201/14 - Aller - Retour

Publié le par JaneDo


Dimanche 20, Juillet 2014 - 201/14 - Aller - Retour

Après une heure, dans le froid, dans le noir, à attendre comme une gourde, je suis rentrée. J’avais le coeur en bouillie, j’aurai tellement aimé qu’il reste. Juste qu’il reste. Pas besoin de parler, ni de quoi que ce soit, juste qu’il soit là. Mon coloc dormait, alors, je ne pouvais même pas me laisser aller à pleurer. Puis, j’ai entendu sa voiture. Pascal est revenu. Intérieurement, j’ai fondu. Il était revenu, rien que ça méritait que je lui pardonne, non? J'aimerai.

Il ne savait pas dans quel appartement, et la porte d’entré de l’immeuble était fermée à clé, alors je suis descendue. Bien sûr si je ne l’avais pas fait, il n’aurait rien pu faire, à part faire demi-tour et rentrer chez lui. Mais, je pense que j’avais envie d’être près de lui.

Pascal m’a reproché de n’avoir même pas tenté de le retenir. Ce qui m’a rappelé pourquoi je ne l’avais pas fait. Son visage était si triste, et il était tellement attendrissant. Je me suis retenue une fois de plus, pour ne pas me jeter dans ses bras. S’il savait comme j’en mourrais d’envie. Mais, il avait l’art de me donner un gros bol d’espoir, me tendre son coeur, pour le reprendre aussitôt.

De le voir me faisait mal, ne pas le voir aussi… Mais, je n’avais pas envie de continuer à jouer au chat et à la souris. Moi étant la souris. Pour arrêter de laisser ma tête “romantiser” ce moment, je lui ai demandé comment a été son voyage en Irlande. C’était juste question de changer de sujet. Hum, mais je n’imaginais pas que ça me pèterais à la gueule.

Pascal a dû penser que je savais quelque chose, que je ne savais pas. C’est comme ça que j’ai appris que sa femme, Jess, avait été le rejoindre en Irlande, et qu’ils avaient passé la semaine ensemble. Coup de chaud. Ma tête a surchauffé. Pourtant, j’ai réussi à garder un certain calme apparent. Je ne voulais pas qu’il devine que je ne savais rien, et pire, que ça me rendait folle de jalousie.

Pascal m’a demandé si je n’avais rien à lui dire, si je ne voulais pas le laisser entrer, ou alors aller chez lui. J’ai demandé pourquoi, on n’avait rien à se dire. Je ne voulais pas aller chez lui, et chez moi, c’était exclus. Il a cherché les mots pour me convaincre, mais c’était peine perdue. La seule chose à laquelle je pensais était qu’il m’avait froidement demandé de rentrer chez moi samedi passé, puis qu’il avait passé la semaine avec sa chère épouse. Je croyais que c’était terminé ça, mais apparemment je me trompais lourdement.

Je l’ai laissé parlé, puis, je lui ai demandé ce qu’il voulait, pourquoi il était encore là. Aoutch, c’était un peu méchant, mais c’était aussi une façon d’évacuer ma colère. Pascal a eu l’impression que je l’envoyais se faire foutre.

Pascal est parti. Je suis rentrée. Il est revenu, et je suis sortie à nouveau. Bref, on a passé des heures à ce petit jeu. Pour finir, j’ai accepté de monter discuter dans sa voiture. Il a voulu m’emmener chez lui, et j’ai menacé de sauter en marche. Alors, il est revenu se parquer devant chez moi. J’espère que les voisins dormaient à poings fermés, sinon, ce petit va-et-vient risquait de finir par les agacer.

Au première lueur du jour, Pascal m’a suppliée d’accepter d’aller chez lui, là-bas on pourrait au moins discuter. On serait plus à l’aise que dans sa voiture. Je savais que si j’allais chez lui, j’étais foutue, alors j’ai refusé.

L’empêche, j’avais mal de le voir triste. Mal de ne pas lui pardonner. Il avait l’air si malheureux. Dans d’autres circonstances, cela fait longtemps que je me serais lovée dans ses bras. Et je l’aimais toujours comme une folle.

Mais heureusement, ma résolution était soutenue par la douleur que j’avais ressentie l’autre soir, plantée comme une pauvre idiote dans un couloir d’immeuble, alors qu’il avait été rejoindre des pouffiasses, après tout ce qu’on avait vécu ensemble. Rien que d’y penser, je ressentais encore la souffrance, l’impression d’être une merde. Et qu’il n’avait rien à foutre de ma tête, ni du mal qu’il pouvait me faire.

Pour ne pas flancher, je lui ai dit que j’étais crevée, alors s’il tenait à discuter, on s’appelle et on se voit demain. Demain étant en fait aujourd’hui samedi. Je ne savais pas que Pascal n’avait pas fermé l’oeil de la nuit. Le samedi, j’avais des tonnes de choses à faire, notamment avec mes neveux et nièces, donc, je n’étais pas disponible. De plus, il y avait eu l’horreur du drame de la petite Chloée.

Pascal avait passé sa journée à tenter de me joindre. Il m’avait laissé une trentaine de messages, auxquels je n’ai pas répondu. Le soir, j’avais rendez-vous avec Caroline, qui n’était pas très en forme. Elle déprimait. Elle avait laissé des tas de messages à Pascal qui n’avait pas pris la peine de répondre. Hum, comme moi.

J'ai raconté à Caroline que j’avais vu Pascal, expliqué ce qui s’était passé. Expliqué aussi pourquoi je tenais à ne pas craquer une fois de plus. Ce serait une fois de trop cette fois. Il m’avait traitée comme une moins que rien samedi passé, elle le savait bien, elle était là et avait tout vu. Elle savait bien qu’il m’avait fait souffrir. Caroline a compris mon poing de vue.

Je pense bien qu’elle allait bien essayé d’en profiter… mais c’était de bonne guerre. Elle l’aimait, elle aussi. J’ai dormi chez elle, persuadée que Pascal ne me trouverait pas ici. Au cas où il faisait le pied de grue chez moi, aucune chance de craquer, puisque je n’y étais pas. J’ai eu de la peine à trouver le sommeil.

Ce n’est qu’après plusieurs verres de vodka que j’ai réussi à sombrer dans une sorte de coma rempli de rêve de lui… Des rêves où il me dorlotait, me couvrait de bisous, me disant qu’il n’aimait que moi… Carrément le fantasme!

On a pris le petit déjeuner ensemble vers midi. C’était affreux, Caroline me parlait sans cesse de Pascal, difficile donc de ne pas penser à lui. Je me battais contre mon envie de rentrer, au cas où Pascal y était encore. Mais je savais que je devais tenir bon.

Je me battais aussi pour ne pas m’effondrer en larmes; il me manquait tellement… J’étais à deux doigts de… lui laisser encore une chance.

Je suis rentrée en début de soirée après avoir dîner avec Caro. Sur la porte de l’immeuble, j’ai trouvé un mot de Pascal me demandant de l’appeler, que si je ne le faisais pas, alors il comprendrait que je ne l’aimais plus.

Aïe… même si je lui en voulais… et ça me brûlait encore le coeur qu’il ait pu me traiter comme il l’avait fait… je l’aimais encore tellement… mais je ne pouvais pas l’appeler… Je ne le pouvais pas.


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