200/2013 - Je voulais tellement le voir...
Vendredi, 19 juillet 2013 - 200/2013 - Je voulais tellement le voir...
Pascal rentrait de voyage aujourd’hui. Je voulais tellement le voir… Je crois que je voulais vérifier si mon coeur battait toujours aussi fort quant je l’aperçois. Ou s’il battait de plus en plus rapidement pour Thomas. Puis, je voulais lui parler aussi. Je voulais lui dire, dire à Pascal que je savais qu’il voyait tout le temps Elodie. Que je l’avais même suivi plus d'une fois. Que je savais qu’il passait presque toutes ses nuits avec elle. Qu’il m’avait laissé tomber plusieurs fois, pour courir chez elle. Que je n’étais pas dupe!
Je devais lui dire tout ça, avant de perdre le peu de courage que j’avais… Courage qui semblait me faire défaut, eu à peu, à mesure que le moment de voir Pascal approchait!
Nerveuse dès le main, j’ai même eu de la peine à dormir. Impatiente que le lendemain commence. Heureusement, il y avait la chaleur et la tendresse de Thomas qui m’a fait un moment oublier. Mais en même temps, ça m’a plongé dans le désarroi. Qu'est-ce que je foutais avec Thomas, alors que je voulais être avec Pascal? J’avais l’impression de l’utiliser! Ce n’était pas correct. Est-ce que Pascal me pardonnerai ce petit pas de travers? Rhhh, puis pourquoi devrais-je avoir besoin de son pardon? N’était-il pas plus coupable que moi?
L’image de Thomas hier soir, flottait encore dans ma mémoire… Il réussissait parfois à me faire perdre mes moyens.
- Allé… Reste. Ne me laisse pas tout seul ce soir.
- Thomas… Je… J’ai quelque chose demain matin…
- Demain matin? A quelle heure?
Thomas s’était baissé pour déposer un baiser dans mon cou Ses lèvres effleuraient mon cou, déposant un baiser par-ci, par-là, remontant jusqu’à mon oreille. Des frissons me parcouraient de la tête aux pieds.
- Heu… 10h…
- Ça va 10h, tu aura le temps de rentrer te changer, si tu n’as rien pris ici. On peut même aller chercher tes affaires, et...
- Thomas, je…
- Oui… tu?
Quoi que je dise, il trouvait le moyen de me démontrer que je n’avais aucune excuse valable, et il continuait à m’embrasser. Il avait enfiler sa main sous mon t-shirt, dans mon dos, et me maintenait contre lui. Afff, comment résister, il était si têtu. Mais j’aimais sa ténacité.
J’ai passé la matinée à tourner en rond tout en me préparant. Comme si c’était mon premier rendez-vous avec Pascal. Nerveuse à en transpirer. Si je n’étais pas aussi dispersée dans ma tête, je me serais rongée les ongles des 2 mains, jusqu’à la lie. A midi, ma nervosité avait atteint des limites qui frisaient l’hystérie. Je n’ai rien pu avaler. A 14h, j’étais chez Pascal. J’avais utiliser ma clé pour entrer et l’attendre à l’intérieur.
Thomas avait encore tenté une dernière fois de me dissuader d’aller encore me jeter aux pieds de mon ex. Mais rien ne pouvait m’en empêcher, même pas la culpabilité que je ressentais envers Thomas. Rien ne pouvait combattre l’espoir de me retrouver à nouveau dans les bras de Pascal. Enfin, si pour autant mon coeur bat toujours aussi précipitamment dès qu’il m’approche. Et ça, je devais le vérifier.
Pascal devait arriver chez lui vers les 15h… 15h30, il n’était toujours pas là. J’avais drôlement envie d’appeler à son travail pour savoir s’il s’était arrêter à son bureau en rentrant. Ou même appeler Thomas pour avoir des nouvelles. Mais, ça, ça aurait été exagérer. Ce serait trop prendre Thomas pour un idiot. Trop abuser. J’ai donc dû prendre mon mal en patience.
