Mercredi, 13 Janvier 2016 - Faudra un treuil

Publié le par JaneDo


Mercredi, 13 Janvier 2016 - Faudra un treuil

Après le rush habituel du début de semaine, aujourd’hui, je pouvais enfin penser à moi et faire ce que je voulais. Si on veut me faire sortir, ce sera avec un treuil. Il faisait super froid et neigeait encore par moment. Programme de ma super journée; bain, lecture, peindre un peu, sieste et télé.

Bon, j’ai fais un petit effort... qui d’autre à part Pascal pouvait réussir le tour de force exceptionnel de me faire bouger mon cul et sortir par ce temps pourri!!! Personne!

Vers 10h, Pascal a commencé à me harceler au téléphone. Je n’ai pas entendu les 1ers appels, mais à force, même si mon natel sonnait en sourdine, j’ai fini par être réveillée. Arghhh, je n’étais pas d’humeur, mais en même temps, entendre sa voix était une drogue douce que j’avais de la peine à résister.

Arhhh, mon coeur a oublié un ou deux battements. Cette voix que j’aime, j’image je vois son visage à l’autre bout. Comme j’aurai envie de le couvrir de bisous. Partout. Quelques claques mentales et je me reprenais.


Pascal avait réservé à côté, l’hôtel où on avait l’habitude de se retrouver. Malheur, ce n’était pas mon jour, impossible d’accepter. Pour finir, j’ai accepté de le rencontrer à midi. Evidemment, on devait faire attention. On ne pouvait être vu ensemble.

Pascal m’attendait déjà au bar du Royal. Dieu qu’il est beau. Trop canon. J’avais un peu honte pour lui d’avoir rendez-vous avec une fille comme moi; pas terrible, pas bon chic bon genre, qui n’avait même pas pris la peine de mettre des talons, mais un simple jean et un pull. Même pas maquillée.

Pourtant, il a eu l’air heureux de me voir. Quant il a pris ma main pour m’attirer à lui, je me suis sentie comme une déesse. Si fière, si honorée qu’il daigne poser ses belles mains sur moi. Après son petit baiser doux et rapide, je ne touchais plus terre. Encore un petit effort pour me ressaisir et faire celle qui trouvait tout normal et qui avait tellement l’habitude de lui que j’en étais blasé. Hum, tout faux, mais qu’importe.

Une chanson de David Bowie passait dans les hauts-parleurs; Angel. Nostalgie. Sa disparition est d’une tristesse. Un si grand personnage.

Ça m’a rappelé l’avoir croisé devant le Palace à Lausanne. j’étais avec mon mari à l’époque, et je pense que la similitude de notre couple l’a interpelé. Il était avec sa splendide femme Iman. Moi, je ne l’avais pas vu, ni reconnu d’ailleurs, mon mari, étant musicien, l’a aussitôt reconnu.

Sa mort nous ramène à notre petite existence éphémère. Pascal a aussi remarqué la musique. On a pourtant évité d’en parlé. Apparemment, il était heureux de me voir. Bien sûr, Pascal savait que je faisais la gueule vu que je ne répondais presque pas à ces messages, et encore moins à ses appels.

Il a voulu savoir pourquoi. Il n’aurait pas dû me poser la question, parce que le film de ses ébats matrimoniaux est repassé dans ma tête aussi sec. Bien entendu, je ne pouvais pas en parler. Comment l’aurais-je su, hein? Par Jess? Ou devrais-je lui dire que je le surveille par caméra!!! Sans doute pas.

On s’est déplacé du bar pour aller s’asseoir dans un coin éloigné des rares autres clients, pour pouvoir s’embrasser en paix.

J’ai fini par lui avouer que je commençais à en avoir marre de ne jamais pouvoir le voir. Que c’était affreux. Le temps me semblait long, je ne supportais plus cette situation. Je lui ai dis que je savais bien qu’il n’y était pour rien et qu’il n’avait pas le choix, mais; c’était dur.

Pascal a promis d’essayer de trouver une solution en attendant que sa femme retourne aux Etats-Unis. Il se relayait avec Thomas, Barbie et ses parents, mais, il marchait sur des oeufs. Que dire, à part que je comprenais!

Je suis rentrée me larver sur mon canapé. J’avais emmagasiné ses baisers, ses sourires, sa chaleur et ce petit moment de bonheur. Mon cœur s’est serré en le regardant partir pour retourner au boulot.

Il allait être en retard et il avait une réunion de travail. Je suis heureuse parce qu’il n’avait pas envi de partir. Il aurait aimé qu’on reste encore un peu ensemble. Je lui manquais. Huh... Mon sourire s’est effacé d’un coup... oui bien sûr... foutaises...

C’est ce que j’avais aussi pensé à Nouvel An, mais, ça ne l’a pas empêché de s’occuper de sa femme après m’avoir quitté! Je ne lui manque pas.


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