201/2013 - Je suis quoi moi? Qui? - (2)
Samedi, 20 juillet 2013 - 201/2013 - Je suis quoi moi? Qui? - (2)
Le fait que Pascal me demande encore de venir m’installer chez lui, me faisait penser que, contrairement à ce que ses amis, et même Thomas, imaginent, il n’est pas aussi amoureux ou attaché à Elodie qu’ils le pensent. Sinon, Pascal ne m’aurait jamais proposé de venir habiter chez lui. On a donc déjeuner vers 14h. On passé le début de l’après-midi tranquille dans le jardin. Thomas n’est pas venu se joindre à nous, et pourtant, il était à la maison.
De temps en temps, je l’apercevais derrière la fenêtre à nous observer. Pascal est même monter lui proposer de descendre vers nous. Hum, l’empêche, j’étais soulagée qu’il ne vienne pas. Je me serais sentie mal à l’aise.
- Pascal… Il y a des tas de choses que je ne comprends pas… Comme quant tu me proposes de venir chez toi. Ça, je comprends pas! Et Elodie?
- Quoi Elodie?
- Je sais que tu as dis que tu pensais être amoureux d’elle!
- Thomas t’as raconté ça? Le rat!
- Oh… Ce n’est pas forcément Thomas.
- Je n’en ai parlé qu’à Paul à part Thomas. Je sais que tu n’es pas en contact avec Paul, il me l’aurait dit. Donc, ça ne peut être que Thomas.
- Tu sais, je t’ai suivi souvent, et à chaque fois, tu étais avec Elodie. Tes petites sorties en couple avec Paul… Facile de te surprendre en train de lui en parler…
Pascal a fait les gros yeux. J’ai pensé qu’il aurait piqué la mouche, et qu’à partir de là, on allait se prendre la tête. Mais, même pas. Ça a paru l’amuser. Huh! Je ne lui ai pas encore raconté le nombre de fois que je savais qu’il avait dormi chez Elodie. Puis, comme si je n’avais rien dit de grave, il a enchaîné en souriant jusqu’aux oreilles.
- Alors… C’est que tu m’aimes? A la folie? Un peu jalouse? Pourtant, tu as voulu qu’on se quitte! Mais, ça ne me déplaît pas!
- N’essaie pas de m’endormir… Arrête de me prendre pour une conne! Tu passais un bout de la soirée avec moi, puis après, tu filais rejoindre Elodie. Et j’apprends que tu dis à droite et à gauche que tu es amoureux d’Elodie? Alors, je suis quoi moi? C’est humiliant.
Son sourire s’était effacé. Il m’écoutait penché en avant à regarder le sol.
- Puis, après ça, tu me dis que je peux venir m’installer chez toi? Attends… Tu étais sûr que je dirais non, alors tu ne risquais rien à me le proposer, hahaha… Bien joué!
- Pas du tout. J’étais sérieux. Je me doutais un peu de ta réponse… Mais, j’espérais quand même que tu finirais par accepter.
- Ah oui? Alors que je t’attrape main dans la main avec Elodie, à faire des petites sorties en amoureux, alors que tu t’arranges toujours pour me laisser en plan? Tu pensais que j’accepterais? Qu’est-ce qu’Elodie en pense?
- C’est entre toi et moi?
- Ah oui? Elle n’a rien à dire?
Pascal n’a pas répondu. Il est resté à regarder ses pieds. J’avais peur de continuer, peur des conséquences. Mais, maintenant que j’avais commencé, je ne pouvais plus retourner en arrière. Je reprenais du courage en pensant à ce que m’avait dit Akemi-sama. A moi de trouver le courage, et lui montrer que je ne suis pas dupe.
- J’en ai marre de ton comportement. Tu me fiche au réduit, et dès que je commence à respirer, tu me file un petit coup d’espoir, tu me sors un truc pour me faire croire qu’on est ensemble, puis quant j’y crois, tu me sors qu’on est plus ensemble. Tu te moques de moi?
- Non, je ne me moque pas. Je ne me permettrais pas. J’étais vraiment sérieux quant je te propose de venir t’installer ici.
- Et je fais comment quant Jess se rapplique?
- Je te rappelle qu’on a mis des escaliers entre les 2 apparts, c’est pas pour rien. Jess n’a pas grand chose à dire. C’est chez moi.
