201/2013 - Je suis quoi moi? Qui?

Publié le par JaneDo


Samedi, 20 juillet 2013   - 201/2013 - Je suis quoi moi? Qui?  - (1)

Pascal ne m’a laissé le temps de placer un mot. Il me caressait la joue les yeux remplis d'amour, et quant j’ai ouvert un oeil, il m’a embrassée. Il n'en fallait pas plus pour me faire perdre mes repères. Impossible de me mettre à parler de ce qui me travaillait. Ce n’était pas le bon moment pour une mise au point. Je voulais profiter de ce petit moment de tendresse.

Il m’a serré dans ses bras. Il était heureux de me voir. Heureux que je l’ai attendu. Il souriait, et j'adore sa façon de sourire. Son sourire. Sa gentillesse me troublait.

Pascal s’est allongé à côté de moi, caressant mes cheveux, mon visage. Ses lèvres effleuraient mon front, mon nez, mes lèvres. Il déposait de petits bisous chaud et doux. Je me sentais flotter dans un nuage de tendresse. Pas envie d’en sortir.

Ses yeux verts m’observaient, me scannaient. Je me demande ce qui se passait dans sa tête. Je suis sûre qu’il se posait beaucoup de questions, certaines me concernaient.

Je crois que je n’avais pas trop envie de savoir. Mais si je pouvais faire en sorte de faire pencher la balance en ma faveur Alors, j’avais l’intention de faire mon maximum. Pascal était content d’être enfin à la maison. C’est à peu près tout ce qu’il a mentionné avant de m’enlever pour m’emmener dans sa chambre. Je n’avais pas envie de lui résister.

Thomas n’était pas sorti de la soirée. Anormal. Pourquoi était-il resté chez lui, un vendredi soir? Espérait-il me ramasser à la petite cuillère? Le samedi matin, il n’est pas descendu déjeuner avec nous. J’avoue que ça m’inquiétait un petit peu.

Hier soir, alors qu’il était sur le point de me faire l’amour, Pascal m’a demandé s’il se passait quelque chose entre Thomas et moi. Il avait cru nous entendre l’autre soir, mais, il a dit qu’il croirait ce que je lui dirais. Parce qu’on aurait très bien pu être seulement en train de regarder un film érotique après tout. Je ne voulais pas parler de ça, pas maintenant. Sinon, je lui aurai menti. Il a accepté que je détourne la conversation avec un baiser. On en parlera à la lumière du jour. Maintenant, ce n’était juste pas le moment.

Heureuse d’être dans ses bras, ma tête était vide. Pas une seule idée de reproche. Rien. Pascal était tendre, attentionné, comme il savait l’être. Impossible de penser qu’il pouvait avoir quelqu’un d’autre que moi dans sa vie.

Pascal est sorti courir avant le déjeuner. J’aurai pu en profiter pour monter parler à Thomas. Mais je n’ai pas osé. J’étais mal à l’aise. Je crois que je l’avais blessé et j’avais de la peine à lui faire face. J'avais blessé quelqu'un qui était toujours là pour me soutenir. Quelqu'un qui me faisait passer avant tout le reste. Qui faisait toujours attention à mon bien être. Quelqu'un de spécial, d'adorable.

J'étais mauvaise. Je ne méritais pas sa gentillesse. Et je remettais la confrontation à plus tard. Quant il n’est pas venu déjeuner avec nous, j’ai décidé de monter, mais Pascal n’a pas voulu me laisser aller. Pour lui, Thomas dormait encore, avait envi d’être seul, ou était avec quelqu’un. Il ne fallait pas le déranger.

Vers midi, Pascal a voulu passer au bureau. Des papiers à déposer. J’en ai profité pour monter vers Thomas.

  • Des papiers à déposer? Au bureau? Hum! Et tu l’as cru?
  • Oui. Après 3? 4 jours de voyage… C’est plutôt normal.
  • Et il ne pouvait pas passer hier en rentrant? Ni les envoyer par email, ou fax?

Thomas semblait me prendre pour une idiote. L’empêche, il n’avait pas tout tord. Maintenant, je réalisais que c’était bizarre. Il pouvait aussi bien attendre lundi, il n’y avait pas urgence. Est-ce que…? Non. Ma tête ne peut pas l’imaginer.

  • Franchement Jane! Il te fait avaler ce qu’il veut hein? Et il t’a dit pour combien de temps il s’absentait?

J’avais le regard fuyant. Je me rendait compte que j’avais été un peu naïve sur ce coup là.

  • Non bien sûr. Tu ne lui as rien demandé.

J’avais la furieuse envie de descendre et l’appeler. Lui demander franchement s’il m’avait menti. S’il me prenait pour une idiote. Mais, je sentais que Thomas n’était pas bien, et je ne pouvais pas lui tourner le dos et ne penser qu'à moi. Thomas méritait mieux que ça. De parler d’autre chose que de Pascal peut-être. Pourquoi est-ce qu’on fini toujours par blesser ceux qu’on aime?

Alors, je lui ai demandé pourquoi il n’était pas sorti hier. Le regard qu’il m’a lancé a suffit pour répondre à ma question. Il s’inquiétait pour moi. Il avait pensé que je monterais ce matin. Au moins ça. Mais rien. Et aussi, c’est vrai, il avait pensé devoir me ramasser à la petite cuillère. Persuadé que Pascal finirait par aller rejoindre Elodie, et que j’allais finir en larmes.

Mais aussi, il n’aurait jamais imaginé que j’aurai osé rester avec Pascal, après ce qu’on avait vécu ces derniers jours…

Je me sentais prise au piège entre les deux. Entre mes sentiments pour Pascal et l’envie de fuir et de recommencer autre chose avec quelqu’un d’autre. Lui par exemple. Parce que je tenais beaucoup à Thomas, mais je ne pouvais combattre ce que je ressens pour Pascal.

Après notre discussion, je me suis précipitée en bas, et j’ai appelé Pascal. J’ai prétendu vouloir le rejoindre au bureau. Que je partais sur le champ. Qu’on pouvait dîner en ville. Pascal m’a alors dit qu’il rentrait, qu’il était en chemin. Que je n’avais pas besoin de bouger. Pascal venait me prendre, et on allait manger quelque part.

J’ai été rassurée. Thomas avait réussi à semer le doute dans mon esprit. J’avais fini par croire que Pascal avait été rejoindre Elodie.

Quant il est rentré, je n’ai pas voulu sortir. Alors on a préparé à manger et on s’est installé dans la pergola. J’aimais ces moments de détente. Mais il allait bien falloir aborder les sujets qui fâchent. Surtout quant il m’a demandé encore une fois, pourquoi je ne venais pas m’installer chez lui en attendant de trouver autre chose. Que c’était toujours mieux que de naviguer de droite à gauche.


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