurs internes, j’aurai remarqué le bras de Pascal sur les hanches de sa femme, et je serais repartie en courant. Mon arrivée impromptue a causé une légère surprise ce qui m’a fait piquer un fard. Je déteste être le centre de l’attention.
Baf, au moins, je n’étais pas la seule à rougir, Pascal aussi. Je ne pense pas qu’il s’attendait à me voir ce soir!
Dès que l’attention s’est tassée, je me suis posée dans un coin à les regarder s’amuser. Zut, je n’étais pas trop dans l’ambiance. Je me suis demandé s’ils savaient tous!!! Caro est venue se poser côté et je dois dire que son bavardage avant l’avantage d’être reposant. C’est drôle, mais ça me détendait, même si je ne l’écoutais pas vraiment. Je faisais les « ah oui? », les « oh d’accord! » et les petits signes de têtes qu’il fallait. Tout allait bien. C’était agréable de les regarder faire de la musique, chanter et même le bavardage en fond.
Au milieu de tous les cris et les rires, Pascal est venu me demander de lui donner un coup de main pour aller chercher des trucs à la maison. Caro s’est levé pour proposer ses services et Pascal lui a dit assez sèchement de ne pas bouger de son siège, qu’il n’avait pas besoin d’elle.
Sur le chemin, on s’est expliqué sur; j’aurai pu l’avertir et son natel qui n’était pas sur lui. Je l’ai remercié pour son petit mot, et ça l’a fait rougir. Bref, il aurait préféré qu’on soit seuls tous les deux, il se serait arrangé pour passer la soirée ailleurs. Pascal se demandait même si je n’avais pas fait exprès pour éviter de me retrouver seule avec lui. Hum, je crois que ce n’était pas faux.
Ils auraient pu aussi bien être à l’extérieur, et dans ce cas, je serais venue pour rien. Mais, je lui ai fait remarquer que s’il avait été dehors, il aurait vu que j’essayais de le joindre. Pascal a ri. J’avais vu juste.
Pascal a voulu qu’on file à l’anglaise, qu’on aille ailleurs, qu’on file sans rien dire à personne. J’ai hésité. Je ne savais pas quoi dire et il risquait de se faire carrément chier avec moi. Je pense que je me sentais rassurée par la présence des autres. On est donc retourné rejoindre les autres au bord du lac. Mais là, petit changement de programme, Pascal a planté sa femme pour venir s’asseoir à côté de moi. Puis, on a été marché un peu le long de la berge avant mon départ.
On était toujours à la vue de tous, donc pas de bisous bisous, ouf. Pourtant, Pascal m’a prise par la main et je dois dire que c’était agréable. On s’est assis à l’écart et discuté un peu. Rien de trop personnel, il évitait tout ce qui pouvait me mettre mal à l’aise ou me rappeler quelque chose qui me chagrine. Après la balade au bord de l’eau, il m’a raccompagnée à ma voiture où on a discuté encore un peu.
Hum, je lui ai promis que je monterais au chalet ce week-end… Je mentais. C’était pour éviter de le voir insister. J’avais les gamins à la maison jusqu’à samedi 14h, donc, je savais d’avance que je ne pourrais pas aller au chalet. Je l’avertirais au dernier moment…