- Tu penses divorcer alors?
Là, j’avais touché un point sensible. Pascal a fermé les yeux, pris une grande inspiration avant de me dire qu’il n’avait pas l’intention de divorcer dans l’immédiat. Ça, c’est la meilleure! Alors là, je ne comprenais pas non plus! Mais passons. L’important, ce n’était pas ses histoires avec Jess. Je ne voulais pas le laisser m’entraîner ailleurs. Je devais régler la question concernant Elodie. Savoir où j’en étais. Savoir ce que je faisais dans tout ça.
- J’imagine que tu ne veux pas à cause de Thomas, je me trompe?
- Ce n’est pas la question.
- Bien sûr c’est la question! Est-ce que je dois me méfier de Thomas?
- De quoi tu parles? D’abord, c’est toi qui n’avait pas de temps pour moi, qui annulait sans arrêt nos rendez-vous, et pourquoi? Parce que Elodie! On a passé plus de 4ans ensemble, et il suffit qu’une petite pisseuse passe par…
- Ne l’appelle pas comme ça.
- Regarde… Monsieur la défend en plus! C’était juste pour voir, ben, la preuve… Une petite pisseuse te donne rendez-vous, et hop, monsieur m’envoi sur les roses. Ensuite, tu as eu le culot de me reprocher d’avoir oublier notre anniversaire? Quel anniversaire? C’est pas toi qui me rappelait qu’on était plus ensemble?
Waouh, Pascal m’a jeté un de ces regards! Il ne m’avait jamais vu m’énerver autant.
- Tu n’as rien à me reprocher concernant Thomas. Toi, tu couches bien avec Elodie. Et en plus, tu m’as laissé tomber assez de foi, pour aller la retrouver, alors j’estime n’avoir rien à me reprocher. Après tout, tu dormais bien chez cette pouffe tous les soirs. Tu espérais quoi? Je ne suis pas une nonne!
Pascal me fixait toujours, un peu éberlué.
- Waouh! Tu peux me dire pourquoi on se dispute là? On a passé une chouette journée…
- Tu vois, ça m’énerve quant tu fais ça… Tes tentatives pour changer de sujet m’énerve!
- Je n’essayais pas de changer de sujet, je constatais c’est tout! Et… Je ne couches pas avec Elodie.
Hein? Alors là! Il se foutait vraiment de ma gueule! Je n’étais plus seulement énervée, mais furax. Quant je suis furax, j’ai l’air calme. Mais, je pense, j’espère que Pascal me connait assez pour se le rappeler. Je suis restée un moment la bouche ouverte. Perplexe, et carrément sous le choc qu’il puisse espérer me faire avaler une couleuvre pareille.
- Je ne couche pas avec Elodie.
Il se foutait de ma pomme, c'est sûr! J’ai secoué la tête avec un petit sourire désabusée. Inutile de discuter avec lui. Là, il exagère.
- Je t’assure que c’est vrai. Elo sait pour toi et Caroline. Elle veut d'abord que je mette les choses au clair avec vous avant qu’il se passe quoi que ce soit. Elle veut être sûre que c'est sérieux.
- Pfff… Alors tu fiches quoi chez elle tous les soirs? Tu espères qu’elle capitule? Vous jouez au Monopoly? Tu me prends pour une idiote?
- Non. Je t’assure. On n’a pas couché ensemble. J’ai dormi peut-être souvent chez elle, mais il ne s’est rien passé. Ça me convenait, je voulais éviter Jess…
- Blablabla… Tu voulais éviter Jess! Puis quoi encore!
- Tu peux lui demander. Je te fais son numéro si tu veux?
- Alors vous dormiez sagement, comme deux plots, l’un à côté de l’autre, sans vous toucher.
Glups. Gros silence. Pourquoi ne répondait-il pas là? Haaaaa d’accord!
- Maintenant que tu en parles… Je ne suis peut-être pas amoureux d’elle. Si c’était toi par exemple, je ne crois pas que j’aurai tenu sans essayer! Donc, peut-être que je ne suis pas si amoureux que ça.
Hein? Alors ils ne couchaient pas ensemble! Je ne sais pas pourquoi, mais je le croyais. Il avait l’air tout à fait sincère. Glups! Ça me donnait le mauvais rôle du coup. Mais, la meilleure défense, c’est l’attaque.
