19/15 - Never coming back home
Never coming back home
Samedi, 17 Janvier 2015 - 17/15 -- Lundi, 19 Janvier 2015 - 19/15
Les premiers jours, en arrivant chez nous au Libéria, il nous avait semblé possible de réussir à régler toutes nos affaires. Mais plus le temps passait, plus on s'est rendu compte que rien n'allait être aussi simple. Je ne comprends toujours pas pourquoi Mark et Rose ont tenus à ma présence.
A part pour leur traduire les documents importants ou m'occuper des courriers en anglais, je ne vois pas. Mais, je pouvais tout aussi bien les recevoir en Suisse, les lire, et leurs renvoyer les traductions ou un compte rendu. Puis, après tout, il y avait Claudine, elle n'est pas mal elle aussi en anglais, pas autant que moi, mais, elle peut lire tout ce qu'on lui donne et traduire.
J’aime mes frangines, mais des fois… je me demande si on a vraiment reçu la même éducation! C’est là que je me rends compte que suivant le caractère manipulable d’une personne, ses fréquentations forment plus tard leurs comportements.
On a rencontré Giresh et son partenaire aujourd’hui. Perso, j’aime bien Giresh, et je trouve que son partenaire semble être quelqu’un de très bien aussi. Ma soeur, Claudine, avait toutes sortes de recommandations, de questions et de réserves envers eux, qui ont finis par me porter sur le système.
Bref, samedi, on a couru toute la journée, et le soir, on a réintégré nos pénates que tard dans la soirée. Demain, on aura à nouveau pleins de gens à voir, y compris lundi matin, avant de prendre le chemin de l’aéroport. Tout prend un temps fou, et rien de ce qu’on avait l’intention de régler n’a été clairement réglé.
Musu et sa cousine nous ont collés aux fesses, évidemment pour demander de l’argent et des choses pour lesquelles on ne pouvait rien faire. Joséphine, et surtout son fils Amos nous a fait perdre notre temps. Le mec ne peut pas prononcer une phrase sans mentir.
Lundi, finalement, après s’être caché pendant toute la semaine, Richard, le fils de mon demi-frère a enfin trouvé le courage pour se pointer. C’est ce qui reste de mon frère, alors ça m’a chamboulé. Pourtant, lui aussi fait parti des voleurs qui tentent de soutirer de l’argent de nos propriétés dans notre dos.
On a rencontré un des types de Firestone. Je doute que ce soit le réel responsable. Notre avocat, comme d’habitude, n’était pas là. Mes frangines ont tenus à ce que Lee, un de la famille de Joséphine, est comme tout le reste de sa famille, un fieffé menteur. Ce Lee prétend avoir acheté une partie de nos terres à Ernest. Ben voyons, je suis la femme du Pape moi!
J’avais hâte de rentrer, je n’en pouvais plus de partager la même chambre que mes frangines. Claudine met 3 plombes pour se coucher, traîne en long et en large dans l’appart, et oubli toujours les lumières partout. Rose de son côté, fume partout. On ne peut pas ouvrir de fenêtres, ce qui fait qu’en fin de compte, on dort dans un cendrier! Sans compter l’air conditionné qu’elle met à fond. Moi, ça ne me gêne pas, j’aime le froid pour dormir, mais Claudine gèle.
Bref, Rose, qui n’arrive pas à garder de secret, ne devait pas dévoiler où on logeait, donc, tout le monde a très vite su où nous trouver. Après 2 jours, on avait tout le monde sur le dos, jusque dans l’appart. Impossible de s’en débarrasser après.
Assise dans l’avion hier soir, lundi 19, j’ai senti la fatigue me dévorer. Vivement d’être à la maison, je ne rêvais plus que de retrouver mon lit, ma tranquillité et ma chère solitude. Ciel, qu’est-ce que je suis contente de vivre seule. Ce qui me ramène à Pascal et son envie qu’on vive ensemble… je ne crois pas pouvoir!
Le retour s’est très bien passé. En quittant le sol du Liberia, sachant que cette terre porte ce qui reste de ma mom, gran’ma et mon frère Ernest, j’ai eu beaucoup de peine, parce que je ne crois pas que j’y reviendrais un jour. Et même si ce n’est que des restes de ce qu’ils étaient, j’avais du mal de savoir que je les laissais derrière moi, que je les quittais pour toujours.