199/14 - Coeur en plomb
Vendredi 18, Juillet 2014 - 199/14 - Coeur en plomb
Soleil de plomb aujourd’hui! Je me suis mise à l’ombre, mais même là, il faisait tellement chaud, les ventilateurs à fond. J’ai aussi cherché des tas d’excuses pour annuler avec Steven ce soir. L’estomac tout retourné, j’avais peur de la réaction de Pascal s’il cherchait à me voir en rentrant et apprendrait que j’étais avec Steven, encore.
Finalement, je n’ai rien trouvé qui ne me faisait pas passer pour une gourde quant Steven m’a appelée pour me dire qu’il passait me chercher vers 19h, pour faire un tour en moto. Au programme, petit tour en moto, prendre un verre quelque part où on pourrait profiter d’une brise fraiche. Rendez-vous ensuite avec ses copains.
Hum, impossible que Pascal n’apprenne pas ça! Mais après tout, je n’avais pas de compte à rendre à Pascal. Et n’avais-je pas décidé de reprendre mon chemin, sans me préoccuper de lui?
C’était la première fois que je montais derrière quelqu’un d’autre que Pascal, depuis mon cousin Jacques. C’était sympa en fait. J’ai adoré. Steven a roulé avec prudence, avec de petites pointes de vitesses dans des bouts droits, où il n’y avait personne.
Assis autour d’un verre de thé froid au Pirate à Lutry, Steven m’a raconté qu’il avait eu la visite de sa soeur, c’était pour ça qu’on ne l’avait pas beaucoup vu.
J’étais surprise de savoir qu’il avait une soeur et un frère. Je me demandais à quoi ils ressemblaient. Je ne sais pas pourquoi, je pensais qu’il était fils unique. Steven savait que Pascal rentrait ce soir, et il s’attendait à ce que je l’appelle pour annuler ce soir. Persuadé que j’allais rester plantée à la maison pour Pascal.
Hum, je n’ai pas jugé utile de lui dire que c’était exactement ce que j’avais voulu faire. Je me suis sentie idiote, et si prévisible.
Le pire, c’est que Pascal essayait de me joindre et m’a laissé un tas de messages. Pour ne pas flancher, je les ai effacé sans les lire, et mis mon natel sur silence. Steven a voulu savoir qui me harcelait pareillement. Il se doutait bien qu’il s’agissait de Pascal.
C’est affreux, mais j’étais angoissée. J’aurai bien voulu savoir ce que Pascal avait à me dire, en même temps non, parce que ça ne pouvait rien changé. Je me targuais d’être trop faible, me rappelait mes bonnes résolutions pour ne pas craquer. Et surtout, ce que j’ai ressenti derrière la porte de l’appartement d’une fille qu’il ne connaissait que depuis quelques heures, et il l’avait préférée à moi. Point barre. Je n’avais pas à me sentir coupable de quoi que ce soit.
Ses copains nous attendaient directement au restaurant. D’ailleurs, on était un poil en retard. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder derrière moi. J’avais l’impression que Pascal risquait de débarquer. Mais, je me faisais des idées. J’ai eu de la peine à me détendre. Les copains à Steven sont sympas, même si je vois des points d’interrogations en gros dans leurs yeux; ils se demandent certainement ce qu’on fiche ensemble.
Les copines des copains étaient moins sympas. Elles ne m’adressaient pas la parole. Gourdasses!
Finalement, on n’a pas été au cinéma. Steven a voulu m’inviter chez lui pour regarder des films, mais il était déjà tard. En fait, bien entendu, je ne voulais pas que Pascal me retrouve encore chez Steven. Steven l’a deviné illico. Il m’a traitée d’idiote en riant, mais je crois qu’il le pensait.
Dans le noir, dans le parking de mon immeuble, Pascal m’attendait…
Je ne l’avais pas vu. Je n’avais pas fait attention à sa voiture, étant donné que je n’aurais jamais pensé le voir chez moi. Il faisait sombre comme d’hab. Et je suis attentive aux bruits environnants. J’ai un tournevis dans la voiture pour me défendre. Je fais toujours attention de ne pas montrer que j’ai peur, mais je reste en alerte. Si quelqu’un avait le malheur de se précipiter vers moi, il se prendrait mon tournevis dans le bide.
Ce n’est que quant Pascal a ouvert la portière de sa voiture, que je l’ai vu. Maintenant, hélas, il sait ce que j’ai comme voiture. Les filatures avec la mienne sont désormais hors de questions. Dieu ce qu’il est… chou! Difficile de résister à l’envie d’aller me jeter dans ses bras. Je ne suis pas encore assez forte.
Je ne peux qu’espérer qu’il me donne les armes nécessaires pour l’envoyer balader!