- Ouais… Il a fallu qu’on en parle pour que tu le réalise? En attendant, tu m’as traitée comme de la merde! Pour elle! Et en plus, tu n’es pas amoureux! Merde, ça fait mal de voir à quel point les mecs n’ont pas de cerveau. Tout au niveau de la ceinture, pfff!
- Tu as raison… Je suis désolé. Vraiment désolé. C’est vrai, j’ai mal agi envers toi. Et aussi Caro.
- Wow! Caro n’a qu’à mener ses guerres toute seule. Là, c’est moi, pas Caro!
- Excuse-moi.
- Tu crois que dire que t’es désolé suffit? Est-ce que tu sais comme tu m’as blessée?
- Elo m’appelait, et on avait prévu de se voir un petit moment… Mais, il y avait toi qui soudainement voulait me voir… Alors, je devais annuler et ça la faisait pleurer. Elle m’attendait des heures, je ne pouvais pas la planter… oups!
- Ouais… mais moi oui! Tu pouvais me planter sans autre! Merci bien!
- Rhhh… Je suis nul!
- Oui, tu es nul. Tu sais ce qu’on ressent quant celui qu’on aime, celui avec qui on a partagé tellement de choses, tellement de problèmes, te plante comme une moins que rien, oubliant d’un coup toutes les années ensemble pour un “CUL” qui se pointe? Alors, je suis désolé… ça ne le fait pas!
Pascal faisait la grimace.
- Tu m’as montrée à quel point tu étais faible. Et moi qui te prenait pour un Dieu!
Pascal a voulu me prendre dans ses bras. J’ai esquivé son geste. Là, j’avais chaud, je bouillonnais de l’intérieur. Je ne pouvais pas supporter que qui que ce soit me touche. J’avais mal à fleur de peau.
- Alors on fait quoi maintenant?
Comme par hasard, voilà que son natel se met à sonner. Il a regardé qui appelait. A le voir virer au rouge, j’ai compris que c’était Elodie.
- Tu va faire quoi si elle pleurniche de nouveau au téléphone pour que tu passes chez elle? Tu va me planter là?
Pascal n’a rien répondu. Il ne répondait pas non plus à son appel. Je voulais savoir s’il allait la rappeler après, en cachette. Il m’a promis que non. Mais, moi, je voulais qu’il lui réponde devant moi. Je voulais qu’il le devine. Je voulais voir ce qu’il allait lui dire. Ce qu’il allait faire. Pour finir, je lui ai dis de répondre. Mais, trop tard. Elle avait raccroché. J’étais sûre qu’elle réessayerais, et alors, je voulais qu’il lui parle.
Va demander à un homme de deviner ce qu’il faut faire pour calmer sa partenaire… Il en a aucune idée. Donc, j’ai dû lui dire que je voulais voir ce qu’il allait faire, lui dire, etc.
Pascal lui a donc répondu. Il ne s’attendait pas à ce que je mette le haut parleur. Qu’est-ce qu’il croyait? Il connaît mal les femmes en colère! Un peu gêné, il lui a parlé un peu froidement au début. Elle s’en ai rendu compte, alors elle lui a demandé ce qui n’allait pas, s’il n’était pas seul. Je lui ai fait les gros yeux. S’il tentait de l’avertir, ça allait m’énerver. Pascal l’a compris.
Il lui a dit que non, il était seul. Elodie a commencé à lui faire une mini scène en prenant une petite voix pour lui demander alors, pourquoi est-ce qu’il avait paru si froid. Il s’est repris. Pourtant, je voyais bien qu’il essayait de couper court à la conversation. Mais, Elodie, ne se doutant de rien, n’avait pas l’air de savoir lire entre les mots.
- C’est rien. Je ne me suis pas rendu compte que j’avais été froid.
- Alors? Tu passes quant? Tu me manques… Tu avais dit que tu passais en rentrant, hier tu devais...
- Ha oui, mais j’étais crevé. J’ai… un peu oublié.
Hum! Je venais d’apprendre que Thomas n’avait pas eu tord hier!!! Pascal avait prétexté un passage au bureau pour passer chez Elodie. Pascal était de plus en plus mal à l’aise en voyant les grimaces qui s’affichaient sur mon visage. Il lui avait coupé la parole, mais il réalisait bien que j’avais saisi. Il a donc décidé de jouer cartes sur table.
- Jane m’attendait, alors… j’ai pas pu.
- J’ai pensé qu’il y avait un truc du genre. Son ton avait légèrement changé, pour se faire plus sec, plus tranchant. Alors, tu n’as pas encore mis les choses au point avec elle? Tu as promis que tu lui parlerais, à Caroline aussi? Tu penses le faire quant? Je commence à avoir l’impression que tu n’as pas l’intention de le faire! Ou tu n’oses pas?
- Je ne sais pas Elo.
- Pascal, je te déteste… Hihihi!
Elle avait dit ça de manière à ce qu’il comprenne que c’était tout le contraire. On devinait facile qu'elle faisait la moue. Il y avait trop de sourires dans sa réplique pour qu’il la prenne au sérieux. Puis, elle a rigolé. C'est quoi comme rire ça? Heu heu heu??? Jeeez, il trouvait ça sexy? Je trouvais son rire ridicule! Beurk.
- Tu penses passer vers quelle heure ce soir?
- Je ne passerai pas ce soir. Je passe la soirée avec Jane.
Ha! Il avait des couilles tout à coup! Il remontait dans mon estime là! Mais il était drôlement mal à l’aise.
- Alors après? Je t’attendrais…
- Non Elodie, pas ce soir. Ne m’attend pas. Je… On va sûrement sortir avec nos copains, et on rentrera tard. Et Jane dort à la maison. Donc, je ne passerai pas.
Elodie restait silencieuse. Puis, on a entendu des reniflements. Elle a commencé à lui dire qu’elle l’attendrait quand même. L’idée de dormir sans lui la rendait malheureuse. Elle pouvait supporter de ne pas passer la soirée avec lui, mais elle l’attendrait. Qu’elle espérait qu’il change d’avis. Qu’il en profiterait pour me parler. En tous les cas, elle l’attendrait toute la nuit. Elle ne pourra pas dormir… Elle a raccroché pour ne pas l’entendre lui dire non, de ne pas l’attendre encore une fois. Fino!
L’empêche, il était remonté dans mon estime. Je n’aurai pas cru qu’il serait assez homme pour lui dire tout ce qu’il lui avait dit. Chapeau!
- Alors comme ça, le petit passage au bureau, c’était pour aller chez Elodie en fait?
Pascal a baissé la tête. Ça voulait tout dire. Thomas avait deviné juste. Il connaissait Pascal bien mieux que moi!!! Pascal m’a expliqué qu’il avait de la peine à savoir ce qu’il faisait. Il y avait des moments où il pensait pouvoir avoir tout; moi et s’amuser! Combien de fois je lui avais dit qu’il pouvait tout faire. Seulement, apparemment, il ne savait pas comment gérer. Il ne savait pas s’y prendre.
On est resté un long moment silencieux à regarder dans le vague. Grand moment de solitude!
Moi, ma tête était remplie de questions; quoi dire maintenant? le féliciter? Ignorer? Mettre un terme à la discussion? Avait-on fait le tour de la question? Est-ce que les choses avec Elodie étaient réglées? J’ai pensé qu’en fin de compte, Pascal avait fait un gros geste, je devais de mon côté ne pas lui prendre la tête. Question de ne pas devenir lourde!!!
En milieu d’après-midi, Thomas est passé proposé à Pascal de les accompagner, lui et ses potes, pour faire de la grimpette. Pascal m’a jeté un petit coup d’oeil avant de refuser. On aurait dit qu’il me demandait ma permission. Je lui ai dit qu’il pouvait sans autre y aller, moi, j’en profiterais pour passer chez moi. J’avais des trucs à faire. En fait, j’aurai plongé au lit faire un petit somme, pour être en forme ce soir.
Après notre discussion, j’étais persuadée qu’il ne ferait pas la bêtise de faire un crochet chez Elodie. Je crois que je pouvais être tranquille de ce côté. Donc, il pouvait très bien aller faire de la varappe avec ses potes. On se voyait plus tard. C’était l’occasion de voir comment Pascal se comporterait. Et aussi, l’occasion de marquer mon territoire. Pascal était à moi! Je n’étais pas disposée à le laisser à Elodie, ni aucune autre. Il était à moi. C’était mon homme.