Puis, des idées noires ont commencés à remplir ma tête, comme… Pascal était passé d’abord chez Elodie… Qu’il ne rentrerait peut-être pas de la soirée… Il passait la soirée et probablement la nuit chez elle… Elle avait dû lui manquer au point qu’il soit passé chez Elodie en premier… Ou, il a vu ma voiture, et il a préféré rebrousser chemin… Il savait déjà pour hier soir, donc il ne voulait pas me voir??? Puis, petit espoir, elle devait être au boulot, donc il ne pouvait pas être avec elle. Ouf, donc, je reste. Je l’attends.
Je n’en pouvais plus. Mais où pouvait-il être? Que faisait-il? Est-ce que je l’appelle? Non, non. Je devais patienter.
Thomas est rentré. En passant devant la porte du rez, il a hésité. Il savait que j’étais là. J’avais un peu honte d’être plantée là, toute seule comme une idiote. Je me suis planquée. S’il frappait, j’ouvrirais, mais sinon, je resterais dans l’ombre. Avec ma honte. Thomas a fait la grimace. Il a choisi de ne pas sonner. Il est monté les marches quatre à quatre. Sans doute pressé. Il devait certainement se changer et partir retrouver ses copains.
La sonnerie de mon natel m’a fait sursauté. J’ai pensé que c’était Thomas. C’était Pascal. Thomas l’avait appelé pour lui dire que je l’attendais, savoir où il était. Pascal avait loupé son vol. Il a dit qu'il rentrerait avec celui de 20h. Pfff.
Thomas… Quel amour. Je pense qu’il a eu pitié de moi. Je voulais le remercier, alors je suis montée. Il n’avait pas l’air de sortir ce soir. Et ça, ça ne lui ressemblait pas. Il était en training. Thomas seul chez lui? Un vendredi soir? Il allait neiger!
- Pourquoi tu ne l’as pas appelé?
- Je voulais que ce soit une surprise.
- Ouais… En attendant, la surprise était pour toi.
Thomas semblait un peu énervé. Son visage était fermé. Mal à l’aise, j’ai préféré ne pas lui demander ce qu’il faisait encore chez lui à cette heure-ci. Je savais que s’il avait des copains qui devaient passer, il n’aurait pas mis un training pour les accueillir.
- T’aurai quand même pu juste l’appeler.
- Thomas…
Je me suis approchée, mais Thomas s’est déplacé. Il ne voulait pas que je le touche ou que je l’approche de trop prêt.
Thomas était énervé contre moi. Il avait ses raisons, je comprenais. Je ne lui en voulais pas de réagir de cette manière.
Thomas m’a encore demandé si j’étais sûre de vouloir aller jusqu’au bout. J’ai dit que oui. Je tenais à parler à Pascal. Thomas pensait sérieusement que je perdais mon temps. Il pensait qu'on avait eu trop de problèmes, que notre relation était voué à l'échec. Qu'on avait perdu toute confiance l'un envers l'autre.
- En tous cas… Merci.
- De rien…
Mince, qu’est-ce que c’est que ce petit pincement au coeur? Je l’aurais bien serré dans mes bras là. C’était adorable de sa part d’avoir appelé Pascal. Il a dû se douter que je n’en ferais rien. Trop timide. Trop coincée. Thomas évitait mon regard. Je sentais qu’il préférait me voir partir. Ou rester, si je laissais tomber l’idée de voir Pascal.
C’était triste d’être chacun dans notre coin, Thomas à l’étage, moi au rez, à attendre. On aurait pu se parler, passer le temps ensemble… Que faisait Thomas? Pourquoi ne sortait-il pas ce soir? Les heures se sont traînées en longueur, c’était long. Infernal. Je m’emmerdais à fond la caisse. J’ai fini par m’endormir sur le canapé.
Je crois que je le voulais. Je voulais éviter l’embarras des retrouvailles. Je me sentais vulnérables. Fiévreuse. Sachant que j’étais chez lui à l’attendre, j’étais sûre que Pascal rentrerait directement. Je ne l’imagine pas s’arrêter chez Elodie avant. Avant de m’endormir, je me suis demandée si je n’aurai pas dû rester avec Thomas au lieu de perdre mon temps à attendre Pascal??? Attendre sur un type qui ne faisait rien pour que je l’apprécie. Un homme qui cherchait plutôt à m’éloigner de